290 VOYAGE PITTORESQUE
remonter plus avant (Pl. XXXYII— 3). Cettecirconstance suffit pour indiquer combien le sols'élève peu depuis Sydney jusqu'à Parramatta,dans une étendue de quatorze milles environ.
On débarque sur la rive gauche, devant ungranjl bâtiment en briques qui forme les maga-sins du commissariat ; après quoi, en un quartd’heure de marche, ou se trouve à Parramatta.Cette ville occupe une surface considérable;mais la plupart des maisons sont isolées et à unseul étage, souvent même avec un simple rez-de-chaussée entouré de cours et de jardins. Lesrues sont larges, tirées au cordeau, quoiqu’inha-bilées encore en grande partie. Le sol n’étantpas ferme comme celui de Sydney , le manquede pavés s’y fait sentir d'une manière plus fâ-cheuse, surtout après les pluies. Le gouverneura une résidence agréable à Parramatta, qui estdestinée à devenir la capitale de la Nouvelle- Galles du Sud . Cependant les gouverneurs con-tinuent à résider à Sydney , et les autorités localesy maintiennent le centre des affaires adminis-tratives. Parramatta en souffre, et sa populationne va guère au-delà de 3 à 4000 aines.
Les édifices les plus remarquables de Parramattasont les casernes des soldats, celles des convicts,les deux églises et l’hôtel de la Toison-d’Or{golden fleece ). Ce dernier, bâti en briques, élevéde deux étages, offre sur le devant un boulin-grin entouré d'un chemin pour les voitures, etfermé par une belle grille en fer. Dans cet hôtelsont accueillis les étrangers de distinction qui ytrouvent le comfortable anglais le plus completet le plus raffiné. A un quart de lieue de la villeest un vaste bâtiment nommé female Factory.Là sont enfermées les femmes auxquelles ou netrouve point convenable d’accorder la libertédès leur arrivée dans la colonie, et celles qui ontmérité d’en perdre l’usage depuis qu’elles l’ha-bitent. Quoique celte prison soit entourée detoutes parts de murs de douze pieds de haut, lesrecluses trouvent souvent le moyen de franchirces barrières.
Parramatta se trouvant située dans une plaineentourée de coteaux, les rayons du soleil s’y con-centrent de toutes parts, et il y a toujours danssa température de trois à six degrés de chaleurde plus qu’à Sydney . 11 en résulte de longueset désolantes sécheresses dans les mois d’été.Alors ces tapis verts, ces bosquets en fleurs,ces coteaux rians, tout se dépouille et se flétrit.Au lieu d’une végétation active et lustrée, onn’a plus qu’un paysage poudreux, sans brise,sans feuillage et sans eau.
AUTOUR DU MONDE.
de deux semaines, je ne pus, malgré tout mondésir, pousser jusqu’aux plaines de Bathurst au-delà des Montagnes-Bleues ; mais ce temps mesuffisait au moins pour visiter les points les plusremarquables du Cumberland et la Nouvelle- Galles du Sud . Unjeime médecin anglais , nomméIlarry, avec qui j’avais promptement lié con-naissance, s’offrit à me servir de guide dans unpays qu’il avait traversé dans tous les sens. Nouslouâmes à Parramatta un joli gig attelé de deuxchevaux pleins d’ardeur, et, dès l’aube du joursuivant, nous roulions vers Windsor.
De Parramatta à Windsor , on compte vingt-un milles qui se font en quelques heures. Wincl-spr est située sur les rives de l’IIawkesbury,belle rivière dont les eaux ne sont douces qu’àsoixante milles au - dessus de son embouchure,à trente milles avant Windsor. C’est une char-mante bourgade située sur la croupe des Monta gnes-Bleues , que l’on voit s’élever par terrassessuccessives, tapissées dans toute leur étenduede forêts toujours vertes, et cela jusqu’aux limitesles plus reculées de l’horizon vers l’ouest.
Jusqu’ici la ville n’a qu’une seule rue méritantce nom, bordée de maisons et de jardins dis-posés et tenus avec goût. On y trouve une joliemaison du gouvernement, deux églises, uneprison, un tribunal, des casernes pour les mili-taires et pour les convicts, deux bonnes hôtelle-ries, enfin des boutiques où sont étalés lesobjets nécessaires à la consommation des habi-tans. La fertilité du sol, sans cesse renouveléepar les alluvions du fleuve, fait de Windsorup lieu important. Chaque année, il s’en exportedes quantités de grains considérables.
En face et sur l’autre rive de l’Hawkesbury,on trouve le village de Wilberforce , puis en-deçà celui de Richmond, l’un et l’autre bourgsfort imporlans et à une distance de cinq millesenviron de Windsor.
A douze milles de Windsor , on trouve Emu-Ford, au point où la route de Bathurst traversela rivière au moyen d’un gué pour entrer dansles vastes et fécondes plaines d’Emu, qui for-ment de ce côté la lisière des Montagnes-Bleues .Dans une étendue de douze milles, le sol estd’une fertilité singulière , quoique exposé auxravages occasionés par les débordemens dufleuve. Devant Emu-Ford, est la ferme du gou-vernement , où de nombreux convicts sont em-ployés à diverses cultures, et surtout à celles dublé et du tabac.
Nous fîmes une halte à quelques milles plushaut, chez sir John Jamison, qui possède unemagnifique habitation au sommet d’une colline,