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VOYAGE P1TTORKSQUE
au travestissement de nosGillcs (Pl. XLIV-—d).
Je regrettai que le temps et l’occasion ne mepermissent pas de faire connaissance avec cepeuple coréen , qui n’est pas le moins curieux,le moins original de ces parages. Arrivé alorsprès de nos chaloupes, la foule me portait pourainsi dire vers la grève ; et les amis qui m’es-cortaient, mes hôtes de Liou-Tcheou, accapa-raient seuls toute mon attention. Plus l’heurede la séparation approchait, plus leurs témoi-gnages d’amitié devenaient actifs. Us crai-gnaient de me laisser partir sans que j’eusseparfaitement compris toute la portée de leursregrets.
Enfin, nous touchâmes à l’embarcadère; et,après les plus tendres effusions, je descendisdans une pirogue pour gagner la jonque déjà àla voile. Quand nous prîmes le large , la foule,massée sur les points d’où l’on pouvait décou-vrir la rade, nous salua de la naain et de l’éven-tail, tandis qu’immobiles au bord du quai, Komi,Madera et les autres chefs, ne détachaient pasl’œil du navire qui nous emportait.
Au-delà des bancs de corail qui entourent lehavre, nous primes la bordée de l’O., et bientôtun cap élevé masqua à nos yeux Napa-Kiang.« Adieu, m’écriai-je, adieu Liou-Tcheou , terrede simplicité primitive; adieu Komi, adieu Ma-dera , adieu tous mes amis de Liou-Tcheou ! »
De nouveau, je me trouvais donc réduit à lacompagnie de mon capitaine Tchaou-Tsing ; etle digne homme, à l’exemple des insulaires, re-doubla pour moi d’égards et d’attentions.
Depuis trois jours , toute côte était loin, et,d’après mon estime, nous pouvions nous trou-ver à peu près à distance égale de Liou-Tcheouet du Japon , c’est-à-dire par le 29° de lati-tude N. C’était, la date est restée bien précisedans ma tête, le 9 octobre LS30. Le matin, lesoleil sembla sortir d’un linceul de pourpre. Labrise était encore au S. O., mais molle , incer-taine, ne souillant que par risées. Le ciel étaitbleu et serein de ce côté. A l’E., au contraire,des masses grises, noires, argentées, perlées, sefestonnaient peu à peu sur l’azur mat du ciel,comme une de ces toiles d’opéra descendues ausifflet du machiniste. Ces paquets de .nuagesopaques arrivaient contre le vent, plus puissansque lui, destinés à le vaincre. Des lueurs bi-zarres et soudaines traversaient ces corps flot-tans; on les voyait presqu’à l’œil nu, combinantleurs élémens divers, agglomérant toute leurforce, allant chercher çà et là dans cette atmo-sphère, tous les atomes sulfureux et électriquesqui devaient éclater en tonnerre, toutes les va.
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peurs qui devaient se condenser en pluie. L ®vre du grand alchimiste, le travail aérien de .lambic céleste ne se dérobait pas tout ent* crl’analyse humaine.
Des pressentirnens. physiques ne manq"pas non plus à la catastrophe imminente. k eS ^loles, pratiques de ces parages, les marins c ^qui l’aspect du ciel et des eaux éveille taI1 q (; srévélations; les passagers eux-mêmes, àimpressions de l’ouragan sont presque
familières, trouvaient sans doute dans leurs
venirs l’analogue de ces symptômes météorifi
Mais à ceux mêmes qui n’auraient point euexpérience acquise, les appels du fluide el c ^que, le frisson de la chair , la vibration jÿrieurc des fibres les plus déliées, auraien 1pour dénoncer un éclatant et périlleux 01 Gi
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Les oiseaux éperdus fuyaient devant luicouraient à sa rencontre comme pour sa'"'n’avait pas apporté une trêve à ses colères- aTchaou-Tsing ne s’y trompa point; ü c ° ^i-qu’il s’agissait de notre vie à tous, le ' vlcU ;e ii elote ! « Taï-foung! » cria-l-il d’une voixlui connaissais pas. Le mot était si
ment accentué, que pas un matelot de la oJj tine s’y trompa. On l’entendit sur tout I e P cl1 i'on l’entendit dans les chambres , dans
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sines; il alla jusqu’au fond de la cale.ne manqua à son appel. Le pont fut c ° u '. (a jiicinq minutes. « Taï-foung ! » répéta le cap ^et toutes ces tètes tournées du côté de 1 ^ d
s’agitèrent par un assentiment macb'’ 1 ^ 0 i)ftoutes ces lèvres pâles d’effroi s’ouvih e, j^ I ,f |1murmurer : Taï-foung! Taï-foung, ou <J’Pterme plus français , c’est-à-dire temp e,fcgan (des deux mois chinois lai grand, e 2venl)
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Le taï-foung accourait sur nous ; A a .
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précédé d’un frémissement vague et ’^iitd’un bruit sourd cpii ne résultait ni c ' L1 ^,j] v °*'|de la houle-, il caressait déjà ces voü eS ^ cill i!lait ensuite dévorer lambeau par l an, ^ )jSsoulevait ces longues nattes de nos le 1 ', (nois, qui tout à l’heure allaient c,t>0 .^ eSvisages ; il arrivait portant dans sessautes un avenir inconnu, la perte en P ele bris sur la côte , ou bien seulemetd^ ^
d’eau et quelques avaries dans la n ,a ^ fll ,eDans de pareils dangers, on voit
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