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VOYAGE PITTORESQUE
de la branche de Yoritomo . La famille qui règneaujourd’hui date de 1535; c’est elle qui a trans-porté sa capitale à Yedo.
Le daïri ne quitte pas sa résidence de Myako,qui est pour lui une véritable prison d’État. Unegarnison entretenue par le séougoun surveillesa personne et ne le laisse sortir que pour allerau temple, dans les jours de fêtes solennelles.Comme aucun des revenus publics n’arrive dansles caisses du daïri, l’enlpereur séculier pourvoitnoblement à l’entretien de son palais. Outreune forte subvention, le chef spirituel a en-core d’autres ressources. Les places ecclésias-tiques sont toutes à son choix, et, au lieu de lesdonner, il les vend. Il vend aussi des chargesd’honneur à une noblesse vaniteuse, et quel-quefois au séougoun lui-même, qui se prête,dans un but politique, aux petites fantaisies deson collègue. Argent, titres et prérogatives no-biliaires sont prodigués au pontife spirituel;mais en revanche on le séquestre avec soin detoute affaire politique, de toute influence exé-cutive. Le seul bien apanager qu’il ait pu con-server est Myako avec ses dépendances.
Pour remplir ses instans, et le détournerde pensées d’usurpation, on a eu le soin de luifaire une vie toute occupée de cérémonial etd’étiquette minutieuse. Non-seulement le daïriest saint pour les autres, mais il doit être saintà ses propres yeux : il ne lui est pas permis dese croire d’une nature périssable et mortelle.Il faut qu’il ait foi en lui, qu’il se croie dieu ,qu’il parle, qu’il agisse comme tel, non-seule-ment devant la foule, mais dans l’intérieur deson palais, en présence de ses affidés, et mêmeseul. S’il n’arrive pas à la démence, il ne peutéchapper ainsi à la monomanie. Se croyantdieu, il n’a plus à s’inquiéter des misérablesambitions de cette terre; il arrive à mépriserles grandeurs et à laisser le séougoun tranquille.C’est là ce qu’on a voulu.
Mais la divinité n’est pas chose facile à porterici-bas. Elle coûte au daïri une peine de tousles jours, de toutes les heures, de tous les ins-tans. Il lui est défendu de toucher la terre dupied : quand il veut aller quelque part, desdomestiques choisis le portent sur leurs épaules,ou dans des litières, ou bien il marche sur dessandales qui ont douze doigts de hauteur. Legrand air lui est interdit, et il fuit trop peu decas d’un soleil qui luit sur tout le monde, pours’exposer à un seul de ses rayons.
Le corps du daïri est saint pour lui commepour les autres; il ne se coupe ni les cheveux,ni la barbe, ni les ongles. Dos serviteurs lui
rendent ces soins, la nuit, quand il est p r0 ^®
dément endormi, et encore quand il se revex
entre-t-il dans une grande fureur de voir q u
a retranché une portion de sa personne sacrÇ e '
S’il connaissait les coupables, il les ferait p 111111 ’
Jadis on obligeait le daïri à se tenir assis sU
son trône , une lourde tiare sur la tête , P e °
7 .dant toute la matinée, immobile, sérieux, ^
S’il remuait les paupières seulement, c’était tl 11
fâcheux augure, l’empire allait être trouble» .
quelque démangeaison, quelque tic nerveu*
faisaient secouer la tête, tout était perdu, I e .
pon allait périr, l’archipel allait être engl°
Cette coutume, un peu trop fatigante, a fi 111 P
tomber en désuétude.
L’habillement du daïri consiste en une
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que desoie noire sous une robe rouge; pa' -sus le tout flotte et ondoie une simarre de cr*I
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de soie, d’une finesse extrême. Son chape 3 "^bonnet est de forme conique, comme celU ‘ , e sgrand Lama, avec qui, d’ailleurs , il a d’a u |^points de ressemblance. Ce bonnet est gar°' )10fanons semblables à ceux d’une mitre ou dj 1tiare. Son front est peint de blauc et de r ° l] ° lt eSa table est magnifiquement servie. Cl* ^ )S
jour on lui prépare un souper somptueux
douze appartemens du palais, et quanti il ®signé celui qu’il préfère, tout cet app 31-1 ' 1 ^ |)rréuni sur une même table. Le repas estaC< (1 jlspagnéd’unemusiquebruyante. La vaisselle^compose, toute d’argile, est brisée àqu’on l’enlève de table. La domesticite^-j,même est convaincue que si un autre que I e lt «ou un membre de la famille impérial 0 » c tchait à la desserte de ces repas, la bo 0C (a ,itla gorge du coupable enfleraient à l* 11même, et il périrait étouffé.
La succession du daïri est réglée V*' 0 &i'cour ecclésiastique qui appelle à ce trône ^ flllnal le plus proche parent du mort, Mia Q ell 1 e 'mineur, son fils, sa fille, quelquefois saCes changemens sont ignorés de la (o<^ e ‘ e t(0daïri est mort, vive le daïri ! » Nulle P ar j. e |l®formule d’éternité dans la puissance t ert>rn’a plus de vérité qu’au Japon . . g3 cf eS
Les courtisans qui entourent le dai rl » j'o*"comme lui, ne s’occupent que des ch° s lt . e (oi s ’dre spirituel. Comme nos prélats 3 aU Ja 0ils ont des bénéfices où ils se retire 0 * Pplusieurs mois de l’année. Le daïrifemmes légitimes, qui se vêtissent , uti^robes de soie, d’une largeur si sing u 1 eJl l ,aleur est presque impossible de marcbits de cérémonies.
Le daïri étant le chef spirituel de
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