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La bourrasque nous a poussés jusque vers lesplus orientales des îles Poinotou. Nous sommespar 25° de lai. S., et 127° 30’ de long. O. Ehbien 1 le sort nous-réserve de reconnaître toutesces îles, d’y trouver des tortues, des tripangs,des trésors peut-être ; d’y sauver , ce qui seraitun bénéfice plus grand encore, quelque navireen détresse, ou bien d’accomplir quelques re-levés d’écueils et de brisans, qui empêchent desdésastres à venir. La Providence ne fait riensans y mettre une pensée , visible ou invisible,patente ou cachée. Cela s’est vérifié pour moi.
■— Capitaine, lui dis-je , vous êtes un dignehomme, un grand et noble cœur. —• Vous meflattez , mon passager ; je suis tout bonnementune ame honnête et comprenant Dieu . »
L’entretien une fois engagé ne finit point là.Peu causeur de sa nature, Pendleton aimait à selivrer quand il avait rencontré une oreille quilui convenait. Sans qu’il voulût me l’avouer,j’étais pour quelque chose dans le demi-plaisirque lui causait notre déviation de route. J’allaisvoir l’archipel Pomotou, que je n’aurais pasvu sans cela. Il lui restait un regret, celui dene pas me mettre à même de reconnaître lesdeux seules îles de la Polynésie orientale quenous allions négliger, Salas y Gomez et Waïhou(l’îlc de Pâques ). Et comme je lui avouais quec’était en effet une lacune dans mon voyage , ilme raconta lui-même les relâches qu’il y avaitfaites , me dit l’histoire antérieure de ce petitgroupe, ses relations avec les navigateurs eu-ropéens , avec le Hollandais Roggevveen, l’An-glais Cook, notre Lapérouse, et le Russe Kot-zebue. J’écrivis cela presque sous sa dictée, etce n’est pas le seul morceau de cet itinéraire quieût dû être signé Pendleton.
Salas y Gomez est un amas confus de rochersdéserts, que découvrit en 1793 le navigateurespagnol ainsi nommé. Un second Espagnol re-trouva celte île en 1805; en 1816 Kotzebue , eten 1826 Beechey, la reconnurent à leur tour etla rangèrent de très-près. Elle est située par 26»28’ de lat. S., et 107° 41’ de long. O.
L’île Waïhou a une toute autre importance.Connue des Anglais et des Américains sous lenom de Eastern Island, des Français sous lenom A’île de Pâques , elle fut découverte le6 avril 1722 par la division hollandaise auxordres de l’amiral Roggeween , qui la nomma,en l’honneur de la solennité du jour, Paassen,en anglais Easter, en français Pâques . A peineen vue , l’escadre vit arriver vers elle une piro-gue que guidait un naturel, homme de haute
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taille, d’un caractère jovial, d’une physionoin* eheureuse. Il monta à bord où on l’accueillifort bien : on lui fit quelques petits cadeau*qu’il suspendit à son cou ; on lui donna à W aI1ger, et il mangea de bon appétit; on lui sefvit du vin , mais , tiu lieu de le boire, il .jeta dans les yeux. En un mot, il fut fort psant et fort drôle, grimacier comme un singegesticulateur, pasquin , copiant tout cevoyait. Quand le soir vint, on eut beaucoup 0peine à le faire redescendre dans sa pirogue»en voguant vers la terre, il criait de toute^force de ses poumons : Odorraga! odorrag a '
Le lendemain , la division mouilla de^ 3l’île. Sur la plage , semée d’idoles plantées d ala terre, circulait une foule curieuse etétoiiF 6On ouvrit les communications avec une rései’ ve '
une défiance que la suite justifia. Le soir m eoh ne peut préciser par quel motif, un coupfusil fut tiré, et un naturel tomba mort.
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guerre fut alors déclarée. Roggeween desceii'lui-même à la tête de cent cinquante honia 1 'tant soldats que marins, et fit feu sur la m u (tude qui se présentait pour repousser la ^cente. Au nombre des victimes tomba, daU s ^première décharge, le pauvre diable , lefon qui, la veille , avait tant diverti l’équip 3 ®^La leçon était rude : elle suffit. Pour fléch* r ;
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terribles visiteurs, les naturels mirent toleurs pieds, armes, présens, provisions de Ÿsieurs sortes, tout jusqu’aux femmes qu’ih 'laient donner aux Hollandais pour quemmenassent à bord.
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Dès ce jour la concorde régna. Lesdais visitèrent l’île. La terre y était bien c ° e ivée; les champs y étaient clos et distin ctî ’ e 5chaque famille occupait un hameau. Le s cS tf favaient quarante à soixante pieds de 1°°$ te shuit ou dix de large ; elles étaient cons trlli , l f.en pieux fichés en terre avec un torchis e,l ^ e sgile ou limon, et recouvertes en chaufF^ a |j.naturels , dit la relation , apprêtaient l e ° lmens dans des pots de terre, ce qui n’es‘S fii-probable. Les cochons leur paraissaient 11lisés dans l’île.
Yifs, alertes, vigoureux, ces insulaires1 air doux, soumis, agréable, modeste, P jeStimide. Leur peau avait la couleur de c t ) | £lI )CS'Espagnols ; quelques-uns étaient presque ^
Leur corps était couvert de dessins d aI1 ^ cC of'et d’oiseaux divers. Quant aux femmes,tes et assez jolies , elles se montraient e étai etjIportées pour les Européens. Les idole foiF'
l’objet d’une grande vénération parmi
et, assidus près d’elles, se tenaient des n