OCEAKIE.
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cher fortune sur ies terres australes. Ce fut dansceLte ère de progression que passa à Sydney l’expédition française commandée par le capi-taine Baudin; et, au retour, le naturaliste Pérou révéla à l’Europe l’existence à peine soupçon-née de cette colonie, dans les termes d’enthou-siasme et d’exagération qui lui étaient habituels.
En 1806, le capitaine Gidley King céda leposte de gouverneur au capitaine Bligli, déjàcélèbre par la révolte de l’équipage du Buun/y,homme dur, impitoyable, despote, qui soulevacontre lui toutes les baiues coloniales. Son ad-ministration devint bientôt si odieuse, que lesplus notables habituas et propriétaires de Syd ney se liguèrent pour l’arrêter et le traduire de-vant une cour martiale. Le gouvernement mé-tropolitain, misait défi par cet acte de hardiesse,n’osa pourtant pas maintenir au pouvoir sa créa-ture; mais il fit punir les principaux agens de ladestitution de Bligh. À la suite de ce petit coupd’Etat, la colonie resta long-temps sans gouver-neur ; enfin, eu décembre 18U9, arriva l’hommequi devait lui imprimer le plus rapide et le plusfructueux élan.
C’était le colonel Lachlan Macquarie , débarquéà Sydney avec le 73 e régiment. A cette époque,la colonie comptait 15,000 habitans, dont 4,217seulement recevaient des rations des magasinsdu gouvernement. 2 1,000 acres de terre étaienten culture; 74,000 acres servaient de pacagesaux bestiaux, qui se composaient de 524 che-vaux, 593juinens, 193 taureaux, 6,351 vaches,4.782 bœufs, 33.818 brebis, 1,732 chèvres et8,992 codions. Quand l’Hawkesbury ne d*bor-dait pas, les récoltes suffisaient pour la consom-mation générale.
Mais bientôt des travaux importans marquè-rent l’administration de Macquarie. Sydney ,confuse et mal ordonnée jusque-là, devint unecité régulière et belle. Cinq autres villes furentfondées: Windsor, Richmond, Wilberforçe , Pinet fcasllereagh. Des troupeaux considérables etdes magasins remplis de grayis tinrent toujoursla colonie rassurée contre le besoin, en 1814,ou découvrit les régions situées au-delà desMontagnes-Bleues ; et, en 1817, une ville y futfondée, en même temps qu’on pratiquait entrele littoral et les plaines de l’intérieur un che-min accessible aux plus lourdes voilures.
Ces améliorations matérielles n’absorbèrentpas Macquarie au point de lui faire négligerl’élal moral de la colonie. Ce fut lui qui le pre-mier chercha à lui imprimer une organisationsociale, en harmonie avec les élémens diversqui la constituaient. Avant son administration,
des fermens de discorde et d’anarchie exis-taient dans la population; il s’appliqua à lesneutraliser, et à les combattre. Dans l’origine,comme on l’a vu , Sydney n'avait que deuxclasses d’habilàns, des conviels et des fonction-naires. Ces conviels, une fois libérés, formèrentla troisième classe, que l’on nomma des cman-cipisle.s. Quoique cette purification dût replacerces hommes dans tous leurs droits antérieurs ,les émancipâtes restèrent pourtant, vis-à-visdes fonctionnaires, dans un étal d’inférioritérelative. Satisfaits de leur amnistie, ils se trou-vaient toujours sur le pied d’affranchis en facede leurs anciens maîtres.
Plus tard, le grand nombre de colons libresarrivés d'Angleterre forma une nouvelle caté-gorie d’habilans dans la communauté austra lienne . On pouvait croire que ce troisième élé-ment servirait de lien entre ies deux classesprimitives, jusque-là incompatibles, et qu’il enrésulterait, à l’avantage de tous, une fusiongraduelle. Il n’en lut rien. Les nouveaux co-lons, d’origine libre, firent sur-le-champ bandeà part de la classe émancipisle , et se rappro-chèrent au contraire de la partie privilégiée*.Les émaneipistes, exposés au mépris et aux af-fronts des fonctionnaires publics et des émi-grans volontaires, furent tenus à l’écart de tou-tes les réunions distinguées; exclus des fonctionsciviles, sinon de droit, du moins de fait, ils sevirent redu.ls enfin à une espèce d’ilotisme sem-blable à celui qu’ont long-temps subi aux An tilles les hommes de couleur. Ce préjugé d'ori-gine fut même aussi tenace que celui de la peau,puisqu’on fit peser sur les enfans les fautes pa-ternelles, et que l’exclusion des émaneipistes de-vint indélébile et héréditaire.
Cependant celle classe , mise ainsi hors de laloi sociale, grandissait chaque jour en importanceet en richesses. Proprietaires d’une grandepartie des terrains eu culture , les émaneipistesétaient en outre devenus pour la plupart deshommes de mœurs pures et de conduite irré-prochable. Ils subissaient sans se plaindre cesexclusions blessantes, car leurs antagonistesavaient contre eux la force du pouvoir et dunombre. D’autres parlèrent pour eux ; des phi-lanthropes d’origine libre, choqués de plus enplus de l’arrogance des patriciens du nouvelÉtat, prirent en main la cause des émaneipistes,et la plaidèrent avec une chaleur éloquente. Dela des haines el des querelles.
Le sage et bienveillant Macquarie chercha àrétablir la concorde dans cette jeune colonie,en donnant lui-même l’exemple de la concilia-