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[Tome second.]
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260 VOYAGE PITTORESQUE

las longifolia ), le gaga mirrha ( rhododendron ).Enfin parmi les plantes, on remarque le kam-bang malan ( pohjanthes tuberosa) , le poukelampal ( mirabilis ja/appa), le patjar Ijtna ( impa-tiens balsamina), le kambang soré ( mirabilis di-chotoma) , le kambang sahane ( vtnea rosea ).Quant aux légumes , ce sont les Chinois qui entiennent le monopole. Les potagers quils cul-tivent fournissent tontes les espèces communesdans leur patrie : des carottes, des haricots, deschoux, des pois, des concombres, des raves, desasperges, du pourpier, des épinards, des oi-gnons. des laimes, etc.

Au nombre de ces végétaux, il en est un quia long-temps servi de thème aux contes les plusétranges et les plus absurdes. Cest le puhon a pas,ou arbre à poison. Les voyageurs des xvn u etxviii e siècles ne tarissaient pas sur ses propriétésmalfaisantes, sur sou énergique et soudaine ac-tivité. A les croire, larbre qui porte ce poisoncroissait isolé au milieu dun désert, tuaut toutevégétation à la ronde. Un oiseau volant au-dessus de sa cime était frappé de mort; unhomme passant sous son ombre était presquetoujours engourdi ou asphyxié. Pour obtenir lesuc vénéneux de cet arbre, ou s adressait auxmalfaiteurs condamnés aux derniers supplices ;et ces malheureux succombaient presque tousdans cette périlleuse récolte.

Ces fables aujourdhui font sourire les iiatm-ralistes. I ,epahon upas, ou arbre à poison, sem-ble être une espèce de strychnos ou dantiaris,dont les qualités vénéneuses sont definies etbien connues. Deux sortes darbres semblentsurtout propres à cette famille de végétauxmortels. Lun est 1arbor loxuana de Hum-phius, nommé anliar à Java, il croit dansles provinces orientales. A Bornéo et à Ce-lèbes , il appartient à la monoécie. La fleurmâle a un calice écailleux , imbriqué, point decorolle, plusieurs fdamens courts en étamines, etcouvei ts par les écailles du réceptacle , dont laforme conique, oblongue, est un peu arrondie àlextrémité. La fleur femelle na point de co-rolle; elle a un seul germe, ovoïde, élevé, deuxstyles longs , un seul stigmate aigu. Les feuillessont alternes et oblongues. \Jarbur toxicnria estlun des plus grauds végétaux de Java. Sa tigenue, cylindrique et perpendiculaire, sélèvejusquà quatre - vingts pieds ; lécorce a unpouce et demi dépaisseur dans sa partie infé-rieure; lorsquon y tait une piqûre ou une inci-sion , il en découle une liqueur jaunâtre qui estle poison, liqueur plus dangereuse au toucherque celle du rit as radicuns dEurope . Le liber

AUTOUR DU MONDE.

est tellement filamenteux quil pourrait rem-placer le morus papyiifrra.

Lautre arbre à poison (le tiruté de Lesche-naull) est plutôt une liane qu'un arbre. Sa ligegrimpe le long des troncs des arbres qui lavoi-sinent; dun pouce et demi de diamètre et par-faitement cyliudrque, elle laisse suinter duneécorce dun brun rougeâtre une liqueur acre etnauséabonde. Cette liqueur est le poison. Lesbranches terminales sont opposées; les feuillessont pinnées en deux ou trois paires, ovales, unpeu lancéolées, entières, finissant en pointe:complètement lisses en dessus elles ont en des-sous quelques veines parallèles ; les pétioles sontcourts et recourbés quelquefois. Le tieuté rampeà lombre , mais lauliar couvre tout le voisinage.Le suc vénéneux extrait de ces arbres sert à empoi-sonner des cris et surtout des flèches très-mincesen bambou qui se lancent avec îles sarbacanes.A diverses reprises, des expériences ont étélaites sur leffet de ces armes empoisonnées.Un chien mourut une heure apiès avoir étéfrappé, une souris en dix minutes, un singe ensept minutes, des poules en dix minutes, unbuffle énorme en deux heures et dix minutes.

La zoologie de Java offre aussi un riche et longcatalogue. En tète des animaux utiles du pays, ilfaut placer le buffle ( karbow, en malais; man-dmg, dans lidiôme des montagnes ). Le buffleest, dans larchipel indien, léquivalent du bœufen Europe . Sa chair est un des alimens les plussains et les plus recherchés du pays; il laboureles champs et transporte les récoltes; on laltèlemême au besoin a des voitures, et il devient ainsibête de trait dans les passages diffieiles. Le bufflede Java est de la grande espace, à poil ras, illongues cornes placées horizontalement ; il y ena de blancs et dun noir bleuâtre; ces dernierssont plus estimés, plus vigoureux et dune chairmeilleure. La chair des buffles blancs nest pasun aliment aussi sain. Le buffle se plaît dansleau ; il passerait sa vie couché dans une rivière.11 aime à être lavé plusieurs fois par jour; et lesoir , quand ou le détèle, il court à la mare laplus prochaine, sy plonge avec delices, ne gar-dant souvent hors de leau que son museau pouraspirer lair. Cet animal, si utile à Java, mérite-rait que lon y encourageât davantage sa multi-plication. Les indigènes font peu de cas du tau-reau et de la vache, et cest seulement dans quel-ques districts de lintérieur que ces animaux fontpartie de léconomie rurale . Ils réussissent mieuxà Maduro et dans les résidences de lE. CependantBatavia et Buitenz.oorg élèvent des troupeaux desix à huit cents bêtes à cornes qui approvision-