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Tome premier.
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AUTOUR DU MONDE.

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fia de vers la vallée de Matavaï. La caravane étaitalors presque une partie carrée, Pendleton et•fioi suivis de nos deux taïos. Il me semblait im-possible d’abord que le grand Oupa-Parou putfiaouvoir sa masse énorme ; mais quelle fut maSll rprise quand je le vis nous devancer d’unPas leste et soutenu!

L’île de Taïti comme celle d’Hawaii , désertea l’intérieur, est peuplée seulement sur les grèves.La zône habitable ou plutôt la zone habitée sedéduit à un espace de trois ou quatre cents pasle long de la mer, souvent même de cent cin-quante pas. Matavaï est un des points où cetteaône s’étend le plus loin, car le torrent qui sePrécipite des ravines intérieures semble avoirformé une petite vallée d’alluvion d’une demi-l*eu e de diamètre dans tous les sens. Si l’onPouvait mettre ce terrain à l’abri des déborde-rons du cours d’eau, on en ferait une plaineMerveilleusement fertile.

A un demi-mille à peu près de la pointe Vénus,fious trouvâmes une partie de la grande routequi fait presque entièrement le tour de l’île. Celter oute est large, belle, suffisamment exhaussée'fi-dessus des terrains qui la pressent, bordéechaque côté de rigoles pour l’écoulementeaux. Des ponts en bois ont été jetés surles torrens, de sorte qu’on a aujourd’hui desc °temunications par terre d’un village à un au-lr e, quelle que soit la distance qui les sépare.

« Voyez cette route, me dit Pendleton; elleest extraordinaire dans un pays si pauvre ; mais1* manière dont elle a été construite est plus ex-traordinaire encore. Les péchés des Taïliens,galanteries des Taïtiennes ont nivelé, battuCfi tte voie et creusé ces rigoles. Vous riez!ffien n’est plus sérieux. La pénalité civile, lafinalité religieuse ont été conçues ici dans un®fit d’utilité. On ne condamne ni à l’amende,111 à la prison, ni aux galères ; on condamne à'Me espèce de corvée, au travail des routes. Leest proportionné au délit, il varie de deuxl °* s es de route jusqu’à cent. L» coupable est> d’exécuter cette tâche , soit par lui-meme,par ses amis ou par ses serviteurs. Aussi lesa files ne manquenL-ils qu’aux pauvres. Un^■’ëàteur, un propriétaire fait travailler sa do-j es ticité, une jeune fille sesgalans. Les vieilles,es laides parmi les femmes , les malheureuxfiï*rfti les hommes, subissent seuls person-e Hement la punition. Vous voyez qu’il a fallus , e , u de temps pour que la distinction des classesj. at abllt sur le sol océanien. Celle manière dej, re profiter les fautes eut été bonne si on neoutrée. Pour obtenir un plus grand nom-

T. U

bre de délinquans, les missionnaires avaient jadisorganisé dans le pays une espèce d’espionnage;et ce système a abouti à l’hypocrisie et au men-songe. Depuis lors l’excès de rigueur a engen-dré le relâchement ; on se cache pour pécher ,mais on pèche bien davantage. Maîtres de Taïti ,despotes absolus des consciences et des actes ,les missionnaires auraient long-temps conservéce pouvoir s’ils n’en avaient abusé ; aujourd’huiil décline, et c’est leur faute.

» Pômare II, ajouta Pendleton, est le Clovis ,le Constantin de Taïti : le premier il embrassa lechristianisme, et l’archipel s’empressa de l’i-miter. Ce roifüttoute sa vie unferventnéophyte ;il se voua aux progrès du culte nouveau , non-seulement comme souverain, mais encore commeapôtre; on lui doit la première traduction del’Evangile en taïlien. Sous lui la religion futflorissante, mais non pas despote ; quand lespasteurs européens voulurent empiéter, il lescontint et les limita. Aussi fut-il médiocrementregretté par eux. L’occasion de la minoritéd’un prince enfant était trop belle pour que lesmissionnaires ne l’utilisassent point. Pômare IIIfut mis sous leur tutelle, et on l’éleva, commeun Joas , à l’ombre des autels. Sans la mort pré-coce qui l’a enlevé, Taïti obéirait aujourd’hui àune sorte de théocratie. Quand il fallut don-ner un successeur au prince mort encore mi-neur , bon gré mal gré, on intronisa la jeuneprincesse Aïmata, sous le nom de Pomare-Wahine I re . Aïmata est une jeune fille de dix-sept ans, d’un caractère vif, d’une volonté mu-tine et d’un tempérament de feu. Difficile à do-miner et à conduire, elle devait renouveler àsa cour les dissolutions encore récentes de la cé-lèbre Idia, femme de son aïeul Pômare pr. Audébut de son règne , elle mit quelque mesuredans ses déporlemens ; mais peu à peu, enhardiepar l’exemple de sa mère et de sa tante, elle s’a-bandonna entièrement à son organisation ar-dente. C’était la reine : on ne pouvait pas la con-damner à cent toises de route. Cependant la courl’imitait ; elle eût'été bigote sous l’élève des mis-sionnaires, elle devint débauchée sous la jeuneMessaline , et l’exemple gagna les classes infé-rieures. Jusqu’ici les missionnaires n’ont rientrouvé d’efficace contre ce fatal débordement. Ila été question à diverses reprises de prononcerla déchéance de la reine, mais on ne l’a pasencore osé. Le pasteur Wilson, que je quitte àl’instant, m’a parlé d’une ligue de chefs mécon-tens qui se sont réunis à Papaï-Iti. On attendquelque chose de cette levée de boucliers;

» Ce n’est pas tout encore. Menaces ici, les

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