OCEAN iK. — NOUVELLES-HEBRIDES.
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avait neuf pieds de diamètre, et dont les bran-ches s'étendaient à au moins cent vingt piedsde tous côtés d'une manière très-pittoresque( Pl. XIII — 4 ). Au pied de ce bel arbre quiconservait toute sa vigueur, une petite famille,assise autour d’un feu, rôtissait des bananes etdes ignames. Ces Indiens s’enfuirent dans unehutte'à notre approche ; mais quand Paowangleur eut dit qu’ils n’avaient rien à craindre, ilsrevinrent. Les femmes et les filles, cependant,se tinrent fort loin, et jetèrent sur nousun coup-d’œil furtif de derrière les buissons.Nous nous assîmes parmi eux, et ils nous offri-rent quelques-unes de leurs provisions , aveccette hospitalité qui nous avait enchantés sur lesautres îles ; leurs cabanes n’étaient, à propre-ment parler, que de grands hangars. Le toit,qui forme un faîte au sommet, descend jusqu’àterre : elles sont ouvertes aux deux extrémités,où il n’y a qu’une claire-voie de roseaux et de bâ-tons d’environ dix-huit pouces de haut. L’éléva-tion du faîte, dans les plus vastes, était de neufou dix pieds, et la largeur, sur le plancher, entreles toits, d’à peu près autant : la longueur étaitconsidérable, et surpassait trente-cinq pieds. Laconstruction de ces cabanes est très-simple :des pieux plantés en terre se recourbent les unssur les autres en deux rangées, et sont attachésensemble : ils mettent par-dessus plusieursnattes de feuilles de noix de coco, qui formentune couverture suffisante contre l’inclémencede r air : nous n’y vîmes m meubles ni usten-siles. Le plancher était revêtu d’herbes sèches,et, en quelques endroits, de nattes de feuillesde palmier..Nous observâmes aussi que la fuméeavait noirci tout l’intérieur, et nous trouvâmesdans chaque habitation plusieurs foyers : aumilieu, trois grands bâtons de tiges de cocotieret joints au sommet par des lattes de traverse,étaient debout les uns près des autres : un grandnombre de petits bâtons y étaient attachés de-puis le sommet jusqu’à neuf ou dix pieds deterre, et ils portaient de vieilles noix de coco :comme ils se servent de l’huile de l’amande etqu’ils font des bracelets avec la coque, ils lessuspendent probablement ainsi pour les con-server.
» Les naturels voyant que, tout en regardantleur hutte, nous ne leur faisions aucun mal,nous ne déplacions et ne prenions rien, sefamiliarisèrent bientôt avec nous; et les petitsgarçons de six à quatorze ans qui, jusque-là, s’é-taient tenus de côté , s’approchèrent et nouspermirent de leur prendre la main. Nousleur donnâmes des médailles, des rubans de
soie et des mouchoirs d’étoffes de Taïti , quinous concilièrent entièrement leur affection etbannirent le reste de leurs frayeurs et de leurréserve. Ayant appris les noms de tous, nousles conservâmes dans notre mémoire, et cet arti-fice nous servit à gagner leurs bonnes grâces :ils étaient transportés de joie dès que nous noussouvenions d’eux, et ils accouraient dès que nousles appelions. Quand nous eûmes passé quelquesheures avec eux, nous nous mîmes en marchepour retourner à la grève» et le vieux Paowangne se souciant pas de nous accompagner, parceque le soleil allait se coucher, ordonna à deuxou trois jeunes gens de nous indiquer la routela plus courte.
» L’espèce singulière de solfatare de la col-line occidentale occupait si fort notre attention,que nous nous y rendîmes le jour suivant 12 aumatin. Quelques officiers nous accompagnèrent.Le volcan continua à gronder toute la journée,et à vomir des quantités prodigieuses de petitescendres noix’cs, qui, examinées de près, furentreconnues pour être des schorls en forme d’ai-guilles à demi-transparentes. Tout le pays étaitjonché de ces particules, et, en herborisant, ellesfurent très-nuisibles à nos yeux , parce que cha-que feuille en était entièrement couverte. Il fautdire que le volcan et ses provenances semblentcontribuer beaucoup à cette richesse de végé-tation, qui est si remarquable sur cette île. Plu-sieurs plantes y prennent deux fois la hauteurqu’elles ont dans les autres contrées ; leursfeuilles sont plus larges, leurs fleurs plus gran-des et leur parfum plus fort.
» Nous atteignîmes bientôt le premier endroitd’où jaillissait la fumée ; mais, voyant au-des-sus de nous des naturels, nous montâmes verseux sans nous arrêter. C’étaient les mêmes quinous avaient si bien traités la veille; et dèsqu’ils nous découvrirent, ils envoyèrent troisd’entre eux dans l’intérieur du pays. M. Hodgcsdessina des points de vue, tandis que nous exa-minions des plantes, et que nous suspendionsun thermomètre sur un arbre à l’ombre. Cethermomètre se tenait à 25°,6 (centigrade) àbord du vaisseau, à huit heures et demie, tempsde notre départ. Comme celui qui le portait l’a-vait appuyé près de son corps, il s’était élevé à30°,6 ; mais après avoir été suspendu pendantcinq minutes à un arbre, à trente pas de la sol-fatare, il resta à 26°,T. Nous fîmes un trouen terre, assez profond pour contenir le ther-momètre dans toute sa longueur, et le tenantdans ce trou au bout d’un bâton, il monta en
une demi-minute à 78°. Nous le laissâmes quatre