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VOYAGE PITTORESQUE
ses femmes et ses concubines. Celles qui ne sontpas désignées à la troisième revue sont exemptesdès-lors de cette humiliante corvée. Les fem-mes de service du palais, qui sont au nombre de5,000 environ, sont prises parmi les troisièmestribus. Quand elles donnent naissance à un fils,elles ont le droit d’entrer au palais et prennentrang parmi les épouses.
Les Chinois n’ont qu’un goût bien vif, celuidu jeu. Il est rare qu’un naturel sorte de chezlui sans avoir dans sa poche un jeu de dés ou decartes; à défaut, ils se servent de leurs doigtsseuls et jouent au tsoï moi , espèce de mourreconnue en France et pour laquelle les Napoli-tains sont passionnés. Ils connaissent aussi leséchecs, les combats de coqs, de cailles, de sau-terelles et de grillons.
La législation despotique qui régit la Chine n’eût pas sans doute survécu à une civilisationmatérielle assez avancée, si le caractère indigènene se fût pas prêté à tous les abus de pouvoir.C’est à cette tendance qu’il faut attribuer le fré-quent usage du bambou qui sert à la police detout le royaume. La moindre faute, le moindredélit encourent une dose plus ou moins forte decette peine, laissée presque toujours à la discré-tion du mandarin.
Le bambou et la misère, tels sont les deux élé-mensde dégradation du caractère chinois. L’hu-manité, l’amour paternel, la charité sont desvertus ignorées chez eux. Ou’un homme tombedans la rue subitement frappé, on le laissemourir sans secours. Un ouvrier verrait expirerà ses côtés un camarade par maladie ou par ac-cident , qu’il ne songerait pas même à lui de-mander ce qu’il a. Qu’une jonque sombre dansla rivière, et les habitans accourus songerontplutôt au sauvetage de la barque, qu’au salut del’équipage. Il en est de même dans un incendieoù chacun cherche bien à sauver son toit, maiss’inquiète peu de celui du voisin.
C’est sans doute à cet égoïsme abrutissantqu’il faut attribuer l’énorme quantité d’infanti-cides dont ce pays est témoin chaque année.Loin de sévir contre ce crime atroce, le gouver-nement le tolère et l’autorise presque. L’unedes occupations de la police de Péking , est deramasser chaque malin les enfans que l’on ajetés pendant la nuit. On entasse les victimesdans des charrettes, et on les porte pêle-mêle,vivans ou morts, dans une voirie située horsde la ville. Quelques auteurs ont porté à 30,000le nombre des infanticides commis dans uneannée; d’autres l’ont réduit à 10,000. Ceux desnatifs qui logent sur les fleuves les abandonnent
au courant, après leur avoir attaché au cou ul j|calebasse qui leur tient la tête hors de l ,eaU ‘ sn’est pas rare de voir flotter ainsi des cada vl ^d’enfaiis, et les bateaux qui passent n’y acC ° fdent pas plus d’attention qu’ils ne feraient p°un chien mort. ^
A côté de cette cruauté calculée, que ne Pvent excuser ni la misère, ni une popul® 1 'exubérante , le Chinois a des qualités qui I e 1 ^dent propre à la vie sociale, la politesse.mœurs tranquilles, l’amour du travail, ba c ,
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lité, soit entre égaux, soit d’inférieurrieur, est non-seulement une habitude)encore une loi politique. Les rixes sont *
rares , même parmi les hommes de classe 1 ^rieure. Fiers et bas, vains, mais lâche*’Chinois ont cette audace qui grandit toUjdevant les concessions et qui s’arrête et ^milie devant la résistance et la menace, k , t |on les traite avec douceur , ils insultent; fl ^on se redresse, ils ploient. Une épée, unun pistolet les font tomber en syncope.
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CHAPITRE XXXIX.
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Rien ne me retenait plus en Chine . ■> y0 if ’de Canton tout ce qu’il était possib e à etl eS h’ sj’avais recueilli sur les provinces intérie^^teS-
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notions les plus récentes et les ph lS
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Quelque désir que j’eusse d’y proloiipséjour entre Norberg et Morton, il falluiG^jefl 1 *car d’autres terres m’appelaient ; LtoU^ ; ,flet le Japon , complément de mon iliuc ,a itique; puis l’Océanie, cet immense arC ;.,;i
tique; puis l’Océanie, cet immenserêvait depuis si long-temps mon h 11 ® 5 taventureuse, ce pays de races , i euVeS ^ t ,. l u
vages, ce théâtre de découvertes, ce to lW , ço°
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deux grands navigateurs du siècle p 1et La Pérouse. . e r à 5 ^
Les jours s’écoulaient, et tout el1 .amitié nouvelle, Norberg ne disait 1 | t iiP‘
de notre départ. La Chine , d’ailleu 1 *’sait : cet engouement, dont j’avais esSl Ae' ,e \
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mier feu sur la plage de Macao ,plus intense à Canton ; s’il n’aduih' a ^ r c ji 0 ^ jtau moins s’amusait-il de beaucoup el i» 1 ;
les plus petits détails l’intéressaien 1 ; e \\captivé. Lui, si pessimiste jusqu lCl ^ c ici>*
de son rôle de voyageur , si i nS °j^ seté 1 ^choses extérieures , lui, Norberg> j£ ia if ct j V fsuédois, avait pris goût à la Chine- ^j^it )( ,jtréaction physique ou un simple
ganisation , une guérison ou une
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