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Tome premier.
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503
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AUTOUR DU MONDE.

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^ P a quet pour neutraliser le sortilège, votre vue611 va peu à peu : vous devenez aveugle,d’hospitalité , autrefois religieusement et lar-s e Uient pratiquée à Nouka-Hiva, a reçu quelquespintes dans notre époque moderne, par suitel’abus qu’en ont fait les Européens. Nouka-Iv a, il faut le dire, n’a fait que perdre au con-ct des peuples civilisés. Elle y a laissé quelqueser tus qui lui étaientpropres, sans recevoir rien11 échange. Aujourd’hui la violence, l’injusticej 1 abus de la force sont beaucoup plus à l’usagees naturels qu’aux temps de la découverte.

... L’état d’union et de concorde dans laquelle ilstVa ient alors était un fait d’autant plus remar-l aa ble, qu’ils ne se trouvaient assujettis à aucunj'QUvernement direct, à aucunes lois positives,j _ a que tribu avait bien son hekaïki, son chef‘^éditaire, mais c’était une autorité patriarcale ,j, e chacun marcliandait au besoin, qui variait^ chef à un autre,'et dont Inefficacité te-^ lt moins au rang qu’à l’individu. Parallèle»e Ut à l’hekaïki, marchait le loa ou premier^frrier, le général d’armée, dont l’autoritéUsante sur le champ de bataille était contes-

partout ailleurs. Le service militaire lui-était facultatif et nullement obligatoire.

^ Le seul pouvoir positif était celui des prêtres,jPpüyé sur le mystérieux et inviolable tabou.n a classe des personnes tabou se divise, suivant,, e 'Vart, en quatre ordres distincts : les atouas,les lahouas , prophètes; les tahounas,ctres; e t les ouhous, desservans.

^ Les atouas ou dieux comprennent toute laI ni criclature des êtres surnaturels qui forment^LéogQjjig ,j e ce5 peuples, divinités nombreusesP Cc des attributions plus nombreuses encore.rs personnifications diverses sont les idolesdorais. Après leur mort, les chefs devien-f[ J 11 atouas. Ils mugissent dans la tempête, sif-L . dans les vagues, éclatent dans le tonnerre,i t( üls sent dans les feuilles ou dans les ailes descctes. C’est du paganisme dans l’enfance,^elquefois même, de leur vivant, des hom-l'Ctn S ^® vent aux pfRdéges des atouas. Cesl^^cs-dieux doivent avoir fait preuve d’unei| e . ar *ce surnaturelle, avoir accompli aux yeux« Ur * foule quelque miracle, quelque conquêteV e ^ 6s Siemens : dès-lors, déclarés atouas, ils vi-h t er ^ ans réclusion et le mystère, répandantre ur autour de leur sainte demeure. Duhtr \< CeS hommes apothéosés sont très-rares)t,j . arc hip e l ; chaque île en a un à peine. Lél 7 g 7 l0 unaire Crook en vit un à Tao-Wati enluil,- ” L’est un homme très-âgé , dit-il, qui

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puis sa jeunesse, à Hana-Teileina, une

grande case entourée d’une palissade. Danscette case est un autel; des poutres de la case etdes arbres voisins pendent des carcasses hu-maines la tête en bas. Nul homme ne peut pé-nétrer dans cet antre, si ce n’est pour .y êtreimmolé. On offre à cet atoua un plus grandnombre de victimes qu’à tout autre dieu: Sou-vent il s’assied lui-même sur une plate-formeélevée en face de sa maison, et demande deuxou trois victimes à la fois. Il est invoqué Sur tousles points de l’île : de tous côtés des offrandessont réservées pour lui et envoyées à Haua-Teiteina. » Ce privilège d’atoua est quelquefoishéréditaire, mais le plus souvent personnel. Ilest le fruit de longs artifices et d’épouvantablesjongleries.

Après les atouas, viennent les taliouas, classede prêtres, plus nombreuse, plus accessible, ettout aussi influente ; c’est le degré qui conduitau grade d’alouàs, et il existe entre eux et cesderniers de perpétuélles connivences. Si lesatouas sont des demi-dieux, les tahouâs sont desprophètes et des sorciers. Pour agir sur les es-prits crédules, ils ont quelques recettes de ven-triloqu4e; ils interrogent et font répondre leurdieu; ils ont deux sons de voix, l’un pour la de-mande, l’autre pour la réplique ; puis, agitant lesbroussailles avec leurs mains, ils déclarent brus-quement que la divinité vient de les enlever parle toit et de les ramener pat: la porte. Inspirés,convulsionnaires, roulant dans leurs orbitesdes yeux effroyables, remuant leurs bras dansune pantomime convulsive, courant comme desfurieux, puis s’arrêtant d’une façon brusque,ils prophétisent la mort à leurs ennemis, et de-mandent des victimes humaines pour le dieudont ils sont possédés.

Les tahouas sont aussi les seuls médecins dupays (la chirurgie étant réservée à une classe depraticiens). Us sont seuls médecins, car touteaffection est un maléfice, et les tahouas ont pri-vilège pour lutter contre les divinités malfai-santes. Quand on les appelle auprès d’un ma-lade, ils cherchent la place du dieu qui les per-sécute , et quand ils l’ont trouvée, ils la pressentfortement de leur main. Us tuent ainsi les gensqui ont mérité leur courroux, et ne guérissentpas les autres. Quelquefois ils mettent le pa-tient dans l’eau, et frappent l’eau avec desbroussailles.

Après leur mort, les tahouas sont tous atouas;et cette apothéose se fait avec l’accessoire obligédes sacrifices humains. Souvent, pour avoir dessujets pour celte solennité, on est obligé de fairela guerre à une tribu voisine; et la mort d’un