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VOYAGE PITTORESQUE
qui la signala : depuis quatre heures il perchaitsur les hautes vergues. Descendu de son obser-vatoire, il était radieux. « Enfin la voilà, nousla tenons ; celle-ci c’est la bonne. » La briseétant ronde et favorable, bientôt la ligne desmontagnes se dessina d’une manière nette etsaillante. Après Tauai, Niibau parut ; à lanuit nous n’étions plus qu’à quinze lieues deces deux îles. Orientant sa route, Pendletonlaissa courir toute la nuit, et si bien qu’au journous avions dépassé Niihau , et que les pics deOahou se dressaient dans toute leur majesté àpeu de milles de distance. A onze heures dumatin, nous étions devant le havre de Hono-Rourou , et à midi, grâce à la marée et à quel-ques canots remorqueurs, VOceanic était af-fourché sur un bon fond de vase, à moins dedeux cents toises du fort. Le salut fut donné etrendu à l’européenne, par un nombre égal decoups de canon. C’était débuter par un désap-pointement. Des salves d’artillerie dans un paysde sauvages !
CHAPITRE XLVI.
J’étais donc en face d’une des îles hawaiien-nes, de celle que les navigateurs anciens ap-pellent le Jardin du groupe, de la délicieuseOahou, si vantée pour son luxe de végétationet pour ses merveilleux paysages! Mais nousétions alors au 18 janvier 1831, à une époquede l’année où la nature est endormie dans toutl’hémisphère nord , attendant pour se réveillerque le soleil ait quitté la zone australe. La côteme sembla donc aride et nue, Ja terre ingrate,le pays misérable. J’espérais mieux pourtantd’une seconde impression, d’une reconnais-sance complète et détaillée.
Dès que P Oceanic fut mouillé, Pendleton fitmettre le canot à la mer, et m’invita à y des-cendre : « Nous allons chez M. Jones , disait-il,le consul américain, un excellent homme ; venez :je veux que vous fassiez sa connaissance. » Noustraversâmes la rade où régnait la plus grande ac-tivité. Douze ou quinze navires, les uns un peuau large, les autres dans l’intérieur du chenal,plusieurs portant le pavillon hawaiien, char-geaient ou déchargeaient des marchandises ; desbateaux caboteurs , des pirogues de pêche secroisaient dans tous les sens avec leurs voilestriangulaires et leurs bizarres équipages ; tandisque déjà sur la grève se déployaient devant nous,sous les cocotiers élancés, les cases modestes deshabitans d’IIono-Rourou.
Sur le môle construit en pierre et au b 01 ^même du débarcadère, nous trouvâmes I e c ° r jsul Jones, qui avait reconnu VOceanic, etvenait embrasser son vieil ami Pendleton-senté comme Français et comme passage^schooner, le fonctionnaire américain me 1 jplus prévenant accueil. Il m’offrit et j’acc e Psans façon l’hospitalité la plus compl ete 'm’installai chez lui pour tout le temps 4^P Oceanic devait séjourner sur la rade d’I*
Rourou.
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Mon ami Philips, resté à bord plus tar° vnous, vint nous rejoindre chez le consul P ^dant que nous prenions quelques fruits ai' 1 ;de madère. Craignant de déranger mon 11 -
qui avait sans doute à parler d’affaire® ^ ^
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Pendleton, je me rabattis sur Philips. « ^° e $tvoir la ville, lui dis-je ; j’ai été votre consola ^à bord; à terre vous serez mon cicéro® e ’.Pourvu que vous ne me meniez pas trop 10 ^dit-il en s’ébranlant, j’accepte. Il y a long' 1que je n’ai promené ce gaillard-là, » ajouta- 1 ' 1frappant sur son ventre. 0 ji«
Appeler Hono-Rourou une ville, c’est s e ^ jformer à la géographie hawaiienne, ou t)une certaine importance relative. Mais c Bdans son acception européenne, s’attflb ^toutefois mal à propos à un entassement Jllier d’habitations, dont quelques-unes 0 eque des cases d’un aspect misérable. ; ^iiLes seuls édifices qui nous arrêtèrent d a ^ al pfurent une espèce d’arsenal attenant presfi »
murs du fort ; puis une bâtisse en pi erl q^'
deux étages, servant de magasin générai-i
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ques petits navires s’y trouvaient sur le c® f,
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les uns à demi-construits, les autres
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tion. Non loin de là paraissait jadis l a J°sonnette en bois élevée par le régenQ 1«Mokou, pour servir dô logement à bl^t f r
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navigateur, durant son séjour; maiscemment ce petit logement a Ieurop .
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orné de contrevents verts, avec un P,
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un belveder pour attenances, . ( ; 5)
transféré auprès de la mnîsnn du
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maison .
Jones. Cette habitation, qui était l’anci^^iiiBlonde, servait, quand je la vis à ^ on ° UIJ di^de palais au gouverneur de Oahou > ^je® 1
Hawa iien nommé Boki. Une chapelle c o V
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servait d’appendice au palais (Pu*
D’autres habitations européennes^ mê-laient encore à nous çà et là. «Vomi pjjjlipfjdu consul anglais Charlton, nm disai g j 0 jivoici celle du négociant Fench; j e s
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celles des véritables souverainssionnaires, qui ont converti les J ®'
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