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pénétrer dans l’intérieur et d’assommer le tyrande sa main. Cela fut fait ainsi. L’énergiqueconspirateur alla jusqu’à sa-victime , et, pourqu elle sût qui la frappait, il réveilla Tougou-, et lui dit : « C’est moi , c’est Toubo-Niouha; » puis, d’un coup de casse-tête, il l’é»tendit raide mort. Une scène de carnage suivit°e premier meurtre , et toute la famille du houy périt, si ce n’est un enfant de trois ans, filsadoptif de Toubo-Niouha, que ce dernier sauva
du désastre.
Cette petite poignée d’hommes avait suffipour conduire le complot à bonne fin ; mais elleétait insuffisante pour attendre sur les lieuxmêmes l’attaque des amis et des parcns de lavictime. Toubo-Niouha et Finau se retirèrentdonc dans le district de Hagui pour surveiller lesmouvemens de leurs adversaires. A la nouvelledu grand massacre, Tonga-Tabou s’émut toutentière. De tous côtés, la conque de guerre ap-pela les combattans aux armes ; on prêcha unesorte de croisade contre les assassins. Ceux-ci,
de leur côté, réunirent leurs forces de terre etde mer ; ils surprirent et dispersèrent la flotteennemie, débarquèrent à Iiifo et engagèrentl’action avec les troupes campées sur cette plage.Après une lutte opiniâtre, Finau et son frère eu-rent le dessous ; ils se retirèrent de nouveau àHagui; mais là le hasard leur amenait un puis-sant allié. C’était Touï-Hala-Fataï, le vainqueurdes îles Viti, le plus grand guerrier de Tonga .Touï-Hala-Fataï , à la tète de hardis aventurierscomme lui, avait fait deux ans la guerre auxYitiens, peuples farouches et courageux, dontil avait dévasté les terres, ravagé les cases,égorgé les populations. Il revenait, las de succèset de pillage, à Tonga-Tabou, dans le momentmême où Finau et son frère cédaient à la forceet au nombre. Qu’on juge de la joie des vaincusquand vinrent s’offrir à eux, comme alliés, deshommes ne respirant que la guerre et enchantésde la retrouver sur le sol natal ! L’intrépide cheftte ces aventuriers était atteint d’une maladie
mortelle ; mais il lui restait un jour entier poucombattre : il voulut l’utiliser.
Aussi la guerre reeommença-t - elle le lendemain 29 mai. Touï-IIala-Fataï, Finau et ToubcÎNiouha se dirigèrent sur Hifo ; et^ leurs adveisaires, non moins bien disposés à la batailleleur épargnèrent la moitié du chemin. Ai rive c.présence , on se reposait un instant par unsorte d’accord tacite, lorsque, impatient dtout délai, Touï-Hala-Fataï s’élança avec seguerriers contre un parti ennemi. L’élan une foidonné, l’affaire devint générale. Elle fut achat
T. II.
née et sanglante, héroïque et grande des deuxparts. Les trois chefs, Touï-Hala-Fataï, Toubo-Niouha et Finau, rivalisèrent en prodiges devaleur. L’aventurier, se sentant condamné parla maladie, voulait périr ; il se fit un lit de ca-davres sur lesquels il tomba agonisant et percéde vingt coups de lance. Plus fort et plus vigou-reux, Toubo-Niouha restait debout au milieu dequarante hommes tombés sons son casse-tête ;non moins brave, mais plus prudent, Finaumesurait ses coups, et n’en portait que de plussûrs. Animés par ces trois chefs, leurs guer-riers firent des merveilles ; l’ennemi fut battu.
Mais cette victoire, coûteuse pour Finau, n’of-frait pas des résultats assez décisifs pour qu’ilattendît sur l’île une nouvelle attaque des par-tisans du /wu égorgé. Il se retira dans ses Etatsde Hapaï, vainquit, en deux rencontres à Na-mouka, les guerriers de Tougou-Aho, et con-solida ainsi sa domination sur tout cet archipel,désormais indépendant. Cette révolution n’eutpas lieu sans une réaction contre les vain-cus. Divers eguis ou mata-boulais furent enbutte à d’horribles vengeances. On les jeta partroupes dans des pirogues qu’on coulait ensuiteou qu’on abandonnait en pleine mer ; ou bien,nus et dépouillés, on les liait à des pieux en-foncés dans le sol et on les laissait périr de faim.Les naturels de cette zone croient encore enten-dre les plaintes de ces victimes dans les bruisse-mens de la vague.
Tranquilles à Hapaï, Finau et Toubo-Niouhasongèrent à la soumission de Yavao. Le chef deces îles, au nom de Tougou-Aho, voulut bienrésister d’abord aux vainqueurs, lasser leur patience par des escarmouches journalières ; mai.cette guerre de partisans ne dura que deux se-maines, au bout desquelles Finau resta le maîtrede la grande île. Il y laissa, comme vice-roitribulaire, son frère et allié Toubo-Niouha, etrevint dans sa résidence de Hapaï méditer l’in-vasion de Tonga-Tabou.
Tonga-Tabou était alors livrée à une déplo-rable anarchie. Tougou-Aho n’ayant point laisséd’héritier direct, des collatéraux se disputaientsa puissance. L’île était divisée en vingt partis,qui tous attiraient à eux quelques lambeaux d’in-fluence et d’autorité. Au lieu d’un roi, on avaitdouze rois, tous retranchés dans leurs forteresses, ;et se menaçant, s’attaquant, sans que la questionde prépondérance fût jamais résolue. Ballottésentre ces roitelets d’un jour, opprimés par leplus grand nombre, défendus à peine par quel-ques-uns, les missionnaires eurent à lutter con-tre les dangers d’une position aussi critique,
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