Band 
Tome premier.
Seite
500
JPEG-Download
 

500

VOYAGE PITTORESQUE

se reconnussent tributaires, ils avaient réponduque cette demande était une dérision; qu’ilsn’avaient aucune raison pour désirer l’amitiédes blancs, et que, dès le moment qu’il s’agis-sait d’obtenir par violence une taxe de cochonset de fruits, ce n’était pas avec des paroles qu’ilfallait venir, mais avec des armes. A une secondeouverture faite par le roi Keata-Nouï, l’allié dePorter, et appuyée par son fils en personne, lesTaï-Piis avaient fait une réponse plus fière etbien plus insultante : « Les habitans de la valléeTiou-IIoï et leur roi Keata-Nouï sont des lâches,disaient-ils; les Hapas ont été battus parcequ’eux aussi ont été des lâches. Quant à Porteret à ses compagnons, ce sont des lézards blancsqui tomberont à la première fatigue , qui nepourront ni gravir les montagnes, ni supporterle manque d’eau, ni même porter des armes.Et pourtant ce sont ces ennemis qui défient lesTaï-Piis, si souvent vainqueurs, et à qui leurdieu a promis toujours la victoire! Qu’ils vien-nent, ces lézards blancs; nous les'défions; qu’ilsviennent, nous ne craignons pas leurs bouhis(fusils) bons tout au plus pour effrayer des lâ-ches comme les Taiis, les Hapas et les Shou-mis. »

Cet arrogant défi rendait la guerre inévita-ble: elle éclata. Le 3 novembre, Porter parutdans la baie des Taï-Piis avec une de ses cor-vettes, cinq chaloupes et dix pirogues de guerre..Ses alliés montaient à cinq mille hommes. Lebrave marin débarqua lui-même avec trente-cinq soldats armés de mousquets, et marchacontre les Taï-Piis. Malgré la vigueur de l’at-taque, ces derniers se défendirent avec un achar-nement tel, que les Américains furent obligés dese rembarquer sans avoir pu réaliser' aucunavantage.

L’insolence de la tribu rebelle s’en étant ac-crue, il fallut revenir à la charge avec un ren-fort. Cette fois deux cents fusiliers américains semêlèrent de la lutte qui fut longue et sanglante.Les armes à feu l’emportèrent à la fin : le vil-lage des malheureux Taï-Piis fut saccagé, pilléet incendié. Réduits par cette terrible leçon, ilsdemandèrent la paix, et ne l’obtinrent qu’à desconditions fort onéreuses. On stipula une ran-çon de guerre de quatre cents cochons, puisun tribut annuel proportionné à celui qu’a-vaient consenti les autres tribus de l’île.

Dès ce jour Nouka-Hiva fut entièrement sou-mise au capitaine américain. Il aurait pu y r é-gner tranquille et puissant ; mais la souverainetéd’une lie polynésienne n’était qu’un incident pourle brave marin. Le 10 décembre, ses opérations

terminées, il remit à la voile, emmenant ses » a ‘vires de guerre, et ne laissant à Nouka-Hi vaque trois de ses prises amarrées sous le fort, etconfiées à la garde du lieutenant Gamble, cb cde vingt-deux hommes. Cet officier vit bient otcombien sa position était difficile : travail^par un Anglais nommé Wilson, naturalisé da®*l’ile, les naturels changèrent bientôt de ® ia ‘nières vis-à-vis des Américains. Nou-seuleme® 1ils cessèrent de payer le tribut, mais ils mol cS 'tèrent leurs hôtes, et allèrent jusqu’à mena®® 1leurs navires. D’un autre côté, rinsubordi I,,rtion éclata parmi les blancs eux-mêmes, et l’ al1 "torité du lieutenant Gamble fut souvent cO® 1promise et menacée. Enfin, après un mois d’® 1termittences semblables, la révolte éclata defaçon la plus sérieuse; les officiers chargés®^®fers furent jetés dans la cale d’un des navire 5 'après quoi, hissant le pavillon anglais , les fl 1 '' 1tins appareillèrent. Hors de la baie on déta®Udu boi’d une mauvaise chaloupe dans laqu®^ eon mit les officiers qui eurent la plus gra® l ' Speine à regagner Te mouillage. Gamble a va,tencore à ses ordres deux navires et dix boni®®'restés fidèles. Réduit à ces forces, il battit R’ 5naturels; puis, voyant qu’ils allaient revenir ®'|nombre, il brûla un bâtiment, s’embarqua s 11 ’

1 autre avec sa petite troupe , et parvint a ‘gagner les îles Hawaii , où il fut capturé par ® 1,acorvette anglaise . Quelques Américains qui f ® S ttaient encore dans le fort de Madison fur® 11égorgée après le départ de Gamble. Ce futglais Wilson qui conseilla et dirigea cesacre. Un seul homme parvint à gagner ^montagnes , où il fut sauvé par un vieuxdu pays. Ainsi finit d’une manière misérald®sanglante réexpédition de Porter, comm^ jsous d’aussi rians auspices. Le fait prin c ’l ,a tqu’elle avait fondé l’unité du gouverne®’ 6 ^,de l’ile, paraît du neste lui avoir survéc® 1 ^vieux Keata-Nouï demeura chef suprêi® e .Nouka-Hiva, et son fils Mouana conserva I e pnominal de cette souveraineté. Les chefs de* ebus ne s’en font pas moins la guerre co® 1 ^,autrefois, mais sans nier pourtant une s®Pmatie qu’ils ne respectent guère.

Depuis Porter, peu de faits saillans se f. a j,i

rent à Nouka - Hiva. Le lieutenant amé® lC (

e>

K

iva’

Paulding du navire le Dolfiti ayant mouifi e1825, dans la baie d’Oumi, n’eut qu’à se ^des naturels. En 1829, le missionnaire S te' ^parcourut toute cette côte sur le vaisse®®^ ^

guerre américain le Vincennes , et en - ..son retour, un tableau plein de vérité et d i® ^ret. Le capitaine du Vlncennes eut à interV e