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VOYAGE PITTORESQUE
tahoua est presque toujours un signal d’hosti-lilé. Les femmes peuvent devenir tahouas, maisavec certaines restrictions, et en nombre bienplus limité que les hommes.
Le grade au-dessous des tahouas est celui destahounas ou prêtres, classe plus nombreuse en-core qui se recrute par le noviciat. Les tahounassont les desservans en chef des moraïs ; ils ac-complissent les sacrifices, chantent les hymnessaints, battent le tam-tam du temple, célèbrentles funérailles, pratiquent les opérations chirur-gicales, pansent les blessures , font la réductiondes os fracturés, et même, dit-on, réalisent,à l’aide d’une dent de requin , l’opération dutrépan.
Les tahounas ont un costume particulier,qui consiste en un chapeau de feuilles de coco-tier, dont les frondes sont rattachées sous lementon avec une autre branche de cocotierpassée autour de leur cou, de manière à fbrmerune sorte de collet. Cette marque de distinctionne les quitte presque jamais, et, dans l’exercicede leur ministère , elle est de toute riguetw.
La dernière espèce de personnes tabou sontles ouhous , ou aides des tahouas dans les sacri-fices humains. Ce nom leur a été imposé, parceque personne ne peut prétendre à cet honneur,s’il n’a tué dans le combat un ennemi au moinsavec son casse-tête, son ouhou. Ces ouhous,dont les fonctions se bornent au service subal-terne des temples, ont le droit d’assister auxfestins des tahouas et des tahounas, interdits aureste des naturels.
Outre ces distinctions religieuses, il existe desdistinctions d’un ordre civil. Ainsi des titresd’honneur, des récompenses alimentaires, sontdonnés par les chefs à quiconque se signale parson talent ou par son adresse ; à qui excelle dansla fabrication des armes, des instrumens, des pa-rures ; à qui fabrique le mieux des pirogues etdes cases; même à qui pêche le plus hardimentet le mieux. Ces récompenses remplacent la pro-priété qui semble héréditaire et inaliénable. Leschefs seuls ou les notables possèdent ; le resteexploite pour le compte des chefs.
Les produits principaux du sol sont ceux detoute la Polynésie : letaro, le fruit de l’arbre àpain, les cocos, les bananes, base de la nourrituredes insulaires. Les cochons, peu nombreux, sontréservés pour les chefs. La canne à sucre pros-père dans l’archipel : elle y atteint jusqu’à 14pieds de hauteur sur 12 pouces de tour; maisles naturels n’en usent pas autrement qu’en lamâchant et en avalant le jus. Le kava ou infu-sion du piper est aussi la passion des naturels
de Nouka-Hiva; mais son abus est moins coi»'mun que dans les autres groupes. Us connais'sent encore, sous le nom de Kava de vie, une ea»minérale d’une saveur piquante, souverai» epour certaines maladies.
Rien ne gêne les jeunes filles jusqu’à l’âge d®dix-huit ans; elles sont maîtresses et souve» tfolles de leur corps ; mais à cet âge elles co»'tractent des liaisons plus durables, sans p° urcela se croire obligées à une règle de fidélité a^solue. Les unions, leurs conséquences, leurlidité , n’ont été qu’imparfaitement jugées. P° rter parle de l’affection des épouses et despour leurs maris et leurs enfans , tout en r3contant lés dissolutions effrontées des memb* 3 *du ménage. Il faut en conclure que le mari®#est un acte purement civil chez eux, un a ccO aplement temporaire chez le gros des natuf®^une association de simple convenance quigage pas ; et que ce lien n’a quelque vale» r .*quelque force que parmi les chefs et les r 0, *|Ces derniers ne se marient qu’en famill e 'souvent à leurs plus proches parentes.
Parfois même ces unions entre les fai» 1 * jdes chefs ont les plus importans résultats.le fils de Keata-Nouï ayant épousé la fiH echef des Taï-Piis, ennemi constant de sa tri^ 3 ’et la fiancée étant venue par eau vers son f» 1la mer qui sépare les deux vallées futpée du tabou, et c’eût été un crime q» e .j everser du sang sur toute cette étendue.prince eût renvoyé sa femme à ses pare» s ,' f() ,tabou eût été levé, et la mer ouverte auSp 1 ^gués belligérantes. Dans le cas contraire» ppaix éternelle devait régner entre les de»*bus ; car, même à la mort de la princesse» ^esprit devenu atoua perpétuait le tabou s ur c ehostilités. C’était par suite d’un incident d® ^genre, que la tribu de la vallée de Ta*^' ^,était à jamais l’alliée d'une autre tribu derieur. Maou-Daï avait épousé une fille de R ^Nouï, et ce mariage avait emporté un tab 011concorde perpétuelle. jjiv» ’
Le tabou règne en souverain à Nouk®' ^ g ,il frappe les alimens recherchés, commechous, les tortues, les bonites, les dora ^servées aux classes privilégiées, et ne la ^5,reste des insulaires que des alimens coi» je»comme le fruit de l’arbre à pain , les coc ^jo-ignantes , et les poissons non taboués. ^* s ;bl®fsons des personnages taboués ne sont aCC aà aucun individu des autres classes, p aS ^leurs propres femmes, qui ont des 0 gV* 1 *particuliers. Les individus taboués , eI ^ lt)l jt-cite , peuvent ailer partout et maugei