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VOYAGE PITTORESQUE
où les cheveux se relevaient en touffe ou on-doyaient en boucles (Pl. LIV—2). Ajoutez àces agrémens de toilette une figure qu’Odry nedésavouerait pas , un teint de bronze , un nezrelevé , une bouche démesurément fendue, unfront haut, des yeux imperceptiblement bridés ;vous aurez le type physique deMakoa. Mais pourles qualités du cœur, pour la bonté, pour les pré-venances, pour les soins affectueux, l’excellentinsulaire aurait pu défier nos Européens. Quantà moi, je n’ai point connu d’homme meilleurque cet homme, et ce ne sont pas les expé-riences qui m’ont manqué. Makoa savait un peud’anglais ; je savais un peu d’hawaiien : c’étaitplus qu’il ne fallait pour nous comprendre d’unemanière à peu près complète. Il devint donc à lafois mon interprète, mon guide et mon maréchal-de-logis chargé du campement à la belle étoile.Par ses soins bientôt une escorte respectablefut réunie, tant pour la sûreté du voyage , quepour le transport des vivres et des bagages.Le soir même de notre débarquement, toutétait prêt.
CHAPITRE XLVIII.
EXCURSION AU VOLCAN OE KIRAU-EA.
Nous partîmes le jour suivant au lever dusoleil. Le ciel était serein, le temps propice : lescimes du Mouna-Kea se découpaient à l’horizonen lignes pures et transparentes. Tout promet-tait du calme à notre voyage.
Après une traite assez longue, mais facile etdouce, à travers les champs de la plaine, nousquittâmes les bouquets de cocotiers , de panda-nus , de bananiers , pour entrer dans un boisd’aleurites. Cet arbre, commun dans les îlesHawaii , donne un fruit d’où s’extrait une huilebonne à brûler ; ce fruit fournit également leprincipe tinctorial qui servait jadis au tatouage.Ce bois d’aleurites, traversé en tous sens delianes et de plantes parasites, n’était praticableque dans un sentier fort étroit, où des lavestranchantes coupaient nos chaussures. C’estdéjà le volcan qui se révèle. Au-delà du boisson approche se fait mieux sentir : alors la laveest si noire et si unie, qu’en beaucoup d’en-droits elle devient glissante comme du marbre.Partout elle a conservé la forme et l’aspectdans lequel sa pétrification a eu lieu. On dis-tingue encore la longue et large coulée sur lesbords de laquelle végètent des bois rabougris.Un des arbrisseaux le plus abondans porteune petite baie de la grosseur d’une groseille ,jaune et rouge , d’un goût fade, mais assez ra-
fraîchissant. Sur le bord du chemin , on V etrouve point de cases ; mais vers la lisière 1bois , de loin à loin , paraissent quelques t°' |Sde cabanes, que trahissent de longues spii’ a ^ Sde fumée.
La halte du milieu du jour eut lieu sousbel aleurite ; le campement du soir dansmasure, asile temporaire des naturels quand 1parcourent cette zone ingrate. Le jour sui vaen route dès l’aube, nous aperçûmes a 1 ^heures du malin les premières fumées des '
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cans : plus nous avancions, plus ces 10 jj S .colonnes de vapeur devenaient épaisses ettinctes. Bientôt un brusque accident devint nous révéler les approches des bouches hvomes. Un précipice de cent cinquante P 1Ê . s jtcouvert d’arbres et de buissons, nous cond 1 * 1 ^par une rampe à pic dans une plaine d’un d eI j emille, aboutissant à une seconde fondric *’® :deux cents pieds de profondeur. Ces deux elJ ,
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cemens, coupes droits comme un mur, on 1cun une espèce de rebord demi-circulaired’un demi-mille. C’est au bout de celte seC °chaussée que s’ouvre le gouffre, vomissantvapeurs mêlées de flammes, tantôt soi® P j e ttantôt claires, avec un roulement perpé ll,elugubre. j 0 ,r
Aucun spectacle dans le monde ne pen 1ner une idée de celui-ci. Qu’on se ûgtie eimmense arène d’environ treize cents p ie ,profondeur et de sept à huit milles de c * rC e j,garnie d’une soixantaine de' cratères coni^ >o ales uns éteints, les autres en activité ; c esaisisse par la pensée les mille accidens ^terrain que tourmente un foyer intérieu r ’
rcuf eS îjs'
crêtes de soufre et de lave, ces gerç 1
ce 1
fondes qui semblent autant de gouffres» ^ |i 0 iipect onduleux de la surface mouvante , Je'aura une idée bien incomplète du tab* c ‘ .^ 0 ,roulé sous mes yeux; tableau sérieux ct . ^ 0 ’qui restera dans ma tête comme le pl uS ^ei) 5sant témoignage des grands boulevd Jtfterrestres (Pl. LIV — 3). Ce n’est ’ p,i5reste, sans raison que les Hawaiiens n. ^ je*de divinité plus révérée que Pele , l a r p ai s '
volcans. C’est à Pele qu’Hawaii doit sa ;^ s -sance ; à Pele qu’elle doit ses transfo*’ ,n,lt ^ e \ic’est Pele encore qui chaque jour men ace j eS >modifier l’aspect ; agent de création et ®truclion, tout-puissant pour le mal pl ul °
pour le bien. y 0 n
Très-différent de presque tous ceux (f l1a décrits jusqu’à présent, le volcan de c gii ecomme l’indique la gravure, au lieu d ul *plus ou moins tronqué, cl terminé p al 11