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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

massifs d’arbres, il était facile de deviner qu’elless’y groupaient en grand nombre. La plus élevéed’entre elles, la plus vaste, la plus majestueuse,servait sans doute de résidence au roi de Liou-Teheou. Un magnifique tapis de verdure sépa-rait la silencieuse Sclioui qui semblait dormirà l’ombre de sa haute colline, de la bruyanteNapa-Kiang que nous avions alors sous les yeux.CeLte dernière plus près de moi était aussi plusdistincte. Je pouvais relever ses toits aux bordsrecourbés comme ceux des logemens chinois,sa vaste enceinte de hautes fortifications ; sachaussée avancée à l’abri de laquelle station-naient six jonques de guerre. Attroupés sur leparapet du rempart, se montraient des natu-rels, hommes et femmes, et quand le bruit denotre arrivée se fut répandu dans la ville, leurnombre se grossit au point que toute l’enceinteavait une bordure de têtes humaines. Celte af-fluence de monde sur le rivage , le mouvementdes bateaux qui se croisaient dans le port, leschants doux et lents des marins, le jeu de toutesles banderoles qui flottaient sur les jonques oudans la ville, tout récréait l’œil et occupaitl’imagination.

J’étais accoudé sur l’arrière du bâtiment, dansune pose méditative, quand Tehaou-Tsing mefrappa sur l’épaule pour me proposer d’aller àterre. Onjugeavec quelempressementj’acceptai.Visiter ces bonshabitans de Liou-Toheou, ce peu-ple hospitalier que je connaissais par le joli ro-man du capitaine Bazil Hall, et le récit authen-tique du capitaine Beechey ; retrouver sur cellerive des personnages avec lesquels tout Euro-péen peut être familiarisé déjà ; vivre fêté, dé-frayé, sur ce dernier refuge de la vie patriarcale:c’était trop de plaisir pour que je 11 e prisse pasmon élan vers la barque qui devait nous con-duire.

Emportés par nos rameurs, nous eûmes bien-tôt atteint l’embouchure de la rivière qui tra-verse la ville, rivière large et profonde où lesplus gros vaisseaux pourraient entrer. Sur lemôle étaient une foule immense et quelqueschefs accourus pour me recevoir; car déjà lespêcheurs avaient appris à Napa-Kiang qu’unblanc d’Occident , qu’un Européen était à bordde la jonque. Quand je mis pied à terre , ce futà qui me toucherait la main, à qui m’emmèneraitdans sa maison et deviendrait mon hôte. Enfinl’un d’eux, plus pressant encore que les autres,parut leur en imposer avec quelques parolesprononcées d’autorité, et se tournant ensuitevers moi: « Venez, me dit-il, en écorchantl’anglais de telle façon que j’eus toutes les pei-

nes du monde à le comprendre, V'erte2

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sieur l’Enguelès : Komi sait Cenguelès , >1 P t

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l'evgnelès ; ceux-làL’excellent homme

savoirn’en savait

guère

qu’eux; mais il me suppliait de si bonne ê.^e

il m’entraînait vers son logis avec une si v e

anxiété causée par la crainte de me perdi’®’

j’étais touché jusqu’aux larmes. Nous an’ 1 ' ^

ainsi jusqu’à son logement, où sa feffl 111 ® je

tendait sur la porte, heureuse, comme l u> ’

me voir et de m’accueillir. pit

Komi, un des chefs de Napa-Kiang, P 0 ^'

avoir quarante ans, et sa femme vingt. b<-‘ s ^

veux du mari, lisses et frottés d’une sun s ‘'

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noire et onctueuse, se relevaient, suivant* ^

des insulaires, des deux côtés de la têt e » je?

naienl se rouler en chignon au sommet. ^

sus des cordons qui les tenaient liés ,

deux anneaux, nommés camcsachi et ttS ‘.

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Komi les portait d’or , avec le cainesa 1

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monté d’unepelite étoile et dedeuxbroch' s •. \eversales, aussi en or (Pl. XL11I — 1)- j/'

cuivre et l’argent sont d’un emploi foi"mun et servent à caractériser le rang et ^tune. La moustache' et la barbe du cb cl ,it e 'aussi frottées d’une substance noire etQuant à son vêtement, il consistait en j’i)' 1de soie à dessins marquetés comme la P e (.g t’| lserpent. La femme de mon hôte avait ell ^„js5 l fvêtement plus simple. Ses cheveux, %sur une forte aiguille, retombaient en 5gligennnent sur les joues ; une chenil * .\o?manches, retenue par une ceinture, *

pait tout entière de la tête aux pieds.

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de Komi avait une expression deveillante. Ses yeux, moins bridés q ueChinois, étaient spirituels et doux; s ‘ cl)S e5' ^sonnez avaient des proportions heu> ,, t’

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femme était jolie; elle l’eût été mè^ e ü5 P 1 !pays; des yeux charmans ressortaient 6 j^r 'des cils, et son teint brun avait la c 'g' eS nt JI V,goureuse de nos beautés méridionales- 1étaient légèrement tatouées , et ce

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parut plutôt une distinction nobih aJlornement. ^ 0)1 H ^

Quoique jaloux de me posséder, g vi 5 ' S \j,r-le-champ se montrer bon p 1 ’ 11 pci’ 1 gcamarades les autrcschefs de L‘ ulJ I e tA peine avais-je eu le temps d’ava ^ a’, j tde c/tazii, espèce de liqueur I er11 ,j) a 1 ^.(iSsemblable au camchou des Chinois, ^ yi- ^d’aller rendre visite aux autorités dn Ppartîmes. _ vO&Lt?

Entourés d’une foule de curieu ’ )l5 a,devant le jardin du chef 0 Ll

lut sude ses

vaines