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Tome premier.
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AUTOUR DU MONDE.

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linuait pas moins son œuvre difficile. En janvier1805, on prépara un catéchisme détaillé, et aumois de mars suivant on adopta l’alphabet quiservit de base aux traductions ultérieures.

On commençait à espérer desrésultats plus heu-reux, quand la trêve indéfinie qui régnait entreles chefs, brusquement rompue, fit place à de lon-gues et déplorables hostilités. Au mois de juin1807, les troupes royales tombèrent à l’impro-viste sur le district d’Ata - Hourou, ravagèrent,massacrèrent tout devant elles, chassèrent la po-pulation entière vers les montagnes et se retirè-rent avec les cadavres qui furent portés sur les au-tels d’Oro. Cette horrible expédition ne fut passur-le-champ expiée. Les chefs d’Ata-Hourou mé-ditaient depuis long-temps leur vengeance ; maiselle éclata enfin terrible et complète. Avant l’ex-plosion pourtant, les missionnaires avaient puse retirer sur le navire anglais Perseverance quise trouvait alors mouillé sur la rade. Le pasteurNott ne se rendit à bord que le dernier, ayantvoulu tenter un dernier effort auprès des rebellespour les réconcilier avec Pômare. Il échoua.

Alors commença la guerre désastreuse, con-nue , ^dans les annales de Taïti , sous le nomde Tamaï rahi in Arahau-Raïa ( grande guerrede Arahou-Raïa). Le chef des insurgés étaitTanta, ancien ministre du roi, alors son plusrude adversaire, et le guerrier le plus redoutéde tout l’archipel. Son nom seul était un .gagede victoire. Quand il quitta le parti de Pômare,celui-ci se tint pour battu. Il en versa des larmesde douleur. Cependant il ne voulut pas renoncerà la partie sans combattre. Conseillé par legrand-prêtre d’Oro, il prit même l’initiative ; ilattaqua son adversaire qui avait l’avantage dunombre et de la position ; mais, vivement re-poussé, il fut obligé de s’enfuir jusqu’à Pare,où il n’attendit pas l’ennemi. Il quitta Taïti et seréfugia à Wahine, où les missionnaires avaientdéjà cherché un asile.

Taïti et Taïarabou appartenaient aux re-belles; aucun chef de marque ne se présentaitplus pour les leur disputer. Leur premier actede possession fut entaché de sang et de ravages;ils foulèrent les districts de Pare et de Matavaï,ravagèrent les habitations des chefs du partiroyal, saccagèrent l’établissement des missions,pillèrent les objets de quelque valeur, fondirentles caractères d’imprimerie en balles, et roulè-rent les livres en cartouches, enlevèrent les ar-mes existantes ou en fabriquèrent d’étrangesavec les ustensiles de cuisine. Enivrés par lesuccès, ils espéraient davantage encore ; ilsépiaient l’occasion d’enlever le premier navire

qui se serait présenté, après en avoir massacréles officiers. Ce coup de main eut lieu en effetsur le schooner Venus qui ne put être prévenuà temps du péril ; mais le bonheur voulut quel’équipage, au lieu d’être égorgé sur-le-champ,fut réservé aux sacrifices du dieu Oro, ce quidonna le temps à l’Urama, navire anglais quisurvint, de sauver tout des mains de ces bar-bares , hommes et navire. La place n’était plustenable. A l’exemple de Taïti , les autres îlesétaient tourmentées par des factions turbulenteset diverses : une étincelle avait incendié toutesces têtes guerrières, et désormais, au milieu deces querelles flagrantes, des ministres de paixn’avaient plus de rôle à jouer. Aussi le 26 oc-tobre 1809, tous les missionnaires quittèrent-ilsl’archipel pour se rendre à Port-Jackson . On nelaissa que deux pasteurs , Haywood à Wahine ,et Nott à Eïmeo.

Ce dernier fit alors sa plus grande et sa plus dé-cisive conquête ; ce fut la guerre qui la lui valut.Dépossédé, malheureux , abattu, Pômare vivaità Eïmeo sans espoir pour l’avenir, sans conso-lation pour le présent. Il se trouvait dans unesituation d’esprit favorable à un enseignementreligieux. Le dieu Oro se déclarait contre lui ; ledieu chrétien pouvait lui être propice. Tel étaitl’argument religieux : l’argument politique avaitiwi côté plus péremptoire encore; la puissanceanglaise secourrait sans aucun doute un roi chré-tien et le réinstallerait sur son trône. Que ce fûtpar l’un ou par l’autre de ces motifs ou que la foilui fût venue d’en haut, Pômare n’en devint pasmoins un catéchumène du pasteur Nott, appli-qué comme un adolescent, apprenant à lire et àécrire pour ne rien ignorer des dogmes chré-tiens. Quand un homme de cette importance eutdonné l’exemple, les insulaires le suivirent àl’envi, et bientôt Eïmeo compta une foule debaptêmes et de conversions. Le prosélytismealla si bien et si.vite, que le pasteur Nott ne putplus suffire à l’église nouvelle ; il demanda desaides, et ses collègues revinrent à Eïmeo aucommencement de 1812.

A leur retenir, Pômare, voyant que les élé-mens existaient pour une grande péripétie re-ligieuse , résolut de consacrer par un acte pu-blic son adhésion officielle au culte nouveau.Voici comment il s’y prit. Un jour, on venaitde lui offrir une tortue, animal essentielle-ment tabou, et qui ne devait être préparé quedans l’enceinte du moraï, la part du dieu pré-levée. Au lieu d’attendre que la cérémonie ha-bituelle fût accomplie, Pômare ordonna decuire l’animal au four comme les viandes ordi-