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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

étranges et odieux; des lettres de Balthazar re-nouvelées à chaque seconde dans la nue; unemort inévitable, écrite dans cet aspect inflexibleet terne du ciel et de l’eau.

Le hasard fit qu’au milieu de ces visions ac-cablantes, je portai mou regard sur l’arrière oùse tenait Tchaou-Tsing. Sa vue me remit, attéréque j’étais. Je trouvai sa figure si calme et sigrave au milieu de ce péril, que je me pris àavoir pitié de mes faiblesses. Sa vie n’était-ellepas de l’enjeu comme la mienne? Cet hommeavait aussi une famille qui l’attendait au port;des parens, des amis qui comptaient les joursde son absence ; une femme et des enfans qu’ilsoutenait! Dès le moment que de pareils rappro-chemens p urent trouver accès dans ma tête, mesterreurs furent vaincues : je n6 fus pas plusrassuré, mais plus résigné. C’était le ciel quime secourait ; car nous n’étions pas au boutde nos douleurs.

Depuis neuf heures l’ouragan durait , tou-jours plus furieux et plus intense. Du S. E.le vent avait passé peu à peu au S., en pous-sant devant lui un Océan éperdu. On eût ditque ses eaux voulaient se promener dans l’air,tant l’équilibre était détruit, tant ce bassin horsde son niveau dressait au ciel d’aspérités écu-meuses. Dans cette perpétuelle succession demontagnes et de vallées, tantôt la jonque sem-blait dormir comme l’alcyon au sommet de lavague; tantôt, précipitée dans l’espace creuséentre deux lames, on eût dit qu’elle allait s’abî-mer et se perdre.

Rien n’empirait, et c’était beaucoup. Sansmâts, partant sans voiles, nous fuyions devantce désordre des élémens , et qui sait, à forcede nous pousser si vite, peut-être allaient-ilsnous mettre hors de leur portée ; peut-êtredans une, deux, trois heures, allions-nous trou-ver des cieux plus sereins et des eaux moinsfurieuses. Mes rêves en étaient là quand uncri de détresse partit du fond du navire : jene compris pas la valeur exacte de l’exclama-tion ; mais j’en devinai le sens ; on ne m’eûtpas abusé : cela voulait dire : « Nous sommesperdus! » Bientôt en effet cinq ou six matelots,se hissant à travers une étroite ouverture,s’élancèrent vers le gaillard d’arrière, et par-lèrent vivement à Tchaou-Tsing. Cette foisune sorte de frayeur traversa son impassiblevisage ; mais ce fut l’affaire d’une seconde.Ensuite il devint plus calme, plus admirableque jamais. Passant à mes côtés : « Monsieur,jne dit-il en assez bon anglais , si vous vouleztravailler maintenant, en voici l’occasion, 11

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n’y a pas de bras inutiles à bord q uan 's’agit de faire jouer les pompes. » f

Ce mot m’éclaira; je compris toute l’ho 1 '"de notre position. Oh ! quelle énergie se dep 1 ^en ce moment parmi ces hommes, mous } üS ^ jp

lors, regardant la mer les bras croisés, et

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dant qu’elle eût pris parti contre eux oU_P (eux! Une longue chaîne de marins s’établi 1 sle pont, et soit à l’aide de mauvaises P 0lll ?j e rsoit avec de larges seaux, on chercha àl’eau qui se précipitait dans la cale par 1® Sdages ouverts. Comme les autres, j’étais a tvrage, faisant une incroyable besogne, chei' 0 *^,.à m’absorber en elle , à fatiguer mon corp s P .arrêter le travail de ma tête. J’avais une ^une vigueur ! On ne sait vraiment ce q uevent les muscles d’un homme dans de p afeloccasions ! a

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Toute la nuit, nous pompâmes ainsi >au jour nos bras faiblireut. Huit heures d *' jj,santé gymnastique, huit heures sans s0lfll e ü lc’était plus qu’il n’en fallait pour notreéquipage. Loin de gagner sur la voie <i' c& V ü tei

chose sans 0 u

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nous .

peu

de

assez pour que nous pussions ^ ^

qu’à une heure donnée, le navire s’abi 111 ,^et nous abîmerait avec lui. Il 11e fallait p aS [C i|ïger à nos canots par un tel vent et par i* 11 ® ^ àmer; la mer et lèvent les auraient subi 116 ’ 0

la première vue.

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Les marins sentirent donc que leur he ul ^nière était arrivée. Le capitaine criad prqu’il fallait tenir les pompes en jeu ; ^ V"'coûtèrent plus; le capitainesc courrouç*’ ^tra le poing, sc précipita sur Pavant aV j,j j3 b>'longue lanière ; au lieu d’obéir conin 113 3I 1tude, les marins murmurèrent et priée» 1 ^5.si menaçant que Tchaou-Tsing 11e pers

Il retourna

que

vers

P;

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morne

arriéré

moins navré du sort qui Patiendait q uC

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désobéissance inaccoutumée. Ses mate . iu s P’L,livrés à leurs seules et dermere

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tant,

lions, se groupèrent autour d’une pm‘- > ^placée vers la proue de la jonque,d Ainphilriie chinoise, palrone des ÿgftQuand ils se furent tous agenouillés» 1 UI a[) tr cScommença une espèce d’antienne que l e f aV # 1entrecoupaient de quelques répons; P^jsV'brûlé sous le 2iez de la déesse deux ouquels de papiers dorés , ils tuèrent un e cJ*en son honneur, et jetèrent dans I’ eaUtrailles, sa tète et ses pattes. .

Pendant que ce sacrifice s’accoi»P ** e o }le gaillard d’avant, je remarquaispeu la ligue d’eau de la jonque s’abai 5â ‘ l