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[Tome second.]
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VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MONDE.

lieues de circuit, et les autres seulement cinqou six. La plus petite, qui est la plus à LE., esttrès-reconnaissable par une montagne en painde sucre. Nul navigateur après Bligh na revuces îles dont la forme et la position sont par con-séquent encore incertaines. Lat. S. du 13° 27au 14° 11. Long. E. du 166° 3 aul66°?Peut-être sont-ce les mêmes terres que vit Qui-ros avant daborder lile du Saint-Esprit.

1. Bligh, découverte par Bligh en 1789, terrede moyenne hauteur et de peu détendue. Lat.S. 13° 50. Long. E. 165° 17.

CHAPITRE XIV.

TIKOPI A.-VANIKOltO.

LOceanic, ballotté par les vents contraires,était donc arrivé le 15 juin dans lespace comprisentre les îles Fataka et Tikopia . Fataka nousapparaissait sous la forme dune mitre, ' quilui fit donner, en 1791, par le capitaine Edwards,son découvreur, le nom dileMitre. Depuiscette époque, elle fut'revue, en 1822, parlerusse Kroucheff; en 1827, par Dillon; en 1828,par dUrville, qui en fil la reconnaissance. Cedernier capitaine la place par 11° 55 lat S. et167° 48 long. E. Il constata que cétait un ro-cher dun mille détendue au plus, médiocre-ment boisé , escarpé, haut de soixante à quatre-vingts toises. Il se compose de deux mondrainsinégaux, suivis au N. dun rocher presque déta-ché, délié, cylindrique, et percé à jour dans lemilieu. Dillon raconte que les habitans de Tiko­ pia regardent cet îlot comme une annexe deleur île : ils sy rendent une fois lannée à lé-poque des vents dO. pour y faire la chasseaux oiseaux et la pêche aux requins, afin de re-cueillir les plumes des uns, les dents des autres.Pour quon ne leur enlevât pas lîle qui fournit àcette double spéculation, ils ont eu le soin denraser les cocotiers. Fataka est restée ainsi in-culte et déserte.

Au moment cet îlot disparaissait, nousvîmes, comme un point à lhorizon, lîle Auou-da, découverte en 1791 par Edwards qui lanomma ( herry , revue par Kroucheff en 1822et en 1828 par dUrville. Cest une petite îlepeu élevée, ayant trois milles de circuit au plus,et peuplée par une trihu polynésienne . Le capi-taine dUrville a fixé sa position par 11» 37.lat. S. et 167° 27 long. E.

Cjs deux îlots, avec les deux bancs Pandoreet Charlotte , découverts le premier par Edwardsen 1791, le second par ,Gilbert en 1788, pa-raissent être des points culminans de la chaîne

sous-marine qui dans lE. se prolonge par lesîles Rotouma, Wallis, AIlou-Fatou et Hamoa,et qui, dans lO., a pourpoint dattache Tikopia ,Vaiiikoro, Nilendi et les îles Salomon.

Pendlelon avait donné la roule de manière àpouvoir ranger Tikopia depuis long-temps envue, quoiquelle fût à une distance de quinzelieues. Arrivés vers les deux heures de lapi ès-midi à un mille au S. O. de lîle, nous vîmesquelle avait plus dapparence que détendueréelle. On ne pouvait guère lui assigner plus dequatre à cinq milles de circuit ; mais, dans cet es-pace étroit, quelle végétation élégante et vigou-reuse ! On eût dit un bouquet darbres au milieudune prairie immense, une de ces îles artifi-cielles comme on en crée sur les lacs et sur lesbassins (Pl. XV- 1).

Une fois à labri de lîle, Pendleton mit enpanne pour attendre une pirogue qui sétait dé-tachée du rivage. De loin on pouvait voir quedes sept individus qui la montaient, un seultranchait avec les autres par la couleur de sapeau et la forme de ses vètemens. Quand lem-barcation accosta on sut le mot de lénigme. Cethomme distinct des autres était un Anglais , unnommé John Paterson , quelque déserteur sansdoute, échappé de la geôle de Port-Jackson , maisqui se donna à nous comme un matelot laisséà terre par son capitaine dans un but commercial.

Peu nous importait qui il fût et d il vînt,pourvu quil satisfît notre curiosité. Paterson ymit de la bonne grâce. Il nous raconta quil était -fort bien chez ces insulaires, peuple sociable etdoux; il nous présenta son patron Tafoua, quireçut avec gratitude les cadeaux de Pendle-ton. Enchauté du rapport de cet Anglais , le ca-pitaine allait faire mettre le canot à la mer pouraller visiter lui-même la plage , quand Patersonlarrêta: « Non, dit-il, on ne vous laisserait pasdébarquer. Pourquoi cela, insista Pendleton,puisque vous les dites bienveillans et hospitaliers?Oh ! pourquoi ! Cest une longue histoire. Desétrangers ont abusé de leur hospitalité, et ils sedéfient aujourdhui. Il y a quelques années , unnavire portant le pavillon blanc, et ayant à bordbeaucoup dhommes et de canons, parut devantTikopia . Un canot accosta la terre, et les natu-rels allèrent à bord. Le navire emporia cinq deces insulai- es et disparut dans louest. Puis peude temps apiès une maladie épidémique sévitdans toute lîle; elle moissonna le quart de sapetite population. Celte calamité, suivant lesTikopiens, était lœuvre du mauvais esprit quisétait glissé dans lde avec le navire au pavillonblanc. Ainsi tout batiment devant ou pouvant