29
\ “s
«N
■éPï*i
üsf&r
WP
*
•ÇiCt
Quant à Pendleton, habitué au kava, il le nulcomme si c’eût été du rhum.
Cette partie de kava, quoique faite avec uncertain appareil, n’avait pas toutefois l’impor-tance des grands kavas nationaux, réunions poli-tiques ou religieuses, auxquelles accourent lesplus grands chefs de l’île, et qui servent sou-vent de champ clos à des débats de préséance.L’Anglais Mariner est le premier qui ait racontécette cérémonie avec tous ses détails de formeset d’étiquette.
Dans ces grandes occasions, le chef qui pré-side au kava, et c’est toujours le plus élevé endignité, s’assied à deux ou trois pieds du bordde la maison sur la natte qui couvre le planches - ,et la figure tournée vers le malaï où se développele cercle des conviés. A côté de cette sorte deprésident, sont deux de ses mata-boulais, maî-tres de cérémonies du kava. Ensuite viennent leschefs suivant leur importance, puis les mala-boulais, enfin les mouas s’il y a lieu, classe in-férieure aux deux autres. Quelquefois la positiondes assistans se trouve modifiée par l’ordred’arrivée ; l’étiquette est moins dans ce fait quedans celui de la distribution. Au milieu du cercleet en face du président, se tient le manipulateurdu kava, un mata-boulai, un moua, ou un toua,ou quelquefois même un egui (Pl. V ■— 4).
On peut diviser le cercle du kava en deuxparties : l’une supérieure, au sommet de laquelleest le président et où s’asseoient les grandschefs; l’autre inférieure, où sont les chefs moin-dres et les autres convives. C’est autour de cettedernière que se tient le peuple formant ainsi uneespèce de cercle extérieur.
Cette section du cercle du kava en deux par-ties n’est point une chose imaginaire. Elle existe,e . e 5ert à créer une nouvelle sorte de catégo-ries. Ainsi un jndividu, quel que soit sou rang,
ne peut s’asseoir dans le cercle supérieur si sonpère, ou un parent supérieur à lui, se trouvedans le même cercle à quelque distance que cesoit. Si, au moment où son père arrive, cet in-dividu est déjà placé, il doit se retirer sur-le-champ et se placer dans le cercle inférieur.
Quand tout le monde est assis, l’un des maî-tres de cérémonies appelle un des serviteurs, quientre par le fond du cercle. Sur l’ordre reçu, ilapporte la quantité de kava nécessaire, la dé-pose aux pieds du président; puis, à un autresignal, il la remet au préparateur du kava. Lesfonctions de celui-ci commencent : il brise lekava en petits morceaux, le nettoie avec descoquilles aiguisées ; puis se dispose à le confieraux masticateurs de bonne volonté. Jusque-làle silence a régné ; mais dès que le préparateura remis quelques paquets de kava à ses voisins,un cri général s’élève : Maï ma kava! mai, maïma kava! maï e kava! (donnez-moi du kava !donnez- moi du kava ! ) Pour cet office on choisitles meilleurs râteliers de la bande, les dents lesplus saines et les plus jeunes. Le kava se mâcheainsi à la ronde, et se dépose sur des feuilles debananier, d’où on le porte dans le bol com-mun. Quand ce travail est terminé, le plus grandsilence s’établit de nouveau.
Alors le préparateur incline un peu le bol, lemontre au président, et dit : Koe kava henigoua ma (voici le kava mâché); à quoi le chef,s’il trouve la dose suffisante, répond : Palou(mêlez). Alors deux aides se placent à coté dupréparateur : l’un verse l’eau, l’autre chasse lesmouches. Le mata-boulai maître de cérémonies,qui siège à côté du président, commande l’opé-ration comme on lé ferait pour la charge endouze temps : Lingui a mai (verse de l’eau);maou, e waï (assez d’eau); palou guer tataou, beaJ~aka maou (mêle bien partout également .et ras-