Band 
Tome premier.
Seite
353
JPEG-Download
 

AUTOUR DU MONDE.

353

tou

Par

^prèsBeniowski, le capitaine anglais Brough-

e n 1796 , et le navire de Calcutta le Frédéric

y Ul ’ent tour à-tour à Napa-Kiang avec l’inten-|,_ 11 de nouer des relations commerciales entre^ ùe et Liou-Tcheou. Tous les deux échouèrent;^ <0s pitalité la plus franche fut accordée auxRipages ; mais on s’opposa à l’entrée des mar-j^^diseg. Conduits par une pensée tout autre ,taj Ca Bdaines Maxwell et Hall en 1817 , le capi-( j ^eechey en 1827 , n’eurent qu’à se louerCs indigènes. Le capitaine Maxwell obtint d’euxP ei 'nùssion de débarquer une portion de son

>ip;

Jour

1 «a,

âge que rongeait la maladie ; il reçut chaquegratuitement les vivres frais nécessaires|. ' consommation. Des fêtes cordiales et bril-(j ^ 8 marquèrent le temps de sa relâche; et,ttp ^ d s’éloigna, toute la population, agglomè-re môle, suivit de l’œil les canots qui em-d e ta ient ses nouveaux amis ; elle salua le navirea v ’°ix et du geste , avec des éventails et des(l e ^ So ^ s ouverts, au bfuit des gongs, au milieuPI 4 a,l deroles agitées ; elle resta là clouée à celteta nt qu’elle put distinguer le groupe d’of-S 1 u t répondait du tillac de VAlceste à ces

cl, s touclians et affectueux. Le capitaine Bee-

>s’il

ne rencontra pas un accueil aussi ro-

s^que, put confirmer, du moins, sous plu-'apports, tous les récits antérieurs. Laliè r e haïve des habitans, leurs façons hospita-

l es

>U

leur obligeance empressée avec réserve,attentive et respectueuse, jamais fati-f atiç e ’ leur générosité désintéressée, leur tolé-Sai ’ ^ eur confiance dans les étrangers, leurPtl oh,

r Qll parfaite, tout cela reste aujourd’huie Par une série d’observations contradic-V* s u ccess ives. Plusieurs baleiniers en dé-

1 y ont relâché depuis, 11 ’ont eu égale-à se louer des procédés généreux desA. lre f de Liou-Tcheou.

°' Ce t archipel fortuné doit-il celte can-pureté primitive? Lorsque les îles et'P ( ' ll ièr lrie ns voisins ne reproduisent en aucuneui ce type, ni ces mœurs; quand la> 0î , est ""pays de vol organisé, quand lep* Une terre de civilisation orgueilleuse;s ° rm ° se et les Philippines ont des peu-jJ'iS; çj, Vl ^ Va gre s à côté de leurs maîtres conque-v ' ent q ue > perdues dans la hauteSi 1 > *^ S cont iennent un peuple naïf, ori-

(l^arie SSl ®l°*gné de la civilisation que de laN: es accessible seulement aux impressionsfPfc^paUe de haïr, toujours prêt à obli-

Stla* ^lÏ

«-> oïi v - ' -—‘ > “ r-y " 11

«üj, , nl) leunent ces hommes? Qui les a jetés

ei nent distincts de ce qui les cn-

T. I,

En réponse à ces questions, on peut dire queLiou-Tcheou a été dans l’origine peuplé de Japo-nais, dont les Liou-Tcheouans se rapprochent parles traits physiques ; et qu’isolés de toute terre,ces émigrés y ont gardé les mœurs anciennes duJapon , aujourd’hui modifiées dans cet empire.Cette donnée expliquerait à la fois et les analogieset les dissemblances. Il est à supposer aussi quedepuis le jour où les empereurs chinois ontamenecet archipel à reconnaître leur patronage,l’influence de la métropole, les rapports avec laterre-ferme, la double fusion qui résultait del’envoi de jeunes Liou-Tcheouans à Nanking , etde Chinois à Liou-Tcheou , ont fait prévaloirquelques coutumes civiles et religieuses, quel-ques mœurs des Chinois, parmi les mœurs et lescoutumes traditionnelles des insulaires. Ce quien résulte, c’est que ces indigènes forment unerace de beaucoup préférable à celles dont on peutsupposer qu’ils dérivent. Ils ont la politesse,l’affabilité, le cérémonial des Chinois, avec plusd’honnêteté et de franchise; ils ont la dignité,la gravité japonaise, avec moins de cruauté etde défiance. Leur caractère en général est doux,mais efféminé ; sociable, mais craintif. Un vais-seau de guerre européen soumettrait l’île avecson équipage : peut-être même qu’au lieu de sa-luer les conqucrans avec des boulets et des bal-les , les naturels iraient au devant d’eux lesmains désarmées pour conjurer la guerre par despolitesses et des présens.

On ne saurait trop louer le caractère hospita-lier des naturels, trop s’étendre sur les détails quile prouvent. Les enfans, les hommes de la der-nière classe, respectent l’étranger débarqué surce rivage; ils font assaut d’égards avec les chefset les mandarins. Quand leur consigne leur or-donne la résistance à une volonté, à un désircurieux de la part du nouveau venu, ils y pro-cèdent avec tantdeménagemens, avec une dou-ceur si ingénieuse, avec une persistance siadroite, qu’on leur cède sans qu’ils soient obli-gés de recourir à des formes plus impératives.Leur répugnance pour recevoir un salaire, enretour d’un service et même de fournituresfaites, est poussée jusqu’à une susceptibilité in-croyable. Les capitaines Brougliton etHall n’ontdit là dessus que la vérité. Un baleinier, ayantrelâché en 1826 à Napa-Kiang, s’y ravitailla, eten échange de deux douzaines de bœufs et d’au-tres provisions, il put àpeine faire accepter auxinsulaires une grande mappemonde.

Le dialecte des naturels, autrefois japonais,s’est mélangé peu à peu de termes chinois.Même parmi le bas peuple, il est doux, sonore

45