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VOYAGE PITTORESQUE
moraï en pierres. Wallis y vit quelques habitansarmés de lances.
De Touï-Touï, nous remontâmes vers Heiou,où nous serions venus mouiller quand même latempête ne nous eût pas dérangés de notreroute. Heiou est une pêcherie de perles, etPendleton, huit mois auparavant, y avait faitune commande aux naturels. Le 10 avril, l’O-ceanic donna dans la passe étroite qui conduitdans un magnifique bassin intérieur. Ce havreest abrité d’un côté par une suite d’iles basses,et de l’autre par des brisans à fleur d’eau.
Nous mouillâmes en face de hangars qui ser-vent de logemens aux pêcheurs. Ces hommesnous parurent les crétins de la race polyné-sienne : nez plat et écrasé, œil enfoncé et stu-pide, lèvres épaisses, bouche aux angles pen-dans, visage avec des rides précoces, cheveuxlôngs et touffus chargés de vermine, taille mé-diocre et voûtée, membres osseux , muscles re-lâchés, et pour tout vêtement le maro ; voilà pourles hommes. Les femmes étaient bien plus hi-deuses encore, plus abruties , et réduites à l’étatd’esclaves.
L’arigui qui commandait sur l’ile ne se distin-guait des autres que par une taille plus avanta-geuse. Il nous reçut d’une façon assez amicale,mais avec un air embarrassé. Il avait disposé enfaveur d’un autre navire des perles destinées àPendleton et pour lesquelles celui-ci avait donnédes arrhes en marchandises. L’affaire s’ar-rangea tant bien que mal; le capitaine prit quel-que bois à brûler pour le navire, quelques fruitset une petite quantité «.t'écailles de tortues etd’huîtres perlières. Cette rondeur de l’Amé-ricain parut enchanter les naturels qui dès-lorsfurent excellens pour nous.
L’un d’eux , originaire d’Anaa, et fixé depuisquelques années sur cet écueil, en qualité demissionnaire, nous servit de guide et d’inter-prète. Par lui, nous connûmes ce pays et ses ha-bitans. Peu d’années s’étaient écoulées depuisqu’ils avaient renoncé au cannibalisme : aupa-ravant la chair des ennemis tués au combat,des individus expirés de morts violentes, étaitréservée pour des festins. L’arigui lui-même, quien avait pris sa part, s’extasiait sur l’excellentgoût de la chair humaine, de celle de la femmesurtout. Il avait renoncé à cette sensualité, maisil mangeait volontiers encore de la chair crue.Cet homme avait trois femmes ; il aurait pu enprendre davantage; il pouvait aussi renvoyercelles qu’il gardait, sans autre formalité, sansautre excuse que son caprice. Aucune loi civile oureligieuse ne réglait les rapports entre les sexes.
Avant l’arrivée du missionnaire, chacun aval 1son dieu. Le plus souvent, c’était un morcea 11de bois garni d’une toulfe de cheveux humains-Mais la divinité la plus puissante était celle q u 011pouvait fabriquer avec l’os de la cuisse d’un et>nemi ou d’un parent nouvellement mort,l’intérieur, on introduisait une touffe de la ch®velure de la même personne; puis, on susp e(1dail l’idole à un arbre où elle recevait des hommages en proportion seulement de ses mérites»car le dieu s’avisait-il un seul jour de trahi® i e ,vœux de son adorateur, à l’instant même c^° lci l’abandonnait pour un autre. Quand lesdi eU 'paraissaient se fâcher trop sérieusement, "cherchait à les appaiser par des offrandes en P 01 'de cocos. Le premier navire que les indig^
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aperçurent fut pris par eux pour l’espritde leurs parens nouvellement morts. Lerain où reposent les morts est taboué; les ce®Penveloppés de nattes sont déposés sous te®®^Comme on suppose que l’ame vient encoresiter ce lieu , on y place de l’eau et des vi v ® ^pour son usage. Ces fonctions sont confiée 8certaines personnes, etcelles-ci sont persuad^qu’il leur arriverait quelque malheur, si e ^manquaient à ces devoirs. La population del* ^Heiou ne paraît pas se monter à plus de 10® *
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Semblable aux îles basses dont nous a'
parlé, l’île Heiou se compose de languescoraux fort étroites, couvertes d’arbres du c °du vent, mais entièrement nues sous le ' (
Elle n’a pas moins de trente milles de long j tcinq milles de large. Bougainville la décon'^en 1768, et la nomma île de la Harpe à cau se ^sa forme; Cook l’aperçut l’année suivante ,| Cdésigna par le même motif sous le nom jBow. Le capitaine Duperrey la reconnuteu 1823; enfin Beechey fixa sa position, en \par 18° 26’ lat. S. et 142° 59’ long. O. (mi^ leLe 10 au soir nous remîmes à la voile»lendemain au matin nous rangeâmes d eDawa-Hidi, chaîne d’ilots bas, boisés et P eU f ef tede huit à dix milles de longueur, décou ^ eprobabltement en 1769 par BougainviH e > g( , 5l’année suivante par Cook et comprise da< lS ^twù-groups. Ce navigateur aperçut de 1° 1 ‘habitans qui lui parurent bien faits, très-b 1 aet armés de lances. Beechey, en 1826 , * a . el) j.par 18° 12’lat. S. et 144° 38’ long. O. l nll , o , 0 ,rSur les dix heures du matin nous p ^gions une autre île, l’ile Bird, basse , in pé-ayant tout au plus quatre milles de cirÇ 111 ^ j 3 p
couverte en 1768 par Bougainville, quipas la nommer, elle fut vue 1 année s
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