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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

dant neuf cents lieues, et qu’à cette distance ildécouvrit un groupe d’iles dont les sauvagesétaient presque nus; que ces .îles, d’ailleurs,bordées de coraux, étaient fertiles en cocotierset en autres arbres.

La carte à la main , il est aisé de voir que l’ar-chipel d’Hawaii est la seule terre à qui ces cir-constances diverses puissent s’appliquer. Alorsla tradition précédente ne ferait-elle pas allusionà la visite de Gaëtan? La chose serait d’autantplus admissible que Kahou - Kapou, sixièmeancêtre en ligne droite de Tarai -Opou, roid’Hawaii lors du voyage de Cook, devait vivredeux cents ans auparavant, c’est-à-dire vers lamême époque que cite le navigateur espagnol .

Une au ire tradition, qui se rapporte à la fnèmedate, tradition relative à un nommé Rono, ad’autant plus de signification qu’elle expliquepourquoi les naturels rendirent à Cook les hon-neurs divins lors de son arrivée. Rono vivaitsous l’un des anciens rois d’Hawaii : jaloux etprompt, il tua dans un moment de colère safemme qu’il aimait tendrement; puis la douleuret le regret l’ayant rendu fou, il parcourut lesîles, querellant tout le monde, luttant, jouantdu poing avec le premier venu; enfin, las etdésespéré, il s’embarqua sur une pirogue d’uneforme particulière, et se lança dans la hautemer, promettant de revenir un jour. Les natu-rels consacrèrent la vie de cet homme par unchant national, qu’on sera bien aise de trouverici comme échantillon des autres.

O Rono-Akoda.

1. Rono-Akoua d’Hawaii , dans les temps an-ciens, demeurait avec sa femme à Ke-ara-ke-koua.

2. Le nom de la déesse, son amour, étaitKaïki-rani-ari-opouna. Ils habitaient sous unrocher escarpé. .

3. Un homme monta au sommet du rocher,ét de là s’adressa ainsi à l’épouse de Rono :

4 . « O Kaïki-rani-ari-opoüna , votre amantvous salue : gardez-celubci ; éloignez celui-là ;l’un restera encore. »

5. Rono, entendant cet artificieux langage,tua sa femme dans un mouvement de fureur.

6 . Désolé de cet acte cruel, il porta dans unmoraï le cadavre de sa femme, et pleura long-temps sur elle.

7. Il parcourut ensuite Hawaii dans un étatde frénétique demence, se battant avec tous leshommes qu’il rencontrait.

8 . Le peuple étonné disait : « Rono est-iltout-à-fait fou? » 11 répondait : « Je suis fou à

cause d’elle, à cause de mon grand amour- *

9. Ayant institué des jeux pour célébrermort, il s’embarqua sur une pirogue triaiGlaire et fit voile pour les terres lointaines.

10. Avant de partir, il prophétisa ceci : * .reviendrai dans les temps.futurs sur une île Hportera des cocotiers, des cochons etchiens. »

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Les insulaires mirent Rono au nonib re ^leurs dieux, et chaque année, vers répocI l,e . (j ,soli départ, on célébrait en son honneur uneavec accompagnement de jeux honiér **! 11 jjlutte, pugilat, combat au javelot, Rono a .dit qu’il reviendrait : ils attendaient Ro»° l ° U

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les années. Aussi, lorsque Cook partit oHawaii , ils prirent ses vaisseaux pour des ^et le capitaine pour leur dieu. De là , celt j û ii l

ception solennelle et ces honneurs divinsnous parlerons bientôt.

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Après l’époque de Rono , il faut place'du cinquième descendant de Kahou-Kap 0 ^’

Kaïa-Mamao qui finit d’une manière tra» j c jiKouï-Poïpoï, chef puissant d’Hawaii ,vain tenté de séduire une des femmes de ^Mamao, pdrvmt un jour à l’attirer hors d e

elle ; et, lui faisant violence, il l’entraîna .

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montagne. Ce rapt pouvait troubler la c dalors paisible, il était à la fois impoli 11 ^ p t ,hodieux. Aussi le frère du ravisseur,homme juste et guerrier vaillant, blâm®Poïpoï, alla le trouver, et le décida à lu* ^ } o‘‘ ]l’épouse enlevée, pour qu’il la ramena 1 ^i*époux Kaïa-Mamao. La chose eut lieu ainsj’^eCquand Ala-Poï se présenta devant le e ttl'cette femme confuse et tremblante, ce p 1 * . 0 jf'tier et dédaigneux ne voulut pas la re ^ pf-"Ala-Poï insista; il alla jusqu’à préparersent de noix de coco, de poisson et d’à ut _,j 5 ) d 1vres qu’il fit étendre aux pieds du roi ; Je 5lieu de les agréer, celui-ci les fit p' aceI 0 j e il ^watas ou plate-formes, afin que I e s . ÿ sa 1 *pourrît. Un tel procédé était l’affront laT^ê^glant que l’on pût faire à un chef ; aussi. ^ je I 1 *Ala-Poï en fut-il iiidigné. Il partit h" ' l ^ eScour, rassembla tous ses partisans, et ^

contre les troupes du roi. Une affaire s ® ^ Ju ? 1

eut lieu dans la vallée cl’Ono-Marino • e t

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rois jours. A l’exception de Kaïa-M"« a0 "son 1 s Tarai-Opou, peu de guerriers duoyal échappèrent à cette boucherie. Le r ° jVrneme ne fut sauvé que par la généreuse

anee de son ennemi Ala-Poï : ce brave cll ,p-• Mais l*- a,a litrS

rêta la lance qui allait le percer,mao était trop fier pour subir cette o r ‘

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