OCEANIE.—
cond fds, sa fille âgée de quatorze ans, et unde ses serviteurs. Ces délégués devaient récla-mer le tribut accoutumé que les prêtres de Ro-touma payaient à ceux de Tonga-Tabou. Déjà,trois ans auparavant, Fakâ-Fanoua avait envoyéau même lieu son fils aîné, et il semblait désirervivement d’avoir quelques nouvelles de ce jeunehomme.
Le dernier navigateur qui, à notre connais-sance, ait visité l’archipel de Tonga , est le capi-taine anglais Waldegrave, du sloop de guerre leSeringapalnam. Mouillé àPangaï-Modou, vers lafin de mai 1830, ce capitaine n’y eut avec lesnaturels que des relations constamment pacifi-ques. Suivant lui, à cette époque, le louï-longaavait reparu à Tonga-Tabou ; et quoique Tahofay fût encore le chef le plus influent et le plusobéi, une sorte de réaction avait eu lieu en fa-veur de Tôubo, resté toujours chrétien ferventet dévoué. On lui avait rendu ses prérogativesde famille.
Comme les navigateurs les plus favorisés,Waldegrave put assister à quelques fêles, àune entre autres que donna au touï-tonga unchef de Mori nommé Parton, à son retour desîles Hapaï. En voici la relation :
« A neuf heures du matin, le touï-tonga s’é-lait assis sous une vaste maison à kava, bâti-ment ovale ouvert de toutes parts, et ses offi-ciers s’étaient rangés sur les côtés. A sa droitese plaça une femme âgée, chargée de le servir.Le bâtiment n’était pas tout-à-fait au milieu det’enclos. En face et à vingt-cinq toises environdu touï-tonga, étaient disposés par terre deuxgrands verres à kava, et de chaque côté, endemi-cercle, se tenaient accroupis les chefs etles principaux personnages. Derrière eux, lereste de l’assemblée était debout. Une sorted’échanson en chef, à gauche du touï-tonga, an-nonçait à haute voix le nom de la personne àlaquelle chaque coupe de kava devait être por-tée, à mesure qu’elle était remplie, et les por-teurs allaient la présenter en s’accroupissant.Le kava fini, une partie de jeu eut lieu entredeux bandes de chefs, chacune de vingt in-dividus : le touï - tonga se trouvait dans l’uned’elles. Le jeu consistait à ficher perpendiculai-rement des lances sur un pieu épais d’un piedenviron et plante dans le sol. Le premier en-voya sa lance horizontalement, puis les autresde manière à ce que leurs pointes tombassentdans un sens vertical. C’était un tour d’adressefort difficile : sur vingt lances, cinqseulement réus-sirent dans l’une et l’autre bande. La partie étaiten trente coups, mais aucune des deux troupesT. II.
11 ’atteignit ce nombre, quoiqu’on eut recom-mencé plusieurs fois. Le touï-tonga planta unelance et Parton deux. Le joueur se place àquinze pieds environ de la marque, et vise en-suite à toucher d’une manière perpendiculairecette sorte de cible. Quand le jeu fut fini, onporta dans l’enceinte des cochons que l’oncompta, et que le touï-tonga distribua ensuite;nous en reçûmes quatre avec des ignames àproportion. Après le dîner, les danses com-mencèrent : à la nuit on se réunit de nouveaudans l’enclos, qui fut éclairé par des hommesportant des torches. La cour, placée au centredu cercle, consistait en trente ou quarantehommes. Le chef d’orchestre avait trois bambouscreux placés à terre, sur lesquels il battait ; d’au-tres luisaient la basse en frappant contre le sold autres bambous fermés dans leur partie infé-rieure ; d autres claquaient des mains en guisede cymbales : le chef chantait une note de té-nor, dont le son se faisait entendrê sans inter-ruption. J’essayai en vain d’apprendre com-ment cela s’exécutait ; la mesure était parfaiteet les voix en cadence très-exacte. Durant cinaheures le chœur ne changea que deux fois. Ladanse commença par des femmes rangées encercle, faisant face au chœur, observant.parfai-tement sa mesure , et l’accompagnant avecun chant. Les mains et la tète dans un mouve-ment perpétuel, ces femmes gardaient les atti-tudes les plus gracieuses, tantôt se détournantlégèrement, d’autres fois faisant un tour en-tier ou un demi-tour sur elles-mêmes de la façonla plus harmonieuse. Quatre-vingts femmes figu-rèrent dans chaque danse, et chacune d’ellesremuait la tête au même instant et de la mêmemanière. La mesure lente d’abord devint, pardegrés, plus vive, jusqu’à ce qu’elle se précipi-tât rapidement. De la tête aux pieds, le corpssemblait convulsionné ; enfin cette danse finitpar une acclamation générale.
» Une autre danse, avec un nombre égal defemmes , suivit celle-là et fut suivie par quatredanses d’hommes. La seule différence des unesaux autres, c’est que les hommes agitaient fré-quemment leurs pieds , tandis que les femmesles détachaient à peine du sol. Cela formait unspectacle charmant. Les femmes n’étaient vêtuesque de la ceinture aux pieds , les bras et lesein nus, et découvrant ainsi leurs beaux bustesaux regards des spectateurs. L’habillement, richeet drapé avec goût, consistait en bandes de tapa,ornées de verroteries et de fleurs. Nous prîmesbeaucoup de plaisir à assister à leur toilette, etce fut sn passe-temps agréable pour nous d’exai
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