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VOYAGE PITTORESQUE
cape de cetle figure étrange dans sa bouderie.A table, il me signalait de l’œil ces paroxysmesde regrets qui se révélaient par le plissementprofond des rides frontales. Attendri pourtant,il hasarda à la fin quelques paroles de consola-tion. A Osakka peut-être, aux environs deYedo , disait-il, aurions-nous de nouveau la fa-culté de reprendre la route de terre. Ce peu demots suffit pour rasséréner le visage du natura-liste ; pour oublier les jours mauvais , il lui suf-fisait d’espérer de meilleurs jours.
Le vent s'étant mis à souffler dans une direc-tion favorable, nous nous embarquâmes pourune longue et ennuyeuse navigation au milieudes îles japonaises. Après douze jours de mortelletraversée, nous arrivâmes à Osakka, où, d’aprèsles termes de notre passeport, nous ne pouvionsséjourner que vingt-quatre heures. Osakka estune des cinq villes impériales du Japon , qui dé-pendent directement du Koubo, ou empereurcivil : les quatre autres sont Nangasaki, Yedo ,Sakai et Myako : elles forment le Gokosio , ouréunion des villes maritimes et marchandes.
Osakka est régie à peu près comme Nangasaki,par deux gouverneurs qui alternent dans leurposte. Située au bord de la mer, et à quatrelieues de Myako , résidence duDaïri, Osakka estune ville importante, riche en denrées, peupléede négocians actifs, ou d’indolens voluptueux.Les seigneurs de l’empire veulent tous avoir unpied à terre à Osakka , surnommée en japonaisle théâtre du plaisir. Grâce à la rivière d’Yodo-Gava qui la traverse, et à de nombreux canauxpratiqués dans la plaine environnante , celte citéde cent cinquante mille habilans unit en effettoutes, les jouissances que crée l’activité hu-maine, aux merveilles de la nature et de la vé-gétation. Osakka est la ville des poètes, la villedes artistes, la ville des sybarites.
La police n’y est pas pour cela plus accom-modante qu’ailleurs. A peine avions-nous mis lepied dans la meilleure hôtellerie de la ville, quel’un des officiers du tomosama vint nous sisrni-
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fier l’ordre de comparaître devant les magistratschargés de la surveillance des étrangers. Fati-gués ou dispos, contons ou ennuyés, il falluts’y rendre; il fallut subir l’interrogatoire decette espèce de tribunal. Les Japonais préposésà ces fonctions siégeaient dans un hangar assezvaste, élevé sur le quai, et entouré d’une gale-rie ouverte. Ils occupaient d-ans cette salle uneestrade élevée, d’où ils rendaient la justice avecun admirable sérieux. Nous eûmes affaire à troisd’entre eux, chacun d’une figure si caractérisée,que je me pris à les dessiner pendant qu’ils iu-
ce s
terrogeaient mes compagnons de voyagen’avions encore rien vu d’aussi japonais q lietrois créatures. Dans leurs lèvres sai!lairtespincées, dans leurs yeux obliques et ternes, u ‘ ^l’aspect de leur front bossué, il était p° sSIde lire à la fois de la finesse et de la défiance uià quelque bonté instinctive (Pl. XLVHAprès quelques questions faites à chacun ^nous, ils examinèrent attentivement nos P a ^ports , nous firent servir du thé et des conres, et nous renvoyèrent ensuite.
Avant de rentrer dans notre hôtellerie, ^
poussâmes jusqu’à la citadelle d’Qsakka, 1® P'.-jforte et la plus importante de l’empire, tles palais fortifiés de Myako et de Yedo . ^ ,une construction qui peut avoir un l( ,
carré. Un fossé plein d’eau et un double 11d’enceinte forment tout son système de dé!le jjOu ne voyait que fort peu de canons sur le ointérieur, et le nombre limité des enibr* 15 ^indiquait que la quantité des pièces en b a * ,$ne devait jamais y être bien considérable-cette longue promenade, nous n’avioi ,s ^contré jusqu’alors que des femmes du P e jeassez laides et assez malpropres, et vrai’ 11 ^ ^m’étonnais de n’avoir pas aperçu une senbeautés célèbres qui peuplent Osakka, foi'la Milo japonaise, la Circassie de l’As |e ^jltaie. A la descente d’un pont jeté sur un ÿ fl eintérieur, la chance tourna pour nou 5, \-o* eiLaïs du pays, assise sur un char à deu- g*et traîné par une servante, s’avançait d®^côté. La belle était de figure avenantecieuse; ses cheveux ébouriffés sur l cS _ A”réunis en anneau au sommet de la ,ettmaillaient çà et là de fleurs naturelles! S ü $, etde soie à dessins se repliait sous ses ^accroupie de la sorte, accoudée, j oU: ^ tLO a tC ’l’éventail, elle déployait toutes ses grâces e ^ses agaceries (Pl. XLYII — 2). Le clequel on la traînait ne manquait m ^ r o llCl ,ni de somptuosité. C’était une sirops t0 o 1 e Laux roues massives, avec les rais et ^ uS aminutieusement sculptés; mais au- 0 xP& $train s’élancait un dôme aux montan^^.jsà la longue tenture de soie. Les Pjj
bois travaillé se réunissaient à 1 eX c cP e gune pièce fouillée au ciseau. En som>^ l a 'char était un modèle de délicatesse^ a yeCcoquet, et notre Japonaise y bS u1 ^ ^façons minaudières, avec un visage gu la* 1 ,,s’encadraient bien dans ce bouçio uS y 1Rentrés dans notre hôtellerie, °° j 6vâmes nos banjos déjà fort inq 111 ®^ giif* 6absence. Pour calmer leur mauvat