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[Tome second.]
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7.1

VOYAGE TlTTORESQUE AUTOUR DU.MONDE.

miner les ornemens à mesure quon les appor-tait. Nous les admirâmes ainsi un à un jusquaumoment, pour dernier raffinement, onversa des Ilots dhuile de coco parfumée de boisde sandal sur leurs têtes, sur leurs épaules, surleur cou et sur le reste de leur corps. CeB fem-mes nous parurent modesles, mais affables. Lafille de Parton présidait à lune des danses, sasœur à lautre. Cétaient deux charmantes créa-tures de quinze ans environ. Le touï-tonga pré-sida à lune des danses dhommes ; son fils, en-fant de onze ans, à une autre. Il faut de la vi-gueur pour danser et chanter en même temps,surtout vers la fin des figures. Jessayai dac-compagner le chant durant un quart-dheure,et jen fus fatigué, quoique assis. Les hommesétaient vêtus uniformément, à part les chefs desbandes ; ils navaient de découvert que les bras.Le reste était entouré détoffes. La quantité detapa enroulé autour de la ceinture était si con-sidérable, quelle se projetait de six pouces au-dehors, et masquait entièrement les formes. Aonze heures et demie la danse cessa. »

De Tonga-Tabou, le capitaine Waldegrave sedirigea sur Vavao, pour y prendre des rensei-guemens sur deux navires baleiniers dont leséquipages avaient été récemment attaqués parles naturels. Le Seringapalnam attérit sur legroupe le 4 juin au soir : dès le lendemain,Waldegrave descendit à terre pour demanderraison aux chefs du pays de linsulte faite aupavillon britannique. Laissons parler le capi-taine : %

« On me conduisit, dit-il, dans une grandemaison à kava, je trouvai le roi assis. UnAnglais nommé Brown était à sa gauche ; dechaque côté se rangeaient les principaux chefs,et en face les moins élevés en rang. Autour dela maison, sur la pelouse entre le faï-toka dufeu roi et la maison du kava, se groupaient troismille hommes du peuple. Le roi me pria clemasseoir. Debout devant lui, avec mon cha-peau sur la tète, ainsi que mes officiers, je lui pondis : « Le roi George menvoie pour vousdemander, Finau, pourquoi vous avez massacréle capitaine de l'Elisabeth et les baleiniers duRambler; puis-je masseoir jusquà ce que vousmayez dit pourquoi vous avez commis ces horri-bles meurtres ?» A ces mots, Finau se mil à trem-bler autant de crainte que de colère. Cétait lapremière fois quon linterrogeait de la sorte de-vant son peuple. «Voyez ce prêtre (un mission-naire), ajoutai-je, il vous dira que je ne suis pas.venu pour punir, mais pour informer sur ces ac-tes. » Alors Finau déclara, dun son de voix fort

bas, que le maître du Rambler et lui avaientcommercé fort amicalement, quanddeux hommesde léquipage vinrent à déserter. Au lieu de leslui demander à lui, le roi de lîle, le maître vou-lut obtenir raison par la force, et fit feu sur leshommes du rivage. Les déserteurs furent ren-dus; mais le capitaine ayant commis ensuitelimprudence de reparaître à terre, le peuple sesouleva, et le massacra ainsi que léquipage deson canot. Quant à lElisabeth, suivant Finau,ses premières relations avec le rivage avaientété si amicales, que le maître charmé lui avaitpromis le don dun mousquet. Mais au momentde partir, le maître refusa le mousquet; alorsFinau se prit à réfléchir : « LElisabeth, commele Rambler, se dit-il à lui-même, va faire feu surle peuple ; il vaut mieux le devancer; » et il tualemaître et quelques matelots. Du reste, il ajoutaquil était très-fâché davoir agi de la sorte, etquil ne recommencerait plus. « Bien, répli-quai-je à cette explication, jinformerai le roiGeorge de ce que vous me dites. Pardon-nez-vous ? insista Finau. Je nai pas le droitde pardonner ; je suis venu pour informer seu-lement.-Boirez-vous le kava?» Je me découvriset maccroupis à ses côtés. Le peuple salua cetacte par une vive acclamation : fe kava fut ap-porté, et jen pris ma part. Puis Firiau mayantinvité à passer la nuit à terre, jen délibérai avecmes officiers, et jacceptai loffre.

» Après le kava, nous nous retirâmes dansune case remarquable par sa propreté et sa jolieapparence : une double natte de fibres de cococouvrait le plancher. Le roi me pria de fairesortir mes officiers , et pendant trois heures ilme répéta lhistoire du massacre, et me renou-vela ses regrets. Après le dîner, il voulut merendre témoin de son adresse : il prit un fusil,manqua tous les oiseaux sur lesquels il tira, etfinit par tuer une malheureuse poule qui futplumée, rôtie et mangée sur-le-champ. Un autrekava eut ensuite lieu. Pendant quil durait, Fi-nau me demanda mon chapeau avec tant dins-tance que je le lui donnai. Le soir nous eûmesune danse dans la grande maison de kava ; etaprès deux nouveaux soupers, nous gagnâmesla case nous devions passer la nuit. Le joursuivant, après le déjeuner, je lui proposai devenir à bord avec moi; il y consentit; mais sonministre vint me prier de donner ma parolequil serait permis au roi de retourner a terre.Joffris un otage, et jajoutai : « Mon chirur-gien va à quatre milles dici, dans 1 intérieur delîle, pour visiter votre neveu favori ; mon cha-pelain laccompagne; les laisserais-je entre vos