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Tome premier.
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VOYAGE P1TTORESQÜE

tcntionnelle, chaque fois que le nom de l’héroïneétait articulé dans le cours des scènes , il fallaitque les spectateurs hommes et femmes, qui por-taient des ornemens sur la poitrine, les ôtassentà l’instant même pour les poser ensuite de nou-veau. Nul n’était exempt de ce cérémonial, si cen’est les actrices en scène : celles qui se repo-saient, en attendant que leur tour fût venu,y étaient astreintes comme le reste de l’assis-tance.

Les comédiennes qui remplissaient les pre-miers rôles parurent à Vancouver des artistesconsommées. Elles n’avaient pu en venir à cedegré de perfection dans les poses, à cette va-riété dans les gestes , à cette rapidité dans lesmouvemens, sans des études longues et suivies.Leur talent semblait d’autant mieux le résultatde l’habitude et de la pratique, que d’autres ac-trices, plus jeunes et moins bien apprises , fai-saient ressortir toute la différence qui existaitdes habiles aux novices. On eût pu , commesur nos scènes, distinguer les chefs d’emploi,des doublures. Il est probable que les gynécéesde ces dames étaient en même temps des con-servatoires , où elles se formaient à la déclama-tion, aux gestes, aux poses, aux combinaisonsqui font le mérite de leurs représentationsscéniques. Elles étaient arrivées à un degré deraffinement dont un Européen n’aurait pu lescroire susceptibles ; les premières actrices sur-tout se distinguaient des autres par une grâceinfinie dans les mouvemens, par une indicibleprestesse de gestes, par une chaleur , une éner-gie presque viriles, enfin par des allures et desmanières voluptueuses jusqu’à la licence. Durantles trois premiers actes , rien n’avait laissé en-trevoir que cette représentation finirait par unesaturnale. Une sorte de drame semblait engagéde manière à durer jusqu’au dénouement; mais,soit que la même pièce continuât sur un autreton, soit que l’œuvre décente eût fait place àune composition plus véreuse, il se passa, versla fin du spectacle, des choses qui scandalisèrentles Européens les moins scrupuleux. Pourtantils ne comprenaient que la pantomime des ac-trices, et sans doute les paroles étaient à lahauteur des gestes. Vancouver sutque l’on n’a-vait pas fait une exception en sa faveur en luioffrant des tableaux d’une nature aussi crue;c’était là le fond du théâtre hawaiien, et la partie laplus appréciée des spectateurs. Leroi, du reste,n’assistait point ce jour-là au spectacle, non pasqu’il y mît plus de retenue et de chasteté queses sujets, mais parce que la loi défendait aucouple royal de paraître dans ces fêles, à l’excep-

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tion de celle qui avait lieu lors de la nout' eannée. C’était une grande privation pour Ta* 11Mea et pour son épouse surtout, l’une desleures actrices du royaume. (

Tels furent les principaux divertissemenslesquels le roi d’Hawaii célébra le retour d ehôtes, devenus ses souverains nominaux. ^fluence désormais reconnue de la Grande*lagne sur l’archipel autorisait Vancouver

tervenir dans ses démêlés politiques. Il s un fde la mission de Martier , délégué de Tah 1 '

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et recommandé par lui, Vancouver , à l’ acC ^ u fde Tamea-Mea. On lui répondit que, pri s P ^un espion , Martier avait été chassé à coup .fusil. Vancouver n’insista plus ; il conip rjt ^, e ,le roi d’Hawaii ne voulait pas engager s onnir de conquérant et qu’il visait à une s ° O (0 :raineté sur tout le groupe. Les intérêts du P stégé de la Grande-Bretagne étaient alors de^ f tdes intérêts à demi-anglais . Qu’importait I e ,futur des rivaux de Tamea-Mea P Qu’impor 13 ^;une guerre, une dépossession des autre 5 j,au profit du plus puissant de tous ? L’arÇ 1 ’ ^réuni dans une même main, devait acquéri 1 " P ;t

d’importance commerciale et politique ; ^

rendre plus utile ce patronage qui n’était el1qu’une investiture ridicule et iufruct l | e

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Celte fois donc Vancouver ne prêcha P 01 ^»'paix ; il s’abstint de conseils , et laissa T al ( (1Mea méditer ses projets d’agrandisseiu eI1 ^'

les aida même d’une façon indirecte ,

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mentant ses moyens d’attaque : il mit ® ^

position du roi les charpentiers de ses valet ceux-ci, de concert avec Younglui construisirent un joli bateau ponté d J>‘ #six pieds de quille. Ce bateau, prenu er ,pvtillon de la marine hawaiienne, fut notf 1 'tannia. Peut-être les naturels , marin s e rfll e 5 ’tout au plus à la pagaye de leursn’auraient-ils pas formé des équip a Êjf*^ e ii 5 ’habiles pour la manœuvre de ces b at ,\ iamais déjà à cette époque des Européens s ;>‘naturalisés dans ces îles. Young et ^ aV1 ^jigi alS |eu des imitateurs. Hawaii comptait oiiz eAméricains ou Français ; Oahou et Tau al cP' li * raussi leurs blancs. Les instrumens d e

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Uon ne manquaient pas. .«gi 1 ,

Vancouver quitta Hawaii le 3 ir,arS jj 0 rO'^ J j.visita encore , et tour à tour, Mawi > ^

et Tauai, où le régent Enemo, soutenu P^ques Européens , avait réussi à se dec

pendant, pour traiter ensuite avecen obtenant de lui son pardon et t e< f ,

investiture. Souverain à demi, I e re ° c V° uVancouver avec une pompe royale e

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