VOYAGE PITTORESQUE
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sacre aurait eu lieu ce jour-là, si Paria lui-même,le chef insulté, ne fut intervenu pour sauver lesAnglais des vengeances de ses amis.
L’affaire parut alors assoupie; mais le soir,quelques naturels s’étant glissés à la sourdineauprès des tentes, on fit feu sur eux, tantpour les forcer à se retirer que pour intimiderles autres. Le jour suivant, 14 au malin, ons’aperçut qu’un vol important avait été con-sommé dans la nuit. La chaloupe de la Décou-verte , amarrée sur la bouée, avait disparu.
A cette nouvelle, Cook entra dans le plusgrand courroux, et fit tirer à boulets sur deuxpirogues de naturels qui naviguaient dans larade. Ensuite, cédant à son caractère hardiet décidé, il résolut d’aller à terre, d’enlever leroi lui-même et ses principaux ariis, puis de lesgardera bord, comme otages, jusqu’à ce qu’on
lui eûtrestituésa chaloupe.Ce moyen était violent,il dépassait le but ; il répondait mal aux libéralitésantérieures des insulaires, et à la bienveillancesoutenue et constante qu’avaient témoignée auxAnglais le roi et les prêtres de l’île. Mais, entoute occasion semblable, l’inflexible et bravecapitaine n’avait pas marché par d’autres voies;il ne voulut pas déroger, ce jour-là, au sys-tème de terreur et d’audace qui lui avait réussiconstamment. Le 14, àbuiL heures du matin, sesordres une fois donnés pour que toutes les me-sures de précaution fussent prises, il s’embar-qua dans un canot monté de neuf soldats et ma-rins avec leur officier à la tête, et fit voguer versle village de Kaava-Roa. Là, il prit terre avecson escorte, marcha vers la résidence du roi,qu’il trouva couché et encore endormi, et luisignifia l’ordre de le suivre. Le vieux monarquene résista point ; il se leva, et ayant envoyé cher-cher ses deux jeunes fils qui étaient abseus, il seremit avec eux entre les mains de Cook et selaissa conduire vers l’embarcation. Rien jusqu’àce moment n’indiquait, dans les liabitans del’endroit, des intentions hostiles : l’animosité dela veille paraissait au contraire éteinte, et desmarques de vénération accueillirent le capitaineanglais sur tout son passage.
Quand on le vit sortir de la maison royale,emmenant avec lui le prince et ses deux fils,on ne sut pas d’abord ce que ee déplacementvoulait dire. Déjà même les enfans étaient em-barqués lorsque la favorite de Taraï-Opou, unefemme nommée Kanona, s’élança vers le rivage,et supplia le monarque avec des pleurs et dessanglots de ne point aller à bord des batimens.A leur tour, quelques chefs réunis autour du roile conjurèrent de se défier, de ne pas se livrer
ainsi à des étrangers ; tandis que la foule > segrossissant peu à peu, regardait cette scèn®avec une curiosité inquiète et irrésolue. Tar® 1Opou ne savait que faire entre l’inflexible v0lonté de Cook et le soin de son salut perso®uel. Il n’y ïivait d’autre parti à prendre que d ®®^gager une lutte. Il la désirait peut-être; mat*n’osait pas en donner le signal. Dans un ^d’anxiété et d’indécision horribles, il s’était as s,ssur le sable, consterné et pâle. Ce fut alors q° ® C ,couru de l’autrecôtédela baie, un naturel se p re £’pila au milieu des groupes qui entouraient C°° J« La guerre! dit-il, la guerre ! Les étrangers 0 ,commencé le combat ; ils ont fait feu sur un® Progue, et ont tué un des chefs. » A ces ni° ts .'cette populace changea d’attitude : morne to°l’heure et indécise, elle s’arma de pierres etp 1l’offensive à l’instant même.
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mesure de résister ; rangé en bataille à q llll) tou vingt toises de l’endroit où se trouva*^Cook et Taraï-Opou ; il se disposa à faire fe° Yles plus hardis. Cook cependant, calcula» 1 ^tendue du péril, semblait avoir renonc® ^projet d’emmener le roi, il se résignait à 1® jtraite, et gagnait son canot, quand un n® tU j tle menaça avec sa lance. Le capitaine qui t®' 1 ^,un fusil à deux coups prévint cet homme ® l ^tendit raide mort. Ou répondit à cette voi e g
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fait par une grêle de pierres , qui provoq 0 ® 0décharge de la part des soldats de marine. -,voulut faire cesser le feu ; mais le bruit
cha que son commandement ne fut enten^ 1 ,',
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essaya aussi de haranguer les insulaires etrêter par la persuasion cette lutte aflr®® 6 ^-.inégale. Mais au moment même où il senait, un coup de pahoa lui entra danspendant qir’un fer de lance lui traversait 1® |j,tre. Il tomba dans l’eau raide mort (Pl. IAAinsi mourut Cook, victime d’une t® 1 gC scruellement punie, Cook trop prodig ue _ . d®jours si chers à la science, Cook ce g c 0 pfvoyage des découvertes, mort trop tôt »°* ® Jelui, mais pour nous , regrettable parmotifs , populaire à tant de titres. 0 n , ! ,e,
Quand le noble capitaine eut ainsi sucla mêlée devint générale. Les insulaires n ^ Jepas eu peur du feu des mousquets : au, r lf sreculer devant lui, ils s’étaient précipi teS |. e s-meurtrières. Quatre des soldats geî
furent tués Qiir lec rncherS du 1
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trois autres furent blessés grièvemen Jci'
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cier reçut lui-même un coup de pahoa.niers pourtant parvinrent à rejoindre^^ ^nots en laissant au pouvoir des na