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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

fort belles nattes couvraient le sol. Au centreune large banquette avec un fourreau de damasjaune et des fauteuils disposés de chaque côté,formait une espèce de divan , placé de façon àce que la brise extérieure vînt s’y jouer et ra-fraîchir les personnes assises. Un autre divanl éguait sur i’un des côtés de la salle ; mais celui-là arrangé sujvant l’ancienne méthode du pays,en jolies nattes de pandanus. Du côté opposé,un rideau en indienne rouge, restant à deuxpieds au-dessus du sol, se soulevait par inter-valles, se gonflait comme un ballon au vent ex-térieur , puis trahissant sa consigne, laissait detemps à autre à découvert le boudoir de la gé-nérale, de madame Ke-koua-noa. Les seuls meu-bles que j’y entrevis consistaient en une table àécrire , élégante et simple , chargée de papierset de livres en idiome du pays.

La fée du lieu n’était point alors dans sontemple : à peine avait-elle appris notre venue ,qu’elle était accourue pour nous recevoir, tenantà la main un petit manuscrit relié, qui contenaitl’évangile de Saint-Luc, traduit en hawaiien.La toilette de la dame était trop soignée pourque nous n’en prissions pas quelque chose pournous. Elle s’assit à nos côtés avec une grâcefamilière, avec une aisance qui ne manquait pasde comme il faut. Grâce à Ke-koua-noa quisavait quelque peu d’anglais , nous pûmes enga-ger l’entretien et prolonger cette visite.

Le général poussa plus loin encore la bien-veillance à noire égard; il voulut nous servir deguide et d’interprèle dans les visites qui nous res-taient à faire. Avec lui nous allâmes chez l’autreveuve du roi , l’ex-reine Ke-kau-rouohe, quinous présenta à son époux Kanaina. Tout an-nonçait aussi l’aisance dans cette habitation :deux enfans, un petit garçon et une petite fillevêtus à l’européenne, jouaient sur les genouxde leur graud’maman.’Là, comme chez Ke-koua-noa, comme chez le roi, comme danstoutes les maisons des grands du pars , le verrede madère nous fut offert, et le refuser eût étépresque une impolitesse.

Quand notre tournée fut achevée, cjuand nousfûmes entrés dans cinq ou six habitations d’of-ficiers de la cour, Pendleton témoigna le désirde retourner chez le consul. Sur la route nousfîmes encore une halte à l’imprimerie des mis-sionnaires. Un grand nombre de naturels ,debout devant les casses ou à côté des presses,s’occupait de la composition ou du tirage. Lesouvrages en main consistaient presque tous enœuvres évangéliques ; rien sur les sciences, riensur l’industrie, rien sur les arts et métiers.

Nous nous trouvions alors sur la grève»deux cents pas au plus de la maison de M. J°lorsqu’au coin d’une case et à l’ombre d’i ,ncôtier, j’aperçus mon Philips qui fumait " ^chalamment sa pipe. Une femme du pays» J®et avenante, était à ses côtés, accroupie à la 18 ^des naturels. Il y avait dans les yeux de cecréature une telle expression de prévenant® ^quiète, de désir de plaire; dans l’attitud e ^gros Philips, quelque chose de si conque' ^que je devinai sur-le-champ le fond de 1 8 ^ture. Un pacha dans son harem n’aurait Pgardé plus de dignité impassible. Pend'®l’ayant aperçu presque en même temps qu e 1,1 ]se mit à partir d’un éclat de rire. « Encoredit-il ; ce démon de Philips se ménage de s ‘j.p,solations partout. Quand nous quitterons ,céanie, il y laissera une légion de veu^®^.Nous laissâmes ce sultan à ses affaires, eltrâmcs dans la maison du consul. ^

Bolti nous y attendait ; il venait de l a P ( ,du roi nous proposer, pour le jour suN 8 ^une grande partie de campagne où tout® 8 ^,dames de la cour devaient assister. Le r el1 fll) .vous était dans la délicieuse vallée de ^ g r

anou, où Kau - ike-ouli avait une fort bel' e7

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dence. Cette vallée ne se trouvait qu’à une ®^je>’de lieues du Pari, pic élevé qui surplombé .<Sd’Oahou et de tout l’archipel d’Hawaii »

fécond en beautés naturelles, fort célcb ,e

les indigènes, et désigné à l'admirA 1 * 011 ,,^Européens. La partie fut donc accept®®^,,^'

enthousiasme. M. Jones devait en être» c ci

•ésid®, ,,|t

leton aussi ; quelques Européens de la r ® sl< ^,j c>quelques capitaines de navires anglais y 8été conviés également. On conspira ® o1 , jii*bonheur de Philips; on voulut l’arra <*Vmollesses de la Capoue océanique ; on 8 e,,ffpour lui de telle sorte qu’il ne put reCll ^iif’ eSAu jour naissant, les chevaux d fS p«l®'royales étaient devant notre porte, et pat |S ^freniers les maintenaient par la bride- fo ftnombre de ces montures, il y en ava ltbelles : on m'offrit un joli alezan, s v ® jef 8 |dressé, petit, mais gracieux d’encolu®® oI , e s®^bientôt en selle et prêt à partir. $■’ qt' 8 ' 1 ,

Pendleton venaient de me rejoind'nous entendîmes partir derrière not' s a lef*® (blés jurons. C’était Philips que ^ eU * u ,jniers avaient, à grand’peine, hissé sU g fj> op f ^.

fringant. Il venait de s’installer - ^

avoir cherché long-temps son équ*^ an®®’ g) -,malheur nous avions quelque p cu »

quand sa bête prit le trot pour nous ^v*le malheureux cavalier, secoué d un®