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Tome premier.
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507
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AUTOUR DU MONDE.

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°ht le jour, VOceanic avait bien maintenu saf °Ute v ers Taïti ; orienté au plus près, il se dé-jouait contre la lame en vrai démon, plus mu-|, ll > plus obstiné qu’elle. Mais la nuit venue,p°Uragan redoubla d’énergie; la mer devint^bonde et acharnée : à chaque minute ellee, liatnbait le pont, le surplombait ou le traver-Le sloop aurait pu tenir sans doute ; il n’é-a,t pas las de la bataille, il aurait voulu la pous-J er l>l«is loin". Mais Pendleton préféra user de pru-^ce. «Laisse arriver!» cria-t-il au timonier; etI lt? ïitôt, abaissant devant la bourrasque scs voilésj Cs plus élevées, l’Or.eànic fila sur l’eau bouil-. Q,1 nante, humble, mais rapide, léger, presqueVisible. Cette nouvelle allure lui avait valu|j tl e assiette plus sûre et des mouvemens moinsfUs ques ; on eût dit que la mer lui tenait^hipte de son obéissance ; elle ne le secouaitde manière à soulever nos entrailles. Pour|î a, part, quand on laissa porter, des nauséesa °beuses me faisaient depuis long-temps désirer?** °n ne continuât pas davantage ce duel avecCs 'âmes.

J, ^*ette tempête horrible semblait ne pas devoir

,llr - Elle durait depuis quarante-huit heures

^ ls que rien fît espérer encore qu’elle mollît.

avions couru cent cinquante lieues hors

6 tiotre route. Philips ne se contenait plus :

^hiendeN.O! N. O. maudit! vent de Satan !

^rmurait-il. On dirait qu’il s’est mis d’accord

j^ec Pendleton pour alonger nos traversées. Le

^quin ite souffle que pour nous : ce n’est pas

^ saison, ce n’est pas sa zone. Il complote avec

. e ftdleton, vous dis-je; il a quelque chose à

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avec lui daus les pays perdus de l’est,de malheur 1 Nous y perdrons quinze)(q ,s - Nous mangeons le navire, goddam! et», S pauvres femmes n’auront pas un cent aul °Ur. »

" e malheureux avait beau se lamenter, l’ou-l u .^ n ne l’écoutait pas, et parlait plus haut que

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j ' Une accalmie de quelques heures survenue^ Us la nuit lui fit d’abord espérer un change-^ ht lof p 0ur lof; mais le lendemain les rafales^ re nt au N. O. avec un accessoire de ton-j>H s re > d’éclairs et de pluie, qui ne les rendait|, 1 Ç) ^ Us tolérables. Enfin, après six jours com-4 ff. S route fourvoyée, par le temps le plusht 6UX et D mer la pl us horrible, le vent faiblit$.^tant au S,, puis il se hâla peu à peu auN 0(1 ;> ^rise normale et ordinaire de ces parages,ht av *ons fait pi us fl e quatre cents lieuescontraire , décrivant un angle de 45°a **§ ne directe qui nous eût conduits do° uli a-Hi va à Taïti , 1

Je ne voyais pas que cet incident fît une bienfâcheuse impression sur Pendleton. Soit qu’ilfut doué à un très-haut point de résignation, cettevertu négative mais capitale du marin, soit qu’ilcouvât quelques plans nés de la contrariété ac-tuelle, le fait est qu’il avait gardé le même vi-sage pendant que la physionomie de Philips de-meurait toute bouleversée. Quand je pressai là-deSsus le capitaine : « Que vouh z-vous? medit-il, la mer est une femme', capricieuse, fan-tasque , accordant sés-faveurs aujourd’hui poul-ies refuser demain. Ou lui fait trop d’honneurde se soucier d’elle. Ses colères n’en durent niplus ni moins. Bonne ou mauvaise, peu m’im-porte; il y a toujours des larmes dans son rire,et du rire dans ses larmes. Si, la voyant tran-quille, vous vous laissez bercer et endormirsur son sein, elle fera la Judith et décapiteravotre mâture. Si, quand elle menace, vous faitesle chef et le maître, si vous lui laissez jeter sonécume sans bouger plus qu’un écueil, peu à peuvous la verrez baisser le ton , frapper moinshaut jusqu’à ce qu’elle vous caresse les pieds.Voilà ma philosophie à la mer; elle n’a pas puarriver jusqu’à Philips; son écorce de matelotest trop épaisse; mais je n’y prends plus garde.C’est peut-être une condition de sauté pour lui,d’être et de marroimer ainsi. » J’écoutais avecplaisir cet étrange capitaine. Il continua : « Toutechose, d’ailleurs, a son côté heureux; le hasardm’a toujours mieux servi que mes projets. Sij’ai eu d’excellentes aubaines dans ma vie d’a-venturier , c’est le hasard qui me les a procu-rées. Si j’ai 50,000 dollars dans la banquede New-York , si ce yankee de Philips, qui seplaint toujours, qui se dit ruiné par manie, aune jolie propriété daus Massachusets , où vi-vent sa femme et ses petits garçons , tout celane nous est pas venu d’armemens combinés àl’avance, d’opérations calculées auprès despoêles des comptoirs. Ce qu’on nomme fac-tures simulées , cotes de prix, bilans d’entréeet de sortie, se résume presque toujours enmystifications et en mécomptes. Le fait dérangele calcul, la pratique donne tort à la théorie.Quelques données générales suffisent; puis lebonheur fait le reste. C’est un naufrage qui m’avalu la plus belle cargaison de tripang-. que l’onpuisse obtenir , et sur laquelle j’ai gagné desmonceaux d’or. Ce sont des mats cassés, des ancres mangées par la mer, des voies d’eau , desbordages défoncés, qui m’ont contraint à faiieéchelle dans des endroits prédestinés do cesmers si peu battues. Aussi, depuis lors, j’obéisvolontiers au hasard , à la tempête, au calme.