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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

ne les laissa jamais aller ensemble à bord , maisseulement l’un après l’autre. Du reste, ces pré-cautions étaient surabondantes : les deux ma-rins avaient pris racine à Hawaii ; ils y avaientrencontré un sort qu’ils auraient vainementcherché en Europe ; la pensée d’un départ furtifne leur vint pas. A leur exemple, au contraire,des Anglais et des Américains, déserteurs deleur bord, se fixèrent à Hawaii et s’attachèrentau service des chefs.

Le pays en était là, avec cette ébauché de pro-grès , quand l’Anglais Vancouver mouilla, enjanvier 1792, dans la baie de Ke-ara-kekoua.A peine avait-il laissé tomber l’ancre, que deuxdes principaux généraux de Tamea-Mea, Taï-Ana et Keeau-Mokou demandèrent la faveurd’être admis à bord. Cette relâche fort courtene fut marquée par aucun incident, et, peu dejours après , Vancouver était à Oaliou où l’ons’attendait à une descente de Tamea-Mea et deses guerriers. Le roi qui tenait encore dans cesîles contre la puissance progressive du monar-que d’Hawaii , était Tahi-Teri, dont il a étéquestion. Prudent et peu sûr de sa force, ilavait passé sur Mawi et Moro-Kaï, afin de pré-venir son antagoniste. De Oahou le navigateuranglais se rendit à Tauai, et ne trouva que l’héri-lier présomptif du trône de cette île, Taumou-Arii, joli et spirituel enfant de douze ans. Le ré-gent Enemo reçut Vancouver avec la cordialitéla plus entière. On lui procura des vivres,quoique l’île offrît alors un aspect de désolationgénérale. Ce fait d’ailleurs n’était pas particulierà Hawaii. Les Anglais de Vancouver , qui fai-saient partie des premières expéditions , compa-rant l’état de l’archipel entier avec celui où ilsl’avaient trouvé aux jours de la découverte, pu-rent constater un incroyable contraste. Depuislors, la guerre n’avait cessé de tourmenter lepays; la dépopulation des campagnes et l’aspectdes terres en friche indiquaient jusqu’à quelpoint elle avait été acharnée et meurtrière. Làoù étaient jadis des villages entiers, on ne re-trouvait plus une case; les plaines , les bassinscultivés autrefois, n’étaient que de morneset stériles solitudes. Tous ces chefs que Van-couver avait connus à Hawaii , en 1779 , étaientinfirmes ou morts : Tamea-Mea survivait seul,debout sur ces ruines pour les féconder.

Cette même année 1792 fut marquée par unépisode qui rappela la fatale aventure de Cook.Le Dédains , aux ordres du lieutenant Ilcrgest,navire attaché à l’expédition de Vancouver , etchargé de vivres pour ses vaisseaux, vint mouil-ler à Waï-Mca dans l’îlc Oahou, Cette île ap-

partenait à Tahi-Teri, roi encore indépe 3dant. Les premiers rapports entre le bord etterre furent pacifiques et inoffensifs ; mais u° equerelle s’étant élevée par un malentendu , ^

eut des voies de fait de part et d’autre; I e Ü el1

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tenant Hertrest et T astronome Gooch fu re, ‘

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massacrés. Quand les officiers du Dedalas r eC (

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nièrent les corps des victimes, il leurpondu que ces corps avaient été partagésles divers chefs.

Mais dans l’année suivante 1793, Vancofétant revenu mouiller devant To-waï-haï, p u ‘Kaï-Roua, enfin à Ke-ara-kekoua, lesjusque-là noués et rompus entre les naturelsAnglais , se resserrèrent d’une manière Pforte. Le souverain d’Hawaii fut pour eu* ^homme tout nouveau. Soit que le désir lu*venu de montrer ses bons côtés aux Europ ee ^ 5soit qu’il se fût opéré chez lui un grand P r °* f inintellectuel, Tamea-Mea se révéla ce qu’il r< \constamment depuis , enjoué, franc, sens*" 6généreux, bienveillant, éclairé. Il vint lui-t’f^à bord, escorté d’une foule de chefs et d’offi cl ^ j(de son beau-père Karaï-Mamahou, et desoi 1 tenfant de neuf ans. De fort beaux présens ^échangés de part et d’autre, et désormais 1 ^crainte de malentendu ou de surprise dispdanâ les rapports réciproques. , Je

A l’ancre le 22 janvier 1793 dans la b 3 ’^, s ,Ke-ara-kekoua, où Tamea-Mea résidait a ^Vancouver reçut la visite des deux prinC’P^ichefs du pays, Kahou-Moutou et Taï-Au 3 ’^semblaient jalouser la position puissantTamea-Mea se faisait peu à peu. Agens p r , fâ -paux de son élévation, ils en étaient alot -5 ^■gretter d’avoir si complètement réussi ; 1 gll fraient désiré que l’homme porté par el J S ’| e ii 1 ’le pavois en descendît pour se mettre 3 ,|0niveau. Ce qui les offusquait surtout, ° e ei i eile roi recevait seul les présens magniûT'^pttf*Anglais , et qu’il restait à peine d’insig 111bagatelles pour les chefs. Ils se plaignai e0de Yottng, l’Anglais Young, devenu le c0l ^ t ,jii eet l’inséparable du souverain ; ils dis aI ; 0 t^ce premier ministre exagérait à ses comt a lii*l’influence et le pouvoir de Tamea-M®^’ t pjSqu’on le ménageât seul, et qu’on necompte des autres chefs.

Vancouver écouta ces plaintes sans 3^^ Jdre : il fit aux visiteurs quelques ça* c $prix pour les consoler, mais il vit ^ l ® Il ^ a iii e ‘ 1ou tard l’adroite et forte politique

de réŸ ° ItC

Mea dominerait ces petites velléités

et ces prétentions jalouses d’individ uS j aJ -gtf

Du reste, le souverain d’Hawaii 31