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[Tome second.]
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OCEANIE. AUSTRALIE .

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que si on en venait à la violence et à une expul-sion par la force, la nappe entraînât tout leservice et renversât tout le dîner. Quand on lemenaça, il montra son bras, et continua brave-ment à manger sa soupe, comme un homme quinétait pas venu pour autre chose. A laspectde ce singulier moyen de défense et de ce sang-froid non moins singulier, la masse des con-vives se mit à rire. Limpur dîna; cétait tout cequil voulait.

Quelques excursions dans Sydney et au seindes campagnes environnantes ne mavaient pudonner quune idée imparfaite de cette partie delAustralie . Je résolus de pousser plus loin mescourses», et de visiter les endroits les plus remar>quables de la Nouvelle-Galles du Sud . Ma pre-mière excursion fut dirigée vers Parramatta. Deuxchemins y conduisaient, lun partner, lautre parterre. Jusai de lun et de lautre , de lun pouraller, de lautre pour revenir. Partis de bonneheure avec le flot, nous doublâmes la pointeRawer, au-delà de laquelle se déroulèrent entière-ment devant nous le quartier des Rocks, le liâvreDerbing, le bel établissement de feu John Mac-Arthur, puis de délicieux cottages disséminés surla côte. Quand nous arrivâmes en face de lundeux, le batelier, jusque- taciturne, sécriaavec un soupir : « Ici était le cottage du pauvreWilliam Bardley.»Au ton de cette exclamation,je devinai quil y avait-dessous quelque drame.«William Bardley, quest-ce que cet homme? ungouverneur, un lord, un capitaine?Non, mon-sieur, ni un capitaine, ni un lord, ni un gouver-neur, mais un pauvre vieillard qui gagnaitlionnêtementsavie à laidedeson travail. Ilvivail, dans cette maisonnette que vous voyez sur laberge du canal, content de peu, cultivant sonpetit jardin, ou pêchant pour sa nourriture quel-ques poissons de la baie. Des gentilshommes dela ville sarrêtaient de temps à autre pour cau-ser avec le vieux Bardley , qui était gai, spiri-tuel et bavard. Un jour , lun deux remarqualabsence de Bardley, et saperçut que sa maisonétait fermée. Il passa sans sinquiéter autrementdu vieillard. Seulement, au bout de quelquesjours, la maisonnette restant close, il conçutdes soupçons, et se fit débarquer sur la plage.Que vit-il ? Une porte forcée , une cabane videde meubles, un intérieur dévasté. Un chien seulrestait, étendu sur le plancher et rongeant unos. Le gentleman le lui arracha : cétait un oshumain. Evidemment Bardley avait été assassiné,et le chien rongeait le cadavre de son vieux maî-tre. Mais était ce cadavre ? Dabord on neput le découvrir : la justice, les magistrats y

T. II.

échouèrent. Alors le gentleman eut lidée daffa-mer le chien, pour quil allât de nouveau arracherun lambeau de chair de la sépulture du vieillard.Ce moyen réussit: le chien alla vers le lieu lecorps avait été inhumé. On le déterra daiis unétat de décomposition très-avancé. Un convictqui avait été long temps au service de Bardleyfut saisi et emprisonné : il fit laveu de son crimeet fut pendu à Sydney . Mais tout eela ne renditpas ce pauvre Bardley à la vie : cétait un bravehomme ; nous lavons tous pleuré. »

Au - delà de ce point et jusquà la moitié de laroute, les deux bords du canal offrent peu de ter-rains en culture. Ses bords se composent de ro-chers de grès, couverts de plantes buissonneuses,tandis quà lintérieur court une suite de colline%peu élevées et mollement ondulées, collines quetapissent des buissons et des arbrisseaux verts. et, dans les criques et les anses du canal ,on aperçoit des cases , habitations temporairesdes bûcherons, des laboureurs et des distilla-teurs ambulans. Quand ces derniers y logent,des fumées continuelles décèlent leur présence.

A une distance de sept milles environ, et surla rive droite , paraît la taverne de Squire et sesdébarcadères, ses altenances, scs vergers entou-rés de vertes palissades. Son fondateur, mortdepuis peu, fut le premier brasseur de la colo-nie, et sa bière eut long-temps une célébritééclatante sur le continent austral. Plus loin, etdu même côté, séchelonnent des métairies etdes habitations. Sur la gauche défilent les vastessalines de M. Blaxland, avec sa jolie maison,ses jardins et ses parcs, délicieux paysage dontla verdure sélève en amphithéâtre. Après unmoulin à blé sur la droite, le terrain noffre plusquune succession denclos, les uns en pacages,les autres en champs de blé, jusquà ce qtionse trouve en face de la magnifique résidence deM. Hannibal Mac-Arthur, cachée dans un coudedu canal, sous des touffes dorangers couvertsde fleurs et de fruits, et peuplée de kangarousdomestiques qui courent et sébattent le long dela grève.

Un peu plus loin vient lécole des orphelines,siLuée sur une éminence entourée de toutesparts de jardins et de pâturages, faisant faceau cottage 'de M. John Mac-Arthur, dont lesbâtimens jaunes se détachent sur un fond dedélicieuse verdure. A cette hauteur, le canalse rétrécit tout-à-coup, et prend le nom derivière, quoique leau en soit toujours salée.Leau douce ne commence quau-delà du pontde Parramatta, leau de la mer se trouvecontenue par une chaussée qui lempèclie de