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Tome premier.
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436 VOYAGE PITTORESQUE

danseur qui s’exerce en ployant sur lui-même(Pl. LV'— 1 et LX—3). Mais le groupe le plusremarquable de ces divinités monstrueuses , estcelui qui se trouvait dans l’angle S. E. de l’en-clos. Là, douze d’entre eux formant le demi-cercle, semblaient monter une espèce de factionautour des tombes royales. Une pile de pierres,en forme de croissant, de trois pieds de largeuret de deux pieds de hauteur, servait de supportà ces divinités , guindées comme les autres surdes piliers ou sur des piédestaux. Le dieu prin-cipal était au centre, et les autres s’échelon-naient à sa droite et à sa gauche, par ordre derang et de grade. Le signe de distinction n’é-tait pas la taille, mais le nombre des ciselures etle soin avec lequel elles étaient exécutées, surtoutvers la tête. On apportait la plus grande atten-tion à tenir ces divinités pompeusement vêtues :elles étaient toujours entourées de morceauxd’étoffes , de fleurs , de guirlandes, de mon-ceaux de gourdes et de coquilles de coco, quela piété des fidèles venait déposer à leurs pieds.

Quand je visitai le moraï d’Honaunau, il nerestait plus que des débris de ces divinités ;mais la chapelle était debout, bien conservéeencore et bien entretenue. Le tabou en interdi-sait toujours l’entrée aux profanes, et il fallutque je misse à contribution l’autorité de Koua-Kini pour m’en faire ouvrir la porte. De là, etsans qu’il me fût permis de dépasser le seuil,j’aperçus une foule de figures en bois ou enplumes rouges, avec des yeux en nacre de perleet des bouches très-fendues, où luisaient debelles rangées de dents de requins. Je vis en-core plusieurs paquets d’ossemens humains biennettoyés , soigneusement attachés avec des tres-ses en bourre de cocotier. On les avait disposésd’une façon bizarre dans tous les angles de i’é-difice; et à leurs côtés, épars sur le sol, gisaientdes haillons de nattes ou d’étoffes, qui sem-blaient être la défroque de ces nobles morts.

Notre guide dans ce moraï de Honaunau étaitle gardien du dépôt sacré, un prêtre dontl’aïeul avait reçu le célèbre Cook lors de sa vi-site aux tombes royales. Il nous raconta uneanecdote que déjà il avait dite au capitaineByron. Un jour son père avait placé devant leNoui-Akoua, ou grand esprit, l’offrande habi-tuelle du poisson et du poï. Le fils arriva af-famé devant cet étalage de vivres ; car il avaittout Je jour vainement battu la mer : pas unpoisson n’avait mordu à son appât. Il fut p r i sde l’envie de manger les mets offerts aux dieux.Mais, avant de violer leurs droits, il voulut s’as-surer des moyens de surveillance et de ven-

geance qui étaient au pouvoir des idoles-passa la main sur leurs yeux, et ils ne les cgnèrent pas; il mit son doigt dans leur bouche»et ils ne le mordirent pas. Alors il prit son p artI ’leur jeta un manteau sur la tête , et voy aIltqu’ils ne faisaient aucun mouvement pour sedégager , il prit les vivres et les dévora à beH eSdents. Son père survint et le blâma ; à ces reproches il répondit : « Je lui ai parlé, et dm’a pas entendu; je lui ai mis ma main da ,,s

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fils»

bouche, et il ne l’a pas senti; j’ai placé l’ el °sur ses yeux, et il ne l’a pas vu ; c’est pour<f

je m’en suis moqué, et j’ai mangé. — Monmon. fils, répliqua le vieux prêtre, tu a®sans prudence ; il est bien vrai que le bot®voit ni n’entend ; mais l’esprit d’en-haut obs efet sait tout. » ^

Près du Hare-o-Keave, et dans la directionsud, se trouvait 1 aPahou-labou ou jPouho-* 10 ' 1 ?^sorte d’enclos sacrés, véritables lieux d’ a#iassez communs dans l’archipel. L’impunité etil |_acquise à tout coupable qui atteignait ce ^

Le fugitif, le prisonnier de guerre, l’honn fl ‘

l’a**t oV

le violateur du plus saint tabou, le voleur,sassin, étaient sauvés quand ils avaient p° f(cher à l’une de ses nombreuses portes outes, soit du côté de l’intérieur, soit du cote erivage. En temps de guerre, un pavillon nflottait à chaque entrée et à une petite di®^ 11 ^au-delà des murs. On pouvait pours<>i vre ^vaincu jusqu’à cette barrière , au-delà c’c^ 1 ^un crime de lèse-pahou-labou , que la niO rt

coupable eût expié à l’instant. Deux deasiles existaient à Hawaii , l’un pour l’ estl’île à Waï-Pio, l’autre pour l’ouest à j[énau : ce dernier était dédié à Keave, di vJltutélaire de l’endroit.

Dans un coin de l’enceinte, des maison® e ^taient pour les prêtres, et d’autres pour ^ S gli (fugiés. Après quelques jours d’hospitali te ^ |jles justiciables des lois civiles, ou à la fm >guerre pour les combattans fugitifs, I e ® P sû rdu pahou-tabou s’ouvraient de nouveau :tait de là sans avoir rien à redouter, carsage dans l’asile inviolable avait effacé le® » e|) t.antérieurs, de quelque nature qu’ils f llS ^ 0 u‘Quelquefois les réfugiés restaient dans le Ptabou , et devenaient prêtres de 1 ’endrod* ,

L’asile d’Honaunau est l’un des pl°* ^ Je*cieux qui existent. En temps de ^ ue t j; 5 tri c|Sfemmes , les enfans , les vieillards des ^ o0 ve fsoulevés viennent s’y entasser poura 1 abri des escarmouches pendantet des représailles après la victoire. , ppn 9

de ce pouho-noua est celle d’un paralle

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