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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

pirogue de pêche, afin d’y embarquer la famille.Kahavari et son compagnon y sautèrent, et lapoussèrent au large. Pele arrivait alors furieusesur la grève ; quand elle vit que sa proie luiéchappait, elle se jeta à l’eau, fumante et déses-pérée, hurlant, se tordant de .désespoir : elleessaya de lancer encore des pierres contre lesfugitifs; mais aucune d’elles n’atteignit la piro-gue. Le chef de Pouna et son ami pagayèrentjusqu’à une grande distance du rivage, où levent d’E. s’éleva. Alors il planta, dans le milieude la frêle embarcation, sa large lance qui servità la fois de mât et de voile, et atteignit bientôtl’ile Mawi où il séjourna une nuit. De là il passasuccessivement à Ranaï et Moro-Kaï, d’où il ga-gna Oahou , séjour de son père et de sa sœur,auxquels il raconta ses aventures. 11 fixa dès-lors sa résidence sur cette île, loin des ven-geances de Pele. Les insulaires d’Hawaii mon-trent encore aujourd’hui les rochers que Pelelança sur Kahavari.

Le Bou-o-Kahavari est un cratère éteint de centpieds environ de hauteur avec une échancruresur un de ses côtés par où la lave s’écoula.M. Ellis, qui visita ces contrées en 1823, pensemême qu’une vallée fertile, de trois ou quatremilles de diamètre et entourée de montagnesdéchirées de plusieurs centaines de pieds de hau-teur, n’est autre chose qu’un volcan depuislong-temps éteint. Au centre est un second en-foncement d’un demi-mille de diamètre et d’en-viron deux cents pieds de profondeur, avec unlac d’eau saumâtre au fond, qui était sans doutel’ancien cratère. Aujourd’hui tous ces lieux sontcouverts de riches plantations. La tradition con-serve un vague souvenir de l’endroit où le volcandut être en activité : le lac en a gardé le nom deWaïra-Pele (eau de Pele) : les naturels le dé-signaient comme l’un des endroits d’où la déesseavait jeté des pierres à Kahavari. Du reste,toute cette fable du chef de Pouna est trop aiséeà expliquer pour qu’il soit nécessaire d’en dé-duire le sens réel. C’est le souvenir d’une érup-tion volcanique, arrivée sur le domaine de ceprince, et si complète que tout son territoire enfut englouti.

Après Kopoho, la côte fuyant au S. O. pré-sente tour à tour les villages de Poua-Laa,Keahia-Laka, résidence du gouverneur dePouna, Kaua-Ea, Kama-Ili, près duquel se trou-vait un heiau célèbre , dédié au dieu Rono ; Ko-hena, endroit peuplé de pêcheurs; Keou-Ohana,Kaï-Mou, charmant et populeux village, entouréde plantations ; Kala-Pana, petit endroit, sé-jour de Kapihi, prêtre de Koua-Iïaïro cl pro-

phète renommé sous le règne de Tamea-Me a »Koupa,Houa, hameau ravissant couvert de berceauxde verdure; Poulana où Tamea-Mea ava* 1construit un grand heiau, qu’il dédia à Ta» 1 '

dieu de la guerre, et où s’accomplissaient de*

sacrifices humains ; Kamo-Moa, au-delà duq u .l’aspect de la contrée devient rude et sauvag e ’enfin Keara-Komo, lieu considérable, presfi 1 * 6limitrophe du district de Kaou, et assis sur ul!

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terrain que menacent presque toujours les uvastalions volcaniques.

Ces données géographiques, que je déi»^ a |au milieu d’une foule de contes superstitieuxde hors-d’œuvre puérils, complétaient à p elpi es la carte de ce côté de l’île. En la tourU 3 ’par le nord , j’avais déjà relevé une portiondistrict de Koua , les districts de Koliala, d*ma-Koua, de Hiro et de Pona, et, dans &course par terre, presque tout celui de K- a °^En la tournant par le sud , j’allais terminébesogne en complétant Kaou et Pouna. La ê° É

lette était alors mouillée devant Hono-Nap'je préférai m’y embarquer , sauf à prendre^,

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la’ 1 !

gue dans les localités importantes. Kouaavait terminé sa besogne officielle ; il mbord avec moi, et mon fidèle Makoa nous su*'En sortant d’Hono-Napou , ce fut lui fi uJ f)fit remarquer une falaise qui surplombait laet au-dessous une roche, nommée Kavero-* jqui sortait de l’eau. De cette falaise, un 1 ^jaloux avait précipité sa femme : elle état 1 .bée sur la pierre, sans y expirer sur lepuis, avant de mourir, agonisante, ép el ^

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elle s’était retournée vers son époux , res te

mobile sur le morne , et l’appelant desplus tendres, elle avait prolesté de son ^ jecence et de sa vertu. Ce rocher a coiis e * )£ j|enom de la victime , et les naturels disent fi -j yrevient quelquefois pour appeler son m al 'en a même qui prétendent l’avoir vue j g pi'é

plaintes, du reste, sont regardées connn®sage de quelque grande calamité, te

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guerre, famine ou mort d’un haut p ers0i ^ t

Tout ce littoral semble très-peuplé» .^r

nombreux villages le jalonnent çà et l a \^ 5 k 1 ’

qués dans un de ces hameaux, nous 'j s sit c *

naturels jouant au pake et au zsmVasur

préparées exprès. Ce premier jeu consiste

le jet de javelots émoussés de deux àcinfi^ eS ,

de longueur sur une épaisseur de cinfi P jjjt*?*

qui va en diminuant jusqu’à former un e P s oi’ 1

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Dans le maïla ou ourou-maïla, deux J

fichés en terre, à quelques pouces p

de distance l’un de l’autre. Les joueurs 5cent à quinze ou vingt toises, luttai 1

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