OCEANIE. -
rues sont larges, bien alignées, macadamiséespour la plupart. La pierre à bâtir, fort dure etfort belle, est si difficile à tailler, que le plussouvent on l’emploie brute en la recrépissantde plâtre. Quelques édifices en pierre de taillesont pourtant dignes d’etre cités , entre autresl’arsen d , les magasins aux vivres, les casernes(Pi.. XLil — 1), l'église et sou chœur, le palaisde justice, la prison, les maisons de correctionet de réclusion , les bureaux de la police, lachapelle catholique , diverses écoles et maisonsd’éducation, etc. Le palais du gouverneur estun édifice vaste, mais irrégulier, commode d’ail-leurs, agréable, environné de belles pelouses,de jardins et de bosquets qui descendent presqueau bord de la mer.
Un ruisseau traverse la ville , et, quoique peuconsidérable , il fournit aux besoins des liabi-tans eL à la mise en activité de plusieurs usines.Sur ses bords croissaient une foule d’arbres queles colons, mieux avisés que ceux de la Nou velle-Galles du Sud , ont eu le bon esprit de nepas détruire. Aussi la ville et ses environs sur-tout offrent-ils un aspect moins triste et moinsnu que la capitale de l’autre colonie.
En 1832, la population d’Hobarl-Town s’éle-vait à 9,600 habituas, mais sur ce nombre lamoitié seulement appartenait à la classe libre ;le reste se composait de conviets employésaux travaux publics. Celte conformité d’or-ganisation originelle entre IIobart-Town etSvdney conserve à ces deux pays une physio-nomie à peu près analogue : ce sont les mêmesmœurs, les mêmes préjugés, les mêmes caté-gories, les mêmes haines , à quelques nuancesprès. Là aussi se retrouve la scission entre leshommes libres et ceux qui ne le sont pas, entreles colons patriciens et les colons affranchis.Aucun de ces délaiIs n’était nouveau pour moi.Aussi, après avoir visité la ville, et à la suite dequelques courses dans les plus jolies fermes desenviions, m’empressai-je d’utiliser notre relâ-che, en poussant une reconnaissance jusqu’àLaunceston , située sur la partie opposée de l’ile.Un jeune officier de la garnison s’offrit obligeam-ment à moi comme compagnon déroute, etnouspartîmes montés sur d’excellens chevaux.
La première halte sur celte roule est à New-Town, village de dix à douze maisons, agréable-ment situé sur la rive droite du Derwenl , aumilieu d’une campagne riante, entrecoupée dejardins et de plantations en plein rapport. New-Totvn est le lieu de plaisance des hubitans deIIobart-Town. Comme ce petit bourg n’est qu’àdeux milles de la capitale, ils poussent jusque-là
leurs parties de plaisir et leurs promenades dusoir (Pl. XLI — 2).
A sept milles plus loin, on traverse le Dér-ivent sur un bac; puis, gagnant à travers uneforêt dégagée, on arrive, après sept milles deroute, à Erighlon, située près du petit ruisseaule Jordan, au milieu d’une plaine charmante ,environnée d’un terrain rocailleux. Plus loin en-core apparaissent la délicieuse vallée tle Bagdadet tout le pays connu sous le nom de Green-Pottnds, pays qu’occupent de petits fermiers.
Au-delà de ce point, et à quarante milles dela capitale, on franchit la colline appelée Spring-Ilill, éminence boisée qui sert de station auxnaturels quand leurs excursions les amènentdans cette zone. Douze ou quinze ans aupara-vant, ils avaient égorgé un colon du Voisinageet ravagé ensuite complètement sa cabane.
Sur notre route se trouvèrent encore tour àtour la cité naissante de Jéricho , au nom bibli-que, comme le sont une foule d’autres noms dela Tasmanie ; Oailands, à cinquante-un millesd’IIobart-Town, situé sur un sol pauvre et detriste apparence ; puis au-delà de forêts touf-fues , Ilossbridgs, autour duquel s’étendentd’excellcus pacages ; ensuite Campbell-Townet ses vastes steppes désertes que termine uneforêt marécageuse; enfin Clarendon,, derniereétape avant Launceston ; Clarendon, située àcent huit milles de IIobart-Town, sur l’un descoudes du South-Erk, dans une vallée qui asoixante milles de longueur sur,vingt de lar-geur. Parmi les sommets qui la bordent est leBen-Lomond, l’un des plus hauts pics de laTasmanie orientale , couvert de neige pendantla plus grande partie de l’aimée.
Ainsi, après trois jours déroulé, nous arri-vâmes à Launceston , capitale de la Tasmanie sep-tentrionale. Le pays qui environne cette villeest boisé, agréable, fertile et assez peuplé. Laville elle-même est située au confluent du Norlh-Erk et du South-Erk, dont la réunion forme la ri-vière de Tamar , distante alors de quarante-cinqmilles de la mer. A cette hauteur, quoique larivière n’ait guère plus de trente toises, la maréese fait sentir, et les navires de cent cinquantetonneaux peuvent remonter jusque dans le voi-sinage de Launceston . Néanmoins, comme levent fixé du N. au S. suit presque toujours ladirection du fleuve, il en résulte que les naviresemploient souvent deux ou trois semaines pouratteindre Launceston .
Une partie de la ville est située dans la plaine ;l’autre est disposée en amphii héâlre sur une émi-nence. Bien qu’elle ne contienne que 2,600 ha-