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VOYAGE PITTORESOUl
rues bordées de maisons où logent les princesdu pays, les sénateurs, et-les familles des agensprovinciaux, gardées comme otages. Des corps-de-garde, de mille hommes chaque, sont placésà côté de chaque porte.
Le palais lui-même, se déployant sur unehauteur dans un rayon considérable, dépassetoutes les autres constructions, quoiqu’il n’aitpas plus d’un étage. Il est surmonté par unetour carrée, ornée de toits très-beaux et très-riches. Cette tour est une marque de préémi-nence qui, au Japon , ne s’affecte dans chaquelocalité qu’à celui dont l’autorité est dominante.Ainsi, à Yedo, le séougoun seul a le droit d’a-voir sa tour ; mais chaque seigneur jouit de lamême prérogative dans ses domaines. Partoutoù il est le premier il peut bâtir cette tour.
Le palais de l’empereur présente en sommeun aspect extérieur qui ne manque ni de grâceni de majesté. Mais la décoration intérieure nerépond guère à la beauté du dehors. Les seulsmeubles qu’on y trouve sont d’immenses nattesétendues sur le plancher. La plus grande salle,parloir de l’édifice, se nomme à cause de cela lasalle aux cent nattes ( sen-sio-siki). C’est là que seréunissent, pour les grandes occasions, les sei-gneurs du royaume, les sénateurs, les princes ;elle peut contenir jusqu’à mille personnes dansles jours d’audiences solennelles.
Du palais, nous nous rabattîmes sur la villeque nous parcourûmes alors en curieux. Yedoest une cité immense, assise sur les bords d’unerivière qui la traverse, divisée en plusieurs bras.Ces voies naturelles de communication, et unefoule de canaux qui rayonnent dans l’intérieurdu pays, rendent tous les transports faciles, etmettent les denrées à si bas prix qu’on y vitfort bien à raison de six sous par jour. Outre sapopulation fixe, cette capitale a une grande po-pulation flottante, population de Japonais quiy affluent de tous les coins de l’empire. Lesmaisons ont deux étages au plus ; chaque fa-mille a la sienne. Le devant est occupé par lesateliers ou les boutiques, devant lesquelles ontend des espèces de bannes pour empêcher lespassans de regarder et de distraire les ouvriers.Chaque boutique a son étalage et sa montreaussi artistement arrangés que ceux des mar-chands chinois. Les rues et les places sont fortbelles et si propres, qu’on croirait difficilementqu’elles sont couvertes de monde du matin ausoir. La ville, gouvernée par deux tomosamascomme Nangasaki, a aussi ses ottonas, sesbanjos , et tout le personnel accoutumé d’offi-ciers militaires et civils. Elle se divise en quar-
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tiers, puis en rues, dont chacune bordéegaleries couvertes est ordinairement occuppar des ouvriers de la même profession- A 1les charpentiers occupent une rue , les tan leune autre, les joailliers une troisième. Il etl ^de même pour les négocians ; chaque brau ^d’affaires a sa rangée de maisons, connue ^que sorte de denrées a son marché. Le ffl aT ^au poisson est très-vaste et d’une V r0 '-^sextrême , bien fourni surtout en espèces val ‘d’eau douce et d’eau de mer, fraîches ou saLes auberges figurent côte à côte avec les mai 8 ^,où on loue des chevaux et des norimon® .^tleurs porteurs; pensée de convenance qutJainsi les deux bouts de la vie du voya»®l’arrivée et le départ, le repos et la Iocoin° tl , )jl j.
Quant aux nobles et aux personnages ^
nens , ils habitent tous une portion de l a j,
qui leur est spécialement affectée. Chaq l,e )j
son y porte sculptées , dorées ou peintes s ,[
façade, les armoiries de son propriétaire, r ol i
de son blason , autant qu’un Londondef ' j e s
un Northumberland . Ce quartier, con1 f , ^ t fé'
autres quartiers de Yedo , a des portes à 1 e ‘
mité de chacune de ses rues. Ces portes f el $j e .
chaque soir sont en outre munies de coiP ^|jt
garde , de sorte qu’à chaque rumeur d’u 11 u\e
commis , les issues sont closes, et le c° > g() t.
se trouve ainsi traqué presque immédia 1 ,
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Les réglemens de police usités à Yedotout l’empire sont précis dans leur texte, ^dans un but d’utilité générale, connuspectés de tous les citoyens. La moindre in 1est d’ailleurs rigoureusement punie. ^ oC ti 0<lsont tirées au cordeau, et chaque cons e jjt-nouvelle est justiciable de cette loi d'ali» 11 s . le*Les maisons ne doivent avoir que deuxeta^.|^cforts et les châteaux jouissent seuls du P . e e*de s’élever plus haut. Chaque propri® ta ^ til t ^tenu d’entretenir à ses frais et en bou
trottoir en pierres détaillé qui se trou v<3 ®sa maison. Tout le sol de la ville estdalles de pierre ou de fragmens de ciU^
tentent battus pour former une niasS ? ra l P a *L’extérieur des maisons est en S eI1 ^ eS iiq aorné, car les Japonais logent leurs do cJJ t ^du côté de la rue ; quant à eux, ü s . ( j 0 f]5 0préférence la partie reculée des V
la vue donne sur de frais et vastes J ar ci fhabitations particulières sont bien cnairement la partie inférieure desfermée de volets ou de jalousies e ° c0tl r> ^vant la maison, il y a une espèce ntourée d’un mur qui là sépare la ^
parvis, pavé de cailloux, sert à rece