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Tome premier.
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autour du monde.

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toc offre wn traçhite poreux et trèç-noir. Çà etlà 1 ’eau suinte à travers, le roc, serpente en filetsou tonibe en cascades. Dans cçs vallées que lesoleil éclaire à peine quatre heures par jour, lafraîcheur est constante et délicieuse.

Le sol alors commençait à monter sur unplan plus rapide : à chaque minute, il fallait,pour satisfaire aux caprices du torrent, traver-ser son lit pour retrouver la seule berge qu’illaissât praticable au pied de ses parois basalti-ques. Le long de la route, nous avions ramassécinq ou six gentils enfans, qui demandaientcomme une faveur l’autorisation de nous suivre.Us étaient autour de moi, frétillant comme desiev riers, s’élançant, sur un prot, sur un geste,pour aller cueillir une fleur, une plante , pournie rapporter une pierre ou l’oiseau que je ve-nais d’abattre avec mon fusil. On ne saurait sefaire une idée de la finesse de leur vue; ilstrouvaient le gibier mort dans le plus impé-nétrable fourré. Une épingle op un grain deVerre payait largement leur assistance,

Après un déjeuner frugal pris en chemin,nous arrivâmes, vers les dix heures, à un en-droit où le torrent, encaissé eiitre deux rochers,s e précipite de 60 à 80 pieds de hauteur verti-cale. Comme son volume n’était pas alors bienconsidérable, une partie de l’eau, fouettée parle vent, s’éparpillait en gouttes menues, et re-tombait en pluie fine; le reste serpentait enccumant le long des rigoles creusées danslproç.

Plus loin l’aspect du }ieu était plus imposante ncore. La rive gauche du torreqt s’élargissaite t offrait du terrain à un vaste bocage, tandisqu’à droite la muraille verticale §e dressait à

cent pieds de hauteur, en formant des prismesbasaltiques comme ppux de la chaussée desUéans. Tous çes prismes, qui ont de quatre àsix pouces de diamètre, affeetejit iipe directione Xactement perpendiculaire, excepté dans leurPartie inférieure, à dix ou douze pieds de hau-.frur, où ils se dévient sous uu angle de 45° cji-v ii'ou en dehors du plan général. Sur la partiee xtérieure, une nappp d’eau divisée dès le som-met tombe en rosée dans le torrent. Au-delà,'nie colonne d’eau volumineuse se précipiteavec fracas d’une élévation immense, et le bruitsa chute est tel, qu’il domine et annule lav °ix humaine la plus sonore. Les naturels ontdonné à cette belle et retentissante cascadele aom de Piha ( El. LXYII — 2), et une fouleùe leurs superstitions primitives se rattachent àc c lieu.

àu-dessus du Piha, la vallée sp resserre, auP°‘ut qu’il faut marcher dans le lit mênje du tor-

rent, parfois avec de l’eau jusqu aux aisselles.J’essayai bien de poursuivre ; mais à peu dedistance se présenta, un barrage de rochers paroù l’pau s’échappait en bouillonnant. En for-çant cet obstacle, peut-être aurions-nous trouvél’accès d’un des pitons de Pile , mais là fatigueet l’approche du soir nous ramenèrent à Mata-vaï. Deux heures après, je dînais, dans la cabaned’Otouri, avec du poisson r^ti et de fort belleschevrettes.

Il sergif trop long de dire en détail toutesmes courses dans l’intérieur. Marcheur infati-gable et ardent, je ne pris pas, dans notre relâ-che à Matayaï, quatre heures suivies de repos.Je vis tout Cf qui pouvait se voir; je grimpai surtous les si|e§ signalés par les voyageurs; je créaimême d’autres itinéraires pour le géologue et lenaturaliste. Ainsi, un jour le pauvre Olouri futobligé > bien à poMtre-cœur, de me frayer uneroute yers je sopim et de Mowa, que nul Euro-péen p’a epeore visité. Np us attaquâmes lamontagne par lp morne Talia- Raï, marchantpendant quelques heuygs dans un chemin raide,mais praticable, puis obligés de gravir un roc àpic en nous aidant des buissons et des fougères.Ainsi meurtris et saignans, nous arrivâmes audernier plateau qui sert de hase au piton. Là,dans celle pâture muette qu’animait le vol dequelques pliaplons , je reconnus des arbres deshautes zones, au milieu desquels les cyathées ar-borescentes déployaient leurs touffes gracieuses.A droite et à gauche, un petit bois taillé offraitses voûtes fraîches et obscures. Nous étionsparvenus à 1,200 toises de h aute ùr; le picpouvait çn avoir 1,700. Du point où nousétions, la perspective était belle : nous domi-nions l’ile sur trpis faces, toute la plage dunqrd avec ses brisaps, les pitons d’Eïmeo et deTab.on-Efpanpu , et même les terres basses deTetoua-Roa (fans up éloignementde douze lieues.Excité par un tel spectacle, j’en désirai un pluspompeux encore; je donnai à Olouri le signaldu départ. Mon pauvre taïo hocha la tète : « Im-possible y me dit-il, il n’y a pas de chemin. ■—Essayons toujours. » Malgré son décourage-ment , nous essayâmes ; mais il me fut bientôt,facile de reconnaître qu.e je poursuivais une lâcheimpossible. Les sentiers nous ayant manqué, ilfallut se fraypr, avec les pieds, avec les mains,uu passage à travers des bruyères épineuses ourésistantes/laissant à chaque buisson un lam-beau dp nos habits. Après une demi-heure delutte, je renonçai à la partie, à la grande joie demop taïo. Nous retournâmes à Matavaï.

Une campagne plus longue, mais bien moins