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[Tome second.]
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OCEANIE.ILES TONGA .

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Quant à Pendleton, habitué au kava, il le nulcomme si ceût été du rhum.

Cette partie de kava, quoique faite avec uncertain appareil, navait pas toutefois limpor-tance des grands kavas nationaux, réunions poli-tiques ou religieuses, auxquelles accourent lesplus grands chefs de lîle, et qui servent sou-vent de champ clos à des débats de préséance.LAnglais Mariner est le premier qui ait racontécette cérémonie avec tous ses détails de formeset détiquette.

Dans ces grandes occasions, le chef qui pré-side au kava, et cest toujours le plus élevé endignité, sassied à deux ou trois pieds du bordde la maison sur la natte qui couvre le planches - ,et la figure tournée vers le malaï se développele cercle des conviés. A côté de cette sorte deprésident, sont deux de ses mata-boulais, maî-tres de cérémonies du kava. Ensuite viennent leschefs suivant leur importance, puis les mala-boulais, enfin les mouas sil y a lieu, classe in-férieure aux deux autres. Quelquefois la positiondes assistans se trouve modifiée par lordredarrivée ; létiquette est moins dans ce fait quedans celui de la distribution. Au milieu du cercleet en face du président, se tient le manipulateurdu kava, un mata-boulai, un moua, ou un toua,ou quelquefois même un egui (Pl. V 4).

On peut diviser le cercle du kava en deuxparties : lune supérieure, au sommet de laquelleest le président et sasseoient les grandschefs; lautre inférieure, sont les chefs moin-dres et les autres convives. Cest autour de cettedernière que se tient le peuple formant ainsi uneespèce de cercle extérieur.

Cette section du cercle du kava en deux par-ties nest point une chose imaginaire. Elle existe,e . e 5ert à créer une nouvelle sorte de catégo-ries. Ainsi un jndividu, quel que soit sou rang,

ne peut sasseoir dans le cercle supérieur si sonpère, ou un parent supérieur à lui, se trouvedans le même cercle à quelque distance que cesoit. Si, au moment son père arrive, cet in-dividu est déjà placé, il doit se retirer sur-le-champ et se placer dans le cercle inférieur.

Quand tout le monde est assis, lun des maî-tres de cérémonies appelle un des serviteurs, quientre par le fond du cercle. Sur lordre reçu, ilapporte la quantité de kava nécessaire, la dé-pose aux pieds du président; puis, à un autresignal, il la remet au préparateur du kava. Lesfonctions de celui-ci commencent : il brise lekava en petits morceaux, le nettoie avec descoquilles aiguisées ; puis se dispose à le confieraux masticateurs de bonne volonté. Jusque-le silence a régné ; mais dès que le préparateura remis quelques paquets de kava à ses voisins,un cri général sélève : Maï ma kava! mai, maïma kava! maï e kava! (donnez-moi du kava !donnez- moi du kava ! ) Pour cet office on choisitles meilleurs râteliers de la bande, les dents lesplus saines et les plus jeunes. Le kava se mâcheainsi à la ronde, et se dépose sur des feuilles debananier, d on le porte dans le bol com-mun. Quand ce travail est terminé, le plus grandsilence sétablit de nouveau.

Alors le préparateur incline un peu le bol, lemontre au président, et dit : Koe kava henigoua ma (voici le kava mâché); à quoi le chef,sil trouve la dose suffisante, répond : Palou(mêlez). Alors deux aides se placent à coté dupréparateur : lun verse leau, lautre chasse lesmouches. Le mata-boulai maître de cérémonies,qui siège à côté du président, commande lopé-ration comme on ferait pour la charge endouze temps : Lingui a mai (verse de leau);maou, e waï (assez deau); palou guer tataou, beaJ~aka maou (mêle bien partout également .et ras-