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VOYAGE PITTORESQUE
l’arrière ; Philips prit celle de la respectable ré-gente Pomafe-Wabine, et les autres officiersdû navire se firent par tour de grade les cava-liers servans de la douairière Tere-moe-moe, dela femme du gouverneur de Wahine,. de sa filleet de quelques autres dames de distinction. Lajeune reine Aïmata était vêtue d’une robe desatin noir, avec une jolie bordure de mousse-line; une ceinture terminée par une agrafed’ôr entourait sa taille ; un chapeau à largesbords, garni de rubans, couvrait ses cheveux.Tout cet ensemble, figure et toilette, ne man-quait pas de grâce et de coquetterie. Ses com-pagnes s’étaient aussi parées du mieux qu’ellesavaient pu , et, à cela près de quelques dispa-rates étranges, elles avaient toutes bon air etbonne contenance. A la suite des princessesvenaient de jeunes seigneurs de bonne mine et«ri matelot américain au service de la jeunereine. C’était une cour assez leste dans ses pro-pos, dans se3 allures et dans ses mœurs, unecour sacrilège aux yeux des missionnaires. Pourla réduire, déjà ceux-ci avaient employé les fou-dres de l’excommunication ; ils avaient usé decette arme contre la tante et la mère, et la jeunereine en était menacée. Quand on le lui dit :« Eh bien ! répliqua-t-elle, ma tante et ma mèren’en sont pas mortes ; je n’en mourrai pas. »
A l’instant où la noble société fut toute groupéesur l’arrière, Pendleton ordonna une nouvellesalve de quinze coups. Les pièces du sloopétaient petites; mais on les refoula si rigoureu-sement qu’elles tonnèrent avec force. A cetteexplosion soudaine, grand effroi parmi ces da-mes ; la vénérable reine de Raïatea se jeta àgenoux et dit ses prières ; Aïmata saisit le brasde Pendleton dans un mouvement convulsif ;la régente tomba de tout son poids et s’éva-nouit entre les bras de Philips qui essayait detoutes les recettes possibles contre la syncopenerveuse ; toutes enfin se bouchèrent les oreil-les , et crièrent : « Maïtaï! maltal! C’est bon !c’est bon ! »Le vieux roi ne bougea point ; il sem-blait habitué à ce bruit.
Ensuite on se mit à table, où les augustesconvives siégèrent assez décemment. La coursemblait habituée au service européen; elle ma-niait, sans trop de gaucherie, les couverts et lesassiettes. Elle paraissait aussi fort bien dresséeà l’usage des toasts, et elle en porta plusieurs,les princesses surtout, sans qu’on sût dire si c’é-tait par galanterie envers l’amphytrion, ou parsympathie pour son rhum et ses vins. Quandou arriva au dessert, les têtes étaient saines pour-tant, quoique bien montées. Placé entre la jeune
reine et là régente, Philips semblait presque u nroi océanien ; il prenait sa revanche de la diet epassée ; il triomphait. Grâce à lui, leurs majesté®en montant sur le pont eurent une surprise ; l aflûte et le tambour du bord avaient été rente*’*cés par un violon; un matelot, artiste igite 1 'jusque-là, fit ses débuts devant la cour taïtienù eet obtint un prodigieux succès. On le tint p° ur
Les royales pirogues une fois parties et saluéepar une dernière salve , Pendleton passa de 1*fête au travail. L’équipage alla quitter son c£>®'tume d’apparat pour virer au cabestan; Philip 8échangea son jabot et son émeraude, sa ve sieaux ancres d’argent et son chapeau coquet, p ot,rla chemise bleue et la houppelande de mer. L’O'ceanic leva l’ancre , doubla Tahoa par le nord’et gouverna sur Bora-Bora . A la nuit, on voy altle piton de cette île qui planait sur elle com' 1 ' 6un phare sans feu. La nuit arrivant, il fall utmettre en panne jusqu’au jour. A l’aube, ou ^route, on rasa à 100 toises de distance la poi" tenord des écueils de Bora-Bora , on doubla 1’^d’Apiti, et vers midi on laissa tomber l’aiicf®de nouveau devant la pointe de Pahoua par vit*?brasses de fond.
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Après tant de relâches diverses, je crojn’avoir plus rien à admirer dans les paysa? eSde l’archipel. Taïti , Eïineo, Wahine, Raïate®’m’avaient donné mon contingeut de jouissau üepareilles. J’étais presque décidé à regarder B° r ?Bora d’une façon indifférente. Mais malgréà la vue d’un aspect neuf et Curieux, d’unrain étrangement accideiité ; malgré moi > ,l’heure où j’aperçus ce cône de rochers tap 1 ®de végétation, dominant une vallée étroite, ®' atouffue, avec ses deux échelons de verdte 6 ’l’un, plus bas, de pandanus; l’autre, plus ha"^de cocotiers se dressant comme des tig® 9parasol ; puis çà et là plus de cases que je ^avais encore vu, jolies, Coquettes, bien alig"(Pc . LXIX — I) ; alors, peu à peu je revin®mon parti pris, j’accordai quelque attention a
Une autre cire""Lacha^[.tôt
site romantique et curieux,tance caractérisait encore Bora-Bora .extérieure de ses brisaris , au lieu d’être ta" ^sous-marine, tantôt à fleur d’eau, ici u,lie ’ ^couverte de végétation j cette chaîne était 10plantée dé cocotiers, formant une ceintui etour de Pile . Qu’on se figure un bouqu®* •touré d’une guirlande verte. Dans le bassin ^sépare les récifs de l’ile, l’eau était limpi ecalme comme dans un lac.
nous recevoir sur le débarcadère : il nous
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