Band 
Tome premier.
Seite
409
JPEG-Download
 

409

AUTOUR DU MONDE.

er > lui toucha familièrement la main, et l’in-<j r °Sea avec intérêt sur les résultats de sonp^ ll ' er voyage. Présenté à mon tour commetia Sa ^ 6r ca pl la l |ie et comme Français, j’ob-e ttv ^ ^ US S rac i eux accueil. « Votre roi ne nousty a ..° le guère de bâtimens, me dit S. M. Ha-aï ' le,1 ne. Est-ce qu’il aurait peur de nous ? Nouss ea nS P ourtant; reçu de notre mieux son vais-a l Uranie , le dernier que nous ayons vu. »u 'ike-ouli était un beau jeune homme,aj, u, de figure gracieuse et ouverte, de ma-|>^ res agréables et polies. Son costume royalk as ait un peu, mais quand je le revis pluse u habit de chasse., avec l’arc, la flèchef f 6 bêtement primitif des indigènes, il mep^Pa par sa tournure martiale et juvénile,d Sa physionomie où respiraient à la fois la^ Ce ür et le courage, la bonté et l’intelligence.

< Cf ’

cheveux frisés étaient d’un beau noir, son

f

(jn?* haut et large, l’arc de ses sourcils bien mar-.’ l’ovale de son visage parfait. Ses yeux(L etlt de la finesse; sa bouche et son nez, lesVi,, . tra its les plus disgracieux de son visage,* e Ot pas d’un effet trop outré (Pl. LII — 1).c e qui séduisait le plus dans ce roi poly-c’était la dignité, la noblesse de ses ma-s - L’héritier présomptif d’une couronnePceune, préparé au cérémonial des coursIC 'Dinze années de leçons et d’apprentissage,^ ra it pas eu plus d’aplomb, plus de conve-plus de grâce. Dans toutes les questionsl’L n °us fit, il sut montrer de la justesse, de

Pr °pos et de la sagacité. Son aptitude aux

tj hri

“ es > que M. Fench avait remarquée, lors^Ssi* 1 am b a ssade, je la reconnus , et j’en eus^ e s preuves. A mes yeux Kau-ike-ouliUn digne continuateur au NapoléonNf , ai1 ’ a son aïeul le grand Tamea-Mea, quefere Rio-Rio avait remplacé sans pouvoir le

sih 0l *klier. Le jeune souverain poursuivraVr c de civilisation commencée ; il compléteral’ii^ cbauçj^g de royaume polynésien , faite àSe des gouvernemens de notre Europe.

He .Ç 0t iversation, devenue générale dans laai, dience, fut interrompue par le roi lui-( e : d vint prendre Pendleton par la main ,^1 a s C ° ,1 ^ u * s * t vers un buffet garni d’un fortH, e S ° ri iment de cristaux. Tous les étrangersjlitcon **1 s 'dvirent le prince qui, débouchant una cita 6 Tna dère, voulut verser un verre de vinCütl de nous. La présence de PendletonVa >ait sans doute cette distinction fiat-au 'ike-ouU aimait ce marin; il avaits s c °mbien son caractère était sur, coin-° n ame était hardie. Cet amour des scien-

T. I

ces que possédait l’Américain n’avait pas échappéau jeune monarque. A diverses reprises, il luiavait fait les offres les plus brillantes. Un jouril se facha même fort sérieusement, parce queson ami ( il ne l’appelait pas autrement) s’en-têtait à refuser le grade de grand-amiral detoute lamarine hawaiienne.

Après une heure d’audience, nous partîmes;Pendleton seul resta; on voulait le retenir enfamille. Les mêmes honneurs qui nous avaientété rendus à l’entrée saluèrent notre sortie : lagarde, alignée dans la cour du palais, nous pré-senta de nouveau les armes. Rien ne manquaità l’illusion; nous aurions pu nous croire àSaint-James ou au Carrousel.

C’était pourtant le même peuple que Cookavait trouvé sauvage il y a soixante ans. Quelletransformation étonnante et prompte! Quelsrésultats prodigieux ! Quelle aptitude mer-veilleuse à oublier la vie ancienne pour ac-cepter une vie nouvelle! Quelle puissance d’i-mitation ! Au lieu de huttes, un palais; au lieude sauvages armés de flèches, une milice ré-gulière ; puis une cour, une salle magnifique-ment meublée, une audience dans toutes lesrègles! C’était à en rester stupéfait. Une ques-tion reste à poser maintenant. Les ressourcesterritoriales de ces îles suffiront-elles pour payerlong-temps ce petit luxe européen ? L’Angle-terre, après avoir importé ses mœurs, sa langue,sa religion, ses usages à Hawaii , pourra-t-elle ycréer un commerce qui y perpétue cette ten-dance? Aura-t-elle long-temps un intérêt à venirporter aussi loin des ameublemens et des habitsd’Europe ; et qu’acceptera-t-elle en retour? Cespensées me saisirent alors ; mais je ne devais yrépondre que plus tard à l’aide de M. Jones etde Pendleton.

Ce dernier avait fort affaire dans ce momentpour suffire à toutes les politesses des grands di-gnitaires de la cour et de leurs nobles épouses. Ilavait déclaréqu’il ne ferait aucune visite sans moi;j’étais devenu son compagnon obligé, son autrelui-même. Aussi me fit-on le jour suivant l’ac-cueil le plus empressé chez le général Ke-koua-noa. Quand on nous annonça à lui, il se pro-menait dans un vaste enclos, autour duquelétaient disséminées comme autant de pavillonsles pièces diverses de son logement ; ici la cham-bre à coucher , là le salon de cérémonie ; plusloin la cuisine, ailleurs la salle à manger. Ilnous reçut dans cette dernière pièce reconnais-sable à un vaste buffet et a une table en boisdu pays. A chaque extrémité de la salle , unelarge porte l’aérait dans toute son étendue ; de

55