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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

rain coupé brusquement à pic nous montra àcent pieds plus bas une délicieuse Tempe, plan-tée de bouquets dé cocotiers, et baignée deruisseaux frais et calmes. Descendus au sein dece vallon ravissant, nous suivîmes les méan-dres de ses taillis et de ses allées. Çà et là,d’immenses blocs de lave noirâtre indiquaientqu’un volcan avait dû exister non loin de là,et parfois encore, surtout vers notre gauche ,des parois basaltiques, hautes de plusieurs cen-taines de pieds, se dressaient à pic ou se cour-baient en arceaux sur nos têtes. La dernièreportion de cette ravine est fort difficile à gravir,à cause de son escarpement; mais combien nousfûmes payés de nos fatigues , quand , arrivés surla plate-forme, nous découvrîmes presque toutela zone de l’île située sous le vent, et à nos piedsmême, l’objet de notre course, le lac salé J

Ce lac a environ deux à trois milles de cir-cuit; mais son eau en général est peu profonde.Comme les bords et le fond sont entièrementcouverts de sel, cette cristallisation vue de loinprésente l’aspect d’un étang glacé étincelant ausoleil et recouvert d’eau quelque temps avantle dégel. Arrivé sur le coté méridional dulac, j’y recueillis quelques beaux échantillonsde sel dont les cubes s’étaient comme incrus-tés dans des cailloux, sur des plantes , etmême sur des branches d’arbres, qui, placées àla surface de l’eau saumurée, avaient retenu etsaisi la cristallisation. Celte action est si rapideet si fréquente, que ces incrustations seules don-neraient une abondante récolte de sel. Nos sa-lines du Midi présentent le même incident.

A notre retour dans la vallée des cocotiers,nous y trouvâmes le digne gouverneur Boki,qui était venu s’y installer pour deux ou troisjours, et cela non sans cause. Il avait vendu à uncapitaine anglais quatre cents barils de sel àraison de trois dollars le baril, excellente etrare aubaine qu’il voulait rendre aussi fruc-tueuse que possible en la surveillant de sespropres yeux. Quand j’arrivai, il avait rassem-blé autour de lui ses ouvriers pour leur donnerses instructions finales. Ils partirent et j’ac-ceptai alors une petite collaljon improviséeque m’offrit le gouverneur d’Hono - Rourou,Des melons d’eau, des cocos pleins d’eau lim-pide et fraîche, me servirent à la fois de metset de boisson.

Il ne me restait plus que deux points assezcurieux à voir, la baie de Waï-Titi et la valléed’Oua. Le circuit de la baie n’offrait rien debien saillant ; mais à un mille plus loin, dansles bois qui couvrent le pied du promontoire

de Diamcmd-Hill, existaient les ruinesheiau , qui fut autrefois le plus célèbre tempde Oahou : j’allai le visiter. C’était un lieu r ecueilli, solitaire, encaissé dans la lave: nuibre au milieu, quelques plantes rabougtt eS 'quelques arbustes chétifs seulement. Lature morne et sévère du lieu semblait avoir

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choisie pour s’harmonier avec le temple'l’édifice, il ne restait plus que l’enceinte». 'd’après mes calculs, elle pouvait avoirtoises de longueur sur dix de large. Trois c °seuls avaient encore des murs, hauts depieds, sur trois pieds d’épaisseur à la ba 5C ^trois au sommet. Les pierres, d’une teinte b* J 1et d’un grain volcanique, étaient assemuavec beaucoup de régularité. La face occident®^laissée ouverte dans le milieu, servait d’enau temple , au moyen de trois larges terrasse succédant à intervalles égaux.

Divers édifices, servant de chapelles ou 0 ,tels, existaient autrefois dans cette encei n j emais à l’heure où je la visitai, des débr* 5noix de cocos, des fragmens d’os humain 5 ’dice irrécusable des sacrifices anciens, rapPlaient la destination primitive du heiau- ■ >guide, ancien prêtre du lieu, aujourd'hui^.^,tien fervent, m’avoua, non sans quelq ue j $lculté et avec toute l’apparence du reIll0, f 0 isqu’il avait naguère fonctionné plus d’u» e (esur ces autels ensanglantés. C’était dan 5sanctuaire de mort que, vingt-cinq ans aup

1 ^ 1 Gén

vant, dix hommes avaient été sacrifiés aux 0à l’effet d’obtenir d’eux la guérison de la f pKeopou-Olani, devenue chrétienne depui 5 ’plus chaude protectrice des missionnaire 5, c s

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loi"llii

La vue est admirable du haut des ter 1 ’'de ce heiau. On découvre de là Hono-R oUr i

Diamond-Hill, la nudité du lieu, dép° u * .^gi-r 6bres, l’escarpement de la montagne, seS I e

la baie et les campagnes de Waï-Titi; p* 115 ^des coteaux bruns qui avoisinent le l aC j )S ,renfin la chaîne de montagnes qui forme lapente du nord de l’île. A l’est, la scène ca c sde caractère; elle a de sombres et saü ^ e A ebeautés , les déchiremens du proi»on to î ,)j,r*

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configurations, sa cime pelée et inorI ^,jt ü|)sensations qui naissent de cet ensembl e sreligieux recueillement mêlé de terreur.ment, en choisissant ce lieu pour leurs e ^ $

mystères, les prêtres n’avaient pas comprien cette majestueuse et sévère nature. plti 5

On m’avait aussi indiqué la vallée d ^ s H evoisine encore d’IIono-Rourou , com* 11 ® ^0'délicieux. J’y poussai un jour ma p r ^11®'Cette vallée est encore une terrasse m