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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

bien plus beau que la résidence de l'empereur.Les tuiles qui couvraient les toits avaient deuxdoigts d’épaisseur: le fond en était noir, maisémaillé de figures qui, suivant notre interprète,conservaient leur éclat pendant plus de cin-quante ans. Les chambres étaient revêtues debois de cèdre exhalant une odeur suave. Lesbalcons faits d’un seul morceau et admira-blement sculptés, les murs tapissés de bas-reliefset de gracieux slylobates; les colonnes, les ar-chitraves, les torses, revêtus d’un cuivre doréaux ciselures délicates; les parois couvertes deriches peintures, où l’histoire japonaise revivaitdans ses plus belles pages: voilà ce que nous re-levâmes tour à tour dans la demeure seigneu-riale de Korisouki-Dofa, le favori du séougounactuel. De l’intérieur du palais, nous passâmesau jardin, vaste clos planté de cèdres, de cyprès,de pins et de pommiers. Un ruisseau le traver-sait dans toute sa largeur , et servait à alimenterune foule de bassins, de fontaines et de casca-des. Des ponts suspendus, dos belvéders per-chés sur le roc; (leskiosques, des grottes souter-raines; des accidens de terrain d’un effet cal-culé, attestaient les soins que le propriétaireconsacrait à cette attenance de son palais.

Lorsque Korisouki-Dofa eut ainsi joui de l’ef-fet que produisaient sur nous les merveillesde son habitation, il nous conduisit lui-même,avec la politesse la plus recherchée, dans lasalle où le thé était servi. Des confitures rares,des pâtisseries exquises chargeaient un vaste pla-teau que des trépieds tenaient élevé au-dessusdu sol. Nous nous accroupîmes autour de cetélégant service, sur des nattes disposées pourles convives. Après la collation, Korisouki-Dofa , suivant l’usage japonais , fut jaloux denous montrer les vases de porcelaine et en ferqui, de temps immémorial, servaient, danssa famille, à la préparation et à la conserva-tion du thé. Le premier de ces ustensiles étaitun vase en porcelaine que son propriétaire n’esti-mait pas à une valeur moindre de deux cent mi liefrancs. D’après lui, il avait été fabriqué dans l’îiede Maory, île de l’ancien Japon , engloutie jadisdans un tremblement de terre,et perdue à jamais.De temps à autre, ajoutait-il, les plongeurs par-viennent à retirer du fond de l’eau quelques-unsde ces vases, qui montent jusqu’à des prix fous.Celui que nous avions sous les yeux n’était pas,bien s’en faut, d’une forme élégante : il figuraitun petit baril avec un col étroit : la matièrem’en parut fort mince et cl’une couleur blancverdâtre. 11 paraît que la bizarrerie et la mons-truosité de la forme augmentent la valeur de ces

objets, en donnant la preuve de leur antiq ult ® (Outre ce vase principal, Korisouki-Dofa nous

fit

voir encore d’autres objets en porcelaine,tasses, des cuillers, un entonnoir, un chaudr^et un trépied en fer. Le trépied, ressoudé en psieurs endroits, et qui aurait passé, en Eu r °P ’pour une vieille ferraille, était estimé, par le P’®pi iétaire,dixmiilefrancs,lechaudron vingt» 11 ,^les autres objets, trois, quatre, cinq, sixfrancs la pièce. Ces assorlimens sont les J 0 ^de famille des Japonais; c’est leur cabinet d aI1 ^_quités. Chacun de ces ustensiles est soig I,e ^meut enveloppé d’une étoffe de soie, et renf eIdans des coffrets de bois précieux. ^

Il était temps de se retirer; nous avion 5 . j(dans ses plus petits recoins un palais j a P°" {l ÿadmiré la distribution mobile de ses app a tmens, qui en font comme un théâtre oùdes lieux se change à vue, nous avions exal11 ÿ e ,en amateurs curieux ces petits meubles de l a ^ ^dont le vernis est si beau et si pur ; ces p aI1,,ea e iide tapisseries peintes ou dorées ; nous avio ))S ^sous les yeux les plus beaux échantill 0 ' 15 .^cette porcelaine antique, que la Chine elle' 11 ’®envie au Japon , dans une journée, et p 1 " 1 ^y.d’un coup-d’œil, nous avions embrassé l asionoinie de la capitale, tant dans son en se,J )S -que dans ses détails ; résidence du séougoU» ’ .f S)

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pect des rues et des quartiers, type des 11cirques populaires, places, marchés, m a ^ a j g pateliers, monumens, citadelles, demeure® n

haute classe et des classes inférieures : ton 1 .ns

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nous était présent, familier déjà comme seussions habité cet empire depuis lo»g' <e (]) é'Le docteur Frayser avait vu pour sa p artdecins du pays; M. Blockvius avait dem a11 .^ jiiobtenu la permission de s’installer du m a ,^ }l esoir dans les jardins royaux. Quant à nlOl ^ 0 iP'me restait plus qu’à recueillir mes imp rl -’

en les aidant d’une enquête minutieuse eten complétant, par un travail reposé et

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dique, ce qui manque toujours à unetion rapide et sommaire; en aidant

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par la réflexion, l’appréciation perso» 1 a |eS

par la reuexion, i appréciation pen>«- j^iles rense guemens puisés aux sources ^Jusqu’alors, c’était ainsi que j’avais P^.,,;,quand le temps et l’occasion me u ii

nnt'mic A Vurl/i 1 o litictii’rl mA Sfil’ vait u

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temps et l’occasion m^permis. A Yedo , le hasard me servait ^,3®*mieux, que notre interprète était l’uo s tj ales plus distingués de la capitale. J e 11écrire sous sa dictée.