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VOYAGE PITTORESQUE
anglaise n’est pas, comme la fierté espagnole,improductive et couverte de guenilles. Partoutoù elle se sera installée, presque toujours dansune pensée d’égoïsme, il en sortira pour le paysun résultat de progrès commercial et de civili-sation matérielle. Voilà comment l’Angleterreaura concouru à la marche du monde ; elle auracru agir non pour tous , mais pour elle seule,non dans la large vue du perfectionnement del’humanité, mais dans un but de spéculationmarchande. Mais qu’importe l’intention pourvuque le but s’atteigne.
Vancouver venait donc celte fois à Hawaii aunom et pour le compte du roi d’Angleterre.Depuis long-temps sans doute il avait sondé là-dessus Tamea-Mea , et fait agir auprès de lui lesdeux marins anglais , ses conseillers et ses amis.Aussi, quand il parut devant la baie de Waï-Akca , le roi d’Hawaii n’hésita pas un instant àse rendre à bord de son vaisseau. Il alla plusloin ; il poussa la confiance jusqu’à faire la tra-versée avec lui de Waï-Akea à Ke-ara-kekoua.Le monarque défraya son passage avec unegénérosité vraiment royale ; il voulut fournirtous les vivres consommés à bord, et fit ces ap-provisionncmens avec une largesse étonnante.
La grande comédie de l’investiture se terminaà Kaava-Roua le 2£ février 1794. On avait ap-plani les dernières difficultés par des présensmagnifiques , et, dans une audience d’apparat,leroi Tamea-Mea, comprenant peut-être la valeurdes mots tout autrement que Vancouver , n’hé-sita pas à se reconnaître lui el les siens pour lessujets de S. M. Britannique. On y procéda avecun cérémonial ridicule et une affectation bur-lesque. En sortant de cette espèce de paradepolitique, tous, sauvages ou Européens, auraientpu se demander comme dans le Mariage de Fi~garo : « Qui diable joue-t-on ici ? »
Vancouver était un esprit trop exact et tropjuste pour ne pas savoir à quoi s’en tenir surdépareilles simagrées. S’il s’y prêta, ce fut sansdoute pour plaire aux chefs de l’Amirauté; cefut à l’intention de l’orgueil national, et pourfournir un pittoresque article aux feuilles deLondres . Il lui importait d’ailleurs d’obtenir deces rois sauvages une sorte de compromis parlequel ils se crussent tant soit peu engagés; ilcroyait préparer ainsi les voies daps ces paragesà la navigation marchande, et la suite prouvaque ses prévisions n’étaient pas sans fonde-ment. Le plus sûr de toute cette affaire, c’estqu’il contractait avec Tamea-Mea, un princeplus avancé que ses peuples, un souverainloyal et civilisateur, pour qui la cérémonie de
l’investiture était sans doute un fait de p etld’importance, mais l’accomplissait avec Pinte"tion formelle de la faire profiter à l’organisati 011du pays.
Quoi qu’il en soit, cette nouvelle visite
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Vancouver fut accompagnée de fêtes plus b 1 ^lantes et plus variées que les visites antérieure 5 'Le roi cette fois épuisa pour ses hôtes la nom e "clature des divertissemens indigènes. Ils eure"des bals et des représentations héroïques. K>dernières étaient quelque chose de fort curi®^pour l’agencement el l’exécution. La premi e ', (pièce que l’on joua devant les Anglais n’a" 1qu’un seul acteur, et c’était une femme,nommée Poukou, de figure et de façons ag r ^blés. Elle portait, roulée autour de sa ceintf ff june grande quantité d’étoffes qui, descend 911
jusqu’aux genoux , flottaient avec une grâce
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zarre. La partie supérieure du corps, entt e ^ment nue, ne cachait rien de ses formes et
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ses contours; autour de la tête el du cou
doyaient des plumes noires , jaunes et roufj|,les jambes étaient enveloppées d’étoffes q lll . s ,[aient en s’élargissant de la cheville à la tsauce du mollet, de manière à former une s°de brodequins à bouffantes. Sur ces b>' ü jquins, disposés en entonnoir, était un rése 9 ’ 1 ^mailles d’où pendaient de petites dents de ch 1 ,L’actrice portait en outre des bracelets enses dents de cochon parfaitement polies, et* ^l’une à l’autre par de petits chaînons. Le f i
concave des dents était tourné en dehors»
l’assemblage de leurs nuances, fait avec m 1tain goût, donnait à cette parure une appf rassez belle. j(5
La scène était en plein air, et la foiû e m-spectateurs , rangée en demi-cercle et si" I p<
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sieurs files, applaudissait bruyammentparition de l’actrice favorite. Elle, deparaissait fière de cet accueil plutôt q" 6 . juj"Sur sa droite se tenaient deux hommes ^ ^niaient son orchestre. Chacun d’eux ava’ 1 0 ivinstrument une grande calebasse évid e0 ’^jS 1verte par le haut, fermée par le bas etmince que possible. Ces artistes hawaii"* 15 ie g c
paient avec ces instrumens singulier 8qui était couverte d’herbe sèche; dans * 0 ivalle d’un coup à l’autre, ils en battaient^ jjU
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les côtés avec le doitrl et avec la niain i
nière à ce qu’il résultât de tout ce b rü 0 n s 'façon d’accompagnement pour leurs c j e I 9
Du reste, ces deux hommes, seulorcbe ^.^p» 5troupe, n’avaient pas l’indifférence etsibilité de nos musiciens. Dans leursmo"^ pb?dans leurs gestes, dans l’expression de
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