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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

et un toit bizarrement découpé, qui forme unesaillie extérieure. Toute la façade est badigeonnéede peintures brillantes, surtout dans les logemensqui ont des boutiques au rez-de-chaussée. Aulieu du pêle-mêle confus qui règne dans la dis-tribution de nos magasins d’Europe , Cantonclasse ses détaillans par corps de métier : ici, segroupent les marchands de porcelaine, là, lesmarchands de thé ; dans ce quartier, on vend lesétoffes de soie ; dans un autre, les étoffes de co-ton. Toutefois, au milieu de celte diversité d’in-dustries, domine un fait commun à toutes, celuid’un art prodigieux dans l’étalage, d’une grâce,d’un ordre, d’une propreté admirables. Riende plus tentant pour le regard que cette dispo-sition des produits manufacturés. Que cesmeubles de laque sont beaux avec leurs dessinsd’or mat, qui se détachent sur un vernis lui-sant ! Que de patiente finesse dans ces éventailsdlivoire, dans ces parasols ornés! Que de luxedans cette porcelaine ! Et ces nankins qu’onimite encore si mal dans nos contrées ! et cescrêpes de mille couleurs qui drapent si bien lesformes , tissus résistans à la fois et moelleux ! etces belles écharpes 1 ces salins lustrés et forts ! cesétoffes de soie brochées! ces tapisseries! cesécrans ! ces stores ! Quede merveilleuses choses !

Dans le centre des rues que bordaient cesmagasins, circulait une foule épaisse et affairée.On se coudoyait, on se heurtait. Des hanistesen palanquins, des marchands ambulans quiportaient leurs denrées sur une espèce de ba-lance à deux plateaux, dont le fléau pesait surleur épaule, des Chinois de tous les rangs et detous les métiers remplissaient l’étroit passage quirestait libre entre les maisons (Pl. XXXVI—3).Dans les lieux où la rue agrandie formait uneespèce de carrefour, s’installait d’ordinaire, avecsa boutique portative, avec sa clochette mono-tone, un barbier en plein vent qui, malgré lebruit et la cohue, passait son rasoir trian-gulaire sur la tête tondue d’une pratique , luipeignait les sourcils et lui brossait les épaules(Pc. XXXVI •— 4). Près de lui se tenaient par-fois le marchand de comestibles, avec sa cuisinenomade, la revendeuse avec sa manne pendueau cou et chargée de denrées, industriels am-bulans dont chacun se révélait au public par uncri étrange et distinct. Puis venait le bourgeoisde Canton, d’autant plus digne et d’autantplus grave qu’il était d’un rang plus élevé ; re-connaissable à sa veste aux boutons de métal,à sa tunique longue et flottante, à sa tête rase et àsa queue prodigieuse, à ses souliers en étoffe et àson parasol à tige de bambou (Pl. XXXVI—4).

Dans d’autres conditions, la tunique ne de scCqu’à mi-cuisse, et le pantalon, large d’en 1 ^vient se serrer au-dessus de la cheville. P a ’ e5aussi, au lieu d’une ombrelle, les ind J f> ^portent simplement un éventail. Les jn aI) -jsrins et les personnes riches ne marchent j®sans un domestique, qui les escorte et lesabrités sous le parasol. pi'

Le costume du peuple nous parut assel t ü nforme : un calecon . une chemise bleue .grandchapeau de paille terminé en forme a BLes hommes de peine avaient un air de for ce a jssauté qui faisait plaisir à voir. Pauvres» ^proprement vêtus, ils ne portaient, su l ^ £ tvisage bruni, aucune expression de br uta u» ede grossièreté : c’était du sérieux jointcomplète résignation. Moins bruyans» .jjquerelleurs que ne le sont, même danscivilisés, les individus voués à de* trava ^nibles, ils avaient l’air de vivre ensemb^la bonne harmonie et l’échange d’hounè’ 1 ® 5

cédés.

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Au milieu de ce tourbillon d’individus >n’avions encore vu dans Canton nini chevaux de trait ; les chiens même éta( eJ -,jCirares. Quant aux femmes, quelques-unesde la dernière classe, osaient se mêle r amultitude d’hommes. Nous étions enco'f ^ Jedans la rue New-China-Street, au U 11 u |e*logemens aux toits aplatis, garnis de ^bariolées ; entre deux haies d’enseig^* J’0 lfinîtes et perpendiculaires, où des l ett ppfsur un fond rouge disent le nom “chand et la nature de son commère* 5,

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Morton nous fit entrer dans quelques

dont il connaissait les maîtres; on y

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toutes nos questions ; on nous étala ^ y ji/

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chandises de toutes les sortes, et nous n® ol jvraiment qu’admirer le plus de la inat . ieI tft jJ jal j[travail. Les marchands parlaient unglais auquel leur accentuation nasale ^un caractère singulier. L’un d’eux n ° u * s $f a

dans ce bazar, des objets de luxe c0 V ieS el a 5 *'

modèles venus de Paris et de Londres ^bien imités pour tromper un coup

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chinois sont parvenus ainsi à c0lltre : 6 e* ue _ 1 _|..„ __ j’oT-o-ente* .cl a

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formes les plus courantes d’argen lc *' fS tplaqué, et comme leur main- d’oeuvr e j e

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beaucoup moins chère à la nôtre, au ''jjjets» ^mander à l’Europe de semblablesChine en exporte aujourd’hui poufet pour l’Angleterre. u j a 1 ^

Au-delà de ces-rues marchandesnent les factoreries, commencent une

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