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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

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d’assentiment (Pn. LXXI— I ). A la suite decet acte officiel, les Anglais se mirent sur-le-champ à l’œuvre pour construire aux mission-naires une maison commode, et les naturels lesaidèrent de tous leurs moyens. Quand cette ha-bitation fut prèle, les évangélistes destinés à larésidence de Taïli, avec cinq femmes et deuxenfans, prirent possession du local installé à leurintention; et le Daff y dont la mission sur cetteîle était accomplie, remit à la voile pour Nouka-Iliva.

Laissés avec leur troupeau encore idolâtre,les pasteurs cherchèrent à le ramener peu à peu.à une foi meilleure. Leur premier point de mirefut d’empêcher que les areoïs ne détruisissentleurs enfans comme ils le faisaient pour ne passe laisser déposséder par eux. Les Anglais s’a-dressèrent pour cela à l’amour maternel ; il 11 efut point lent à leur répondre. La femme dei’areoï Omtaïe, persuadée par un missionnaire,avait consenti à laisser vivre son enfant, et ale livrer aux Européens pour qu’ils l’élevas-sent. Elle s’en ouvrit à son mari, qui rejetabien loin ce biais , et résista aux argumens quel’homme de Dieu employait pour le convaincre.

« Non, disait-il, il ne faut pas enfreindre lesprivilèges des areoïs. — Mais en faisant cela,tu offenses Dieu , insistaient les missionnaires ,tu provoques sa vengeance. — Si je voyais,répliqua l’opiniâtre Taïtien, si je voyais qu’A-toua ( Dieu ) détruisît pour cela les areoïs ,je renoncerais à mon droit. Mais ce n’est paspour cela que nos ancêtres sont morts! —Quite le dit? » riposta l’apôtre, se permettant unpieux mensonge. Le chef fut ébranlé un instant ;mais il se remit et persista : l’enfant fut tué. Desdémarches à peu près semblables eurent lieu au-près de la princesse Hidia, enceinte alors du fuitde l’un de ses serviteurs. Elle refusa aussi, don-nant pour motif que le fruit de ses entrailles étaitde sang vulgaire et qu’il devait mourir. On l’im-mola en effet, et comme les missionnaires enfaisaient des reproches à Hidia, elle entra dansune colère sérieuse. Il fallut se taire et patienter.

Le Duff reparut à Matavaï le 6 juillet; il yretrouva les missionnaires, fort coutens de lamanière dont on les traitait, mais peu avancésdans leur conversion. Des explorations curieuseset exactes eurent lieu pendant cette relâche quidura deux mois. Le neveu du capitaine fit le tourde l’île; il évalua à 16,000 âmes le chiffre de lapopulation, chiffre qui constatait une effrayanteperte d’hommes depuis la découverte. Wilson ne-veu visita aussi divers monumens curieux. Il vitles grands moraïs de Papara et d’Ata-llourou. On

a vu ce qu’était le premier. Le second était situédans la partie nord de la vallée d’Ata-Hourou , àun mille environ du rivage, sous un berceaud’arbres qui l’abritaient contre le soleil. Il occu-pait une esplanade entourée d’une palissade enbois de 100 pieds carrés. La moitié de cette en-ceinte était pavée , et sur cet espace s’élevait unesorte d’autel où plate-forme , soutenue sur seizepiliers de bois, ayant chacun 7 pieds de haut.Cette plate-forme, de 36 pieds de long sur 6 delarge , était couverte de nattes épaisses dont Usbords pendaient en guise de franges. Sur cesnattes se déposaient les offrandes, des cochons,des colliers, des tortues, de grands poissons,des bananes,, des cocos, le tout dans un état dedécomposition plus ou moins avancé, plus oumoins odorant. Sur l’un des côtés de la palissades’ouvrait une brèche garnie d"’un tas de pierresbrutes, au-dessous duquel s’élevaient des /iis,sorte de termes, couverts de certaines figures(Pl. LXX — 3 et LXXII — 4). Dans un coinde l’enclos sacré étaient une maison et deuxhangars avec leurs gardiens. Vers l’un desangles de la case gisait le coffre de Tatoua(dieu); mais le coffre se trouvait vide; I edieu voyageait alors, il était allé fonctionnerdans un petit moraï voisin ; il devait revenirle soir. Cet atoua était un paquet qui se di-visait en deux parties, l’une de la longueurdu coffre, l’autre beaucoup plus petite ; aux deuxbouts pendaient des touffes de plumes rouges etjaunes, offrandes des individus opulens. A lavue de cette singulière divinité, Wilson se mit arire , et voulut leur faire sentir combien il étadridicule d’adorer cette friperie ; mais les gar-diens répondirent que c’était un grand atoua»que s’il se mettait en colère, des fléaux fondraientsur eux, et que les arbres ne porteraient plu 5de fruits. Wilson insista, il demanda à voir c equ’il y avait sous ce paquet d’étoffes qui passaitpour un dieu, à quoi les prêtres répondireidque Mani-Mani avait seul le droit d’y toucher, etque d’ailleurs il n’y avait là dedans que des pl u 'mes rouges, une jeune pousse de bananier et u» epanicule de cocotier enfermée dans sa spathe.

A peu de distance de cet endroit, le basai*offrit à Wilson le spectacle d’un toupsrp ali(Pl. LXXII— 3). Un toupapau , c’est le cadavi econservé aussi long - temps que possible d Ul1chef célèbre, d’un homme illustre dans la c0tltrée. Celui-ci était la dépouille d’Ori-Piha, i 11 ^!quelques mois auparavant. Sur la demande %AVilson, on tira le cadavre de la plate-forme oXl _il était couché; on le dégagea des nattes fl u |Teuveloppaient, sorte de bandelettes égypd<d l