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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

missionnaires lo sont aussi-dans leur métropole.La société des missions a connu la tendance am-bitieuse de ses délégués ; elle a eu vent queles évangélistes de l’Océanie se mêlaient tropsouvent et trop ârdemm'ertt des thèses tempo-relles; que lorsqu’ils ne visaieht pas àù pouvoir,ils se laissaient aller à convoiter la richesse, àdevenir grands propriétaires, négOciàns même.Elle a pensé que cette direction n’était nidans la lettre , ni dans l’esprit de leur màndat,et qu’il était temps de leur rappeler dette paroledu Christ . « Mon royaume n’ést 'pas de ce» monde. » En conséquence, on a soulevé pourTaïti cette question spéciale, qùè l’île étant toutechrétienne , il n’y avait nul inconvénient à lalaisser sans apôtres, qUisei’aïéntmi'eüx employés,d’ailleurs, dans les pays sàuvages et idolâtres.Vous pouvez deviner combien'cet incident loin-tain les préoccupé , aù milieu des complicationslocales. »

Pendant cét entretien, nous avions gravi unmorne qui dominé nette pointé de l’île. De lànous embrassions tout : Matavaï, Ses CaSéS, seschapelles, ses bosquets de cocotiers et d’arbresà pain , la pointe de VénUs avec son mât de pa-villon ; à notre gauchfc les toits royaux de Papaoablanchissant parmi les 'autres , le tout èficadrépar une ligne de brïsans sur lesquels bondis-saient quelques piro'gü'èS dé pêcheurs. Sür cemorne nommé Taha-Raï, ét danè uù'è cabanedont nous vimèS les r'esté's, le roi Pomaré sè re-posait qùaUd il Taisait à pied la Coûte de Papaoaà Matavaï. Wallis et ‘Cook nommèrent ce lieule Càp de ï ArbŸe, à 'cause d’Utt àrbre isolé quile terminait.

Les joürs SUiVâttS, fiô's excursions 'Continuè-rent. Mon bravé t'âïô VôUlàit àV'aüt toûle choseque je visitasse son habitation dé l'intérieur. Cèqu’il avait à Matâvâï n’était qü’nn pited à terré :sa véritable case, Célle qu’habitaient sa femmeet ses enfans, était située entre Matavaï et Pa-paoa. Une demi-heure de marche hoùs con-duisit à une deinenre propre et convenable.Au-dehors tout indiquait un entretien assidu ;au-dedans tout témoignait l’aisance. Quatre oûcinq lUsils, quelques habits, des Vêtemens defemme, des ustensiles de ménage, et surtoutdes bouteilles et des pots de grès, figuraient làcomme autant de souvenirs laissés par des taïoseuropéens. L’hospitalité était donc d’autantmieux pratiquée dans cette case, qu’elle lui avaitété plus habituelle et plus profitable. La femmed’Otouri m’accueillit les bras ouverts ; elle n’é-tait plus jeune , mais deux filles de douze à qua-torze ans semblaient disposées à suppléer leur

mère, s’il avait fallu pousser jusqu’au bout ledévouement à un hôte. Je n’en abusai pas. Toutse borna à un magnifique dîner taïlion que jepartageai avec la famille ; un cochon rôti tout en-tier, deux poules bouillies; du poisson cuit dansdes feuilles de bananier , du fruit d’arbre à pain >une bouteille de rhum avec de l’eau, tel fut notrementi. Quand le rtepas fut fini, je m’exécutai amoil tour : dans ma petite pacotille d’objets ap-portés de Calcutta et de Chine , j’avais choisie' 1vieux pistolet, un uniforme rouge, deux che-mises blànchés , dfeüJc de couleur ; puis (jeme doutais pàs de l’importance dé mon cadeau)»trois aunes de faux galon doté ; enfin quelq l,eScouteaux, mirOirs et CollielrS dé verroterie. h avue du galon fit Une révolution dans la famiU®’la mère, les filles , les garçons , le père, se mi-rent à gatabadét- à travers la case. Madam eOtouri me sauta au eoU , et sfes deux filles aîn eeSen firent autant ; je crus qu’on m’étoufferait d ereconnaissance. «Ne dites pas Surtout que n<m 5possédons cela , » me disait chacune d’elles.ne savais d’où me Venait taiit de succès et ta» £de fête. Le lendemain seulement, après av° l£interrogé Pendleton , j’appris que le galon d° lfaisait fureur dans l’île ; que plusieurs noG eSdâmes, des plus jolies, dés plus huppées, se sCraient misés à ma discrétion pour mon cad eal1dé la Veille , et que la reine elle-même m’au' altpayé les trois aunes offertes avec cinquante c °chons àU moins. Cette nouvelle tti’ehchân 1 ® 'j’avais été vraiment généreux ettVérs la fein'U Êdé mon boti taÏQ.

Lé dévouement d’Otouri pour moi prit dès-h) 1un caractère de fanatisme ; il se serait jeté au 1 ^pOur péU que 'cela m’eùt fait plaisir ; il fut _guide partout , partout mon fournisseurtuit. Je fus payé dé mon galon bien au-del*sa Valeur.

Nôtre première course intérieure eutbut là belle Vallée dé MataVaï. Partis dès U 1 ^be, nous traversâmes le torrent, Otouri ^l’eau, moi sur sès épaulés ; puis , tirant v el .montagne, nous longeâmes ce vallon> £ ^

aujourd’hui, ét que Cook trouva si P 0 ? 11 jeLe sol était magnifique pourtant, et côévcc^^bois de cocotiers, d’arbres à pai’net desp oT>

A trois milles de la mer, la vallée ■se.ré 8 *®les flancs des montagnes se rapprochent;. Gses jusque-là de bruyères, ils se bel sd’arbres touffus le long de leurs versaïlS c iieSabruptes. Des phaétons aux plumes ^| a ” 0 [ieSplanent sur ces solitudes, tandis quetourtèrëlles , des perruches vertes, des ^délies, viennent raser le voyageur. La b 36