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VOYAGE PITTORESQUE
et riche; il n’offre pas de difficultés à la pronon-ciation. Les mandarins se servent entre eux dela langue chinoise . Quant aux caractères écrits,1rs Liou-Tcheouans n’en ont point qui leur ap-partiennent en propre. Ceux dont ils se serventsont chinois, et plusieurs livres écrits dans cettelangue paraissent destinés à l’instruction élé-mentaire des natifs. Cependant les ordres etles statuts du gouvernement sont tantôt dansla langue du pays, 'tantôt dans celle du Japon .
La loi, du reste, semble avoir peu à sévirdans ces îles favorisées. Le Code pénal y est sansdoute à peu près le même qu’en Chine , mais lebon naturel de ces peuples en rend l’applicationfort limitée et fort rare. Beechcy les interrogeaavec détail sur ce point, et voici mot à mot soncurieux interrogatoire. « La torture et le fouetsont-ils en usage à Liou-Tcheou? —Oui. —Fait-on intervenir la torture dans les interrogatoires ?—-Oui. ■—■ Applique-t-on ce moyen violent auxmandarins? —Non. —La torture va-t-elle quel-quefois jusqu’à la mort?—Oui,vis-à-vis de grandscoupables. ■— Quelle est la peine qu’encourt lemeurtre? —■ La mort. ■— Quelle mort P — Lasuspension ou la strangulation. —• Commentpunit-on le vol ? — Par la même peine. — L’a-dultère? —■ Par l’exil. » Les délits moindresétaient expiés par le bambou ou par la flagella-tion avec une corde. On le voit, la sévérité nemanquait pas à ce code; mais grâce à la bonnenature de ce peuple, l’arme légale restait pres-que toujours dans le fourreau.
Le gouvernement de Liou-Tcheou est une mo-narchie héréditaire dont les pouvoirs ne sontguère limités que par la suprématie lointaine del’empereur de la Chine . Au-dessous du roi sontles grands officiers ou mandarins dont on compteneuf classes caractérisées par leurs bonnets. Ce-lui que portent les membres de la famille royaleest de couleur violette , orné de fleurs jaunes ;puis vient la couleur pourpre , eL après elle , lacouleur rouge.
Le philosophe chinois Supoa-Koang nous alaissé le détail de l’installation d’un roi de Liou-Tcheou , cérémonie d’un caractère naïf et naïve-ment racontée.
a Quand un roi meurt, dit-il, son héritierenvoie une ambassade à l’empereur de la Chine ,pour lui demander l’investiture , et dans l’i.i-terrègne la régence appartient de droit au titu-laire putatif. L’empereur prévenu choisit alorsdans le tribunal des cérémonies une personnecapable de le représenter dignement à Liou-Tcheou. On arme un navire dans le Fo-Kien ,on choisit un capitaine, des officiers , des mate-
lots , des soldats , des pilotes, au nombre <■ etrois cents environ ; puis l’ambassadeur s’efl 1barque en grande pompe pour Napa-Kiang-» Arrivé là, des honneurs sans fin attend 6 ®*l’envoyé du Fils du Ciel. Le prince et les grae £viennent le prendre à bord dans une bara 0 ®
magnifiquement décorée , et l’escortent j
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dans son palais. Le cortège de l’ambassad 6 ^débarque à son tour avec une foule de p etl jpacotilles dont chaque détenteur lire un g raI)
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» A peine remis de ses fatigues, l’eir v J
monte sur une estrade magnifique dréssécla grande salle du palais. Les diverses cla sSd’indigènes viennent tour à tour exécute 1-vaut lui les neuf proslernemens en l’hon®de l’empereur, après quoi commencent lesgénérales dans la ville, dans les villages et®la rade à bord de chaque vaisseau. ^j,
» D’autres formalités ont lieu les jours 5 ^vans; mais elles ne sont que le prélude ® tgrande cérémonie d’installation. Quand to ® 1 j,réglé, l’ambassadeur se rend au palais a 11lieu de deux haies de seigneurs et de ,liaI *:[lerins. Il y est reçu par les princes de la > a jeroyale dans la salle du troue. L’orches 11 -,plus harmonieux de toute l’ile est mis en 1 ’jj.silion, et ses accords servent à graduer I e ® ^,0vers actes de l’investiture. Le roi et 1*s’asseyent sur une banquette; l’amba s ? a ^,-eoccupe une estrade plus élevée. Quand il 0 ^e-le dijdôme impérial, tout le monde se j s 0 i>11 le lit alors : il dit quelques mots d u jjfunèbre à la mémoire du souverain défu® 1 ’il annonce que S. M. l’empereur de la Cm 1auguste maître reconnaît pour souvcrai ,,s t j ;lîles de Liou-Tcheou le prince héréditan^ ^j.princesse son épouse. Cette déclaration ■tat>°!!!vie de conseils au nouveau roi, et d’exh® .aux habitans des trente-six îles à cette
lui restent fidèles comme à son predéce-’*' gj tAprès cette lecture, la patente i mpérù e (présentée au roi qui la remet au minist* - ® jj 0 ,être conservée dans les archives de la co® r ° e fiAlors recommencent les prosternei» 6 l! ^, 0 yi;l’honneur de l’empereur de la Chine ; pn 1 *y répond par quelques complimen®l’offre des cadeaux destinés au roi et à l a» La visite des nouveaux souverainsbassadeur donne lieu à un déploiement ..Je
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plus extraordinaire encore. La routed’arcs de triomphe , et à certaines p-iii 15 ’sont placées des tentes contenantdes fleurs et des parfums. Autour du 1 d ,aroi, sept jeunes filles à pied portent
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