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VOYAGE PITTORESQUE
Akea située sur la côte orientale, en faisantéchelle cà et là sur tous les points où sa pré-sence était nécessaire. Un de mes plans étaitde visiter le grand volcan de Kirau-Ea, la mer-veille de fîle, et quelque désir que j'eusse dejouir plus long-temps de la gracieuse hospita-lité que j’avais rencontrée , quand je connusla destination nouvelle du schoôner, je deman-dai à mon hôte la faveur de m’y embarquer aveclui. Nous mîmes à la voile le jour même et pous-sâmes dans la soirée jusqu’à Kohaï-Haï, l’un desvillages les plus considérables de Hawaii , situéà cinq lieues au nord de Kaï-Roua. Koliaï-Haïétait la résidence favorite de Tamea-Mea ; maisdepuis que Hono-Rourou a été préféré par sessuccesseurs comme résidence souveraine, soitpour la bonté de son port, soit à cause de l’af-fluence des étrangers , Kohaï-Haï a beaucoupdéchu de son importance ancienne. Ce n’estplus aujourd’hui qu’un endroit remarquablepar la quantité de sel qui s’y récolte sur desétangs où la vaporisation s’opère sans travail.
Dans la nuit même nous remîmes à la voilepour doubler le cap Oupoulou à l’aide d’unebrise de terre ; et au matin nous lirions déjà versle S. E., en longeant la côte orientale d’Hawaii .Nous étions alors en face des districts de Kohala,Hama-Koua et Hiro, après avoir laissé la veille,sur la côte occidentale, ceuxdeWaï-Mea et Koua.La partie S. E de l’île est occupée par les dis-tricts de Kaou et de Pouna.
Près du cap Oupoulou, Koua-Kini me fit re-marquer le village de Pau-Epou, où existaitjadis le temple Mokini, célèbre dans les tradi-tions des Hawaiiens. La chronique disait que cetemple avait été bâti par un prêtre étrangernommé Paao, qui s’établit à Pau-Epou , et qui yfonda son culte. C’était, ajoutait le récit, sousie règne de Kahou-Kapou. Ce kahouna ouiprêtre, homme blanc, arriva des contrées loin-taines avec deux dieux, l’un grand, l’autrepetit, qui furent rangés parmi les divinités de'l’archipel. On leur éleva le temple de Mokini,dont Paao fut le desservant. 11 sauva par sesprières d’une grave maladie un des enfans deKahou-Kapou, né d’une femme de basse ex-traction. L’héritier de Paao fut son fils Opiri,qui servit d’interprèle au roi dans une autreapparition de blancs sur la côte d’Hawaii . Telest le seul côté positif de cette histoire.
Près de là, si l’on en croit une tradition plusfabuleuse encore, se trouvait la résidence dufrère de Kana, sorte de géant mythologique,de Polyphême océanien, qui pouvait voyagerd’ile en île en marchant dans la mtr. Cet étrange
colosse de Rhodes se tenait parfois , disent ^natifs, avec un pied sur Hawaii et l’autre 5Oahou , enjambant ainsi soixante lieues.,insulaires ne tarissent point en anecdotes et
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nantes sur son compte. En voici unemille. Un jour les Hawaiiens ayant offens e ^roi de Taïti , celui-ci pour les punir les pn va j_soleil. Quand les naturels eurent passé (p 6 ,ques jours dans les ténèbres, ils s’épouvante 1 "et eurent recours au frère de Kana. Al° r5 ^bon géant mit ses fortes bottes, traversa la 1 ) 1et se rendit à Taïti , où résidait alorsj (l jArii qui fit le soleil. Il lui parla, obtint &que l’astre fut rendu aux Hawaiiens, et Pqu’un malheur pareil ne se reproduisît Pil le fixa dans le ciel d’où il n’a pas boug epuis cette époque. Avec une connaissanc e Pfaite du vieux langage hawaiien, sans doU te j tfond de cette tradition allégorique , on p° u ^trouver des faits réels, qui touchent à l’I 1 * 5 ^de ces contrées. Cette lumière qu’il faut 3 cchercher à Taïti , cet homme qui a la puis sal ^de traverser la mer, d’aller du 22» parall®' e a5au 18 e parallèle S., tout cela ne semble- 1 '^constater une tivilisation ancienne et un e c va .naissance immémoriale dans l’art de la J 13 ' 15
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D’autres traditions plus positives cncot eblent établir d’ailleurs que les naturels .,•$waii ont fait, en des temps fort reculés,voyages à Noou-IIiva et Tahou-Ala (c yl us-inent Nouka-Hiva et Tao-Wati), et mcn iequ’à Taïti . Dans l’une de ces tradition 5 ’ f ,rTon nomme le voyage de Kama-pii-kaï ,conte que Kama-pii-kaï (desmots kantf* elI (Ê jii'pii courir, et h ai mer) était prêtre d’ Ll11 ^ a p -
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pie dédié à Kane-nouï-akea. Ce dieu, ét* ^paru en songe à son desservant, l ul j ° f 'l’existence et la situation de Taïti , ct c c 'donna de s’y rendre. Par suite de cet of ^ a |cleste, Kama-pii-kaï s’embarqua avec 111 'J tfO'de ses compagnons sur quatre double 5 ,^ r è’gués, fit voile d'Hawaii , et n’y reparutquinze années d’absence. A son retoui» g apii-kaï fit un tableau ravissant du P a ^ P e>avait visité, et qu’il nommait HaupO'K 3 ’moissons abondantes couvraient ses P.^jei’des rivières, des bois, des prairies, en ^ plafi^
un séjour délicieux. Il citait surtout { ^c e
One-rau-ena, peuplée d’une ft> rte <re je tÉ !'*d’hommes, plage abondante en coqui ,
fruits excellens. Enfin il parlait d’un e ^ a po { ‘fontaine de Jouvence qui fut app elroa (eau de longue vie). a u
Kama-pii-kaï fit encore trois voyag