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VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MONDE.
bitans, son étendue est assez grande; mais sesrues sont détestables, et, dans les temps depluies, il s’y forme des fondrières telles, qu’onlie saurait dégager les chariots et les bœufs quis’y trouvent engagés.
Les édifices de la ville ont peu d’importance :on ne peut guère citer que l’église, un grandmagasin, les casernes des militaires, et un col-lège qui fut fondé, en 182 ( 5 , par souscription.Les souscripteurs pour la somme de cinquantelivres sterling peuvent y placer leurs fils moyen-nant une pension annuelle de trente livres sler-lillg '
Ce côté de I’iîe est bien plus riche, bien plusfertile que les environs de Hobart-Towu. C’estde ce territoire que l’on relire la plus grandepartie des grains qui servent à l'approvisionne-ment de la Tasmanie . Aussi ne trouve-l-on pas,dans tout ce rayon, un seul coin de terre qui 11esoit exploité.
A quarante milles au nord de Launceston , etprès -de l’embouchure du Tamar , se trouveGeorge-Town, où les navires d’un fort tonnagedevaient décharger leurs cargaisons. Le gouver-nement anglais , attachant une grande impor-tance à cette position , y a dépensé beaucoupd’argent ; mais, peu à peu , la nudité et la mau-vaise qualité du sol ont fait deserter’ce poste in-grat Aujourd’hui ce n’est plus guère qu’un éta-blissement militaire. On y a formé un depot deconvicts gardé par un détachement de vétérans.
Pour revenir de Launceston à Hobart-Towu,nous 11e suivîmes pas la roule qui nous y avaitconduits. Variant notre itinéraire, nous pûmesvoir successivement les plaines de Pattersoncomposées d’un lerreau fécond et argileux, loca-lité peuplée de jolies métairies ; les plaines deNorfolk, où se trouve un établissement, agricolede deux milles acres de terrain. Nous vîmesencore Elisabeth-Town, charmant vifiaseà vimn-deux milles de Hobarl-Town , composé d’unecinquantaine de maisons parmi lesquelles 011remarque le cottage du gouverneur dans un sitefort‘agréable (Pl. XLI— 3 ). Elisabeth-Town, si-tuée sur la Derwent, a des communications facilesavec la capitale, grâce aux bateaux qui remontentla rivière. Ou y voit une auberge excellente etune jolie église en briques. Non loin de là, etdans le Sussex, se trouve le riant village de Sor-rell-Town composé d’une quarantaine de jolieshabitations avec une église en pierres de taille,une prison, une école et une caserne. De petitssloops naviguent continuellement entre cettebourgade et Hobart-Town. Nous remarquâmesencore Richmond, autre emplacement pour une
ville future, qu’entourent de nombreuses mé-tairies, et qui compte déjà une prison, un mar-ché et plusieurs maisonnettes; puis Lawrenny,superbe propriété de quatorze mille acres deterre, entourée de palissades, mais dont unepartie seulement est en culture. Ces fermes deLawrenny, placées dans une campagne que bai-gnent le Derwent et deux autres lorrens, ren-ferment de précieuses ressources agiicoles quin’attendent plus qu’une exploitation. Le sol yest fertile jusqu’à plusieurs centaines de piedsau-dessus du bassin de la plaine. Déjà ou ycompte un troupeau de dix mille brebis; maisce nombre pourrait être facilement doublé.
De l’autre côté du Derwent est la ferme deDunrobbin tout aussi fertile, mais moins spa-cieuse et plus resserrée par les forêts. C’est àpeu de distance de l’une et de l’autre plainecultivable, que commencent les mornes infé-conds de l’intérieur, masses confuses de mon-tagnes d’un aspect ingrat, sauvage et mono-tone.
Après six jours d’absence et de voyages,j’étais de retour à Hobart -Towu ; Powell n’elaitpas prêt encore. Quatre ou cinq journées debri-.es violentes soufflant du N. O. avaient con-trarié ses Opérations. Quand ce vent souffle,tout mouvement devient presque impossibledans la rade. Les rafales descendent du montWellington sur la ville et sur la baie, avec uneimpétuosité sans égalé. Les rues de Hobart-Town 11e sont plus tenables alors; 'le vent y soulève lapoussière et les cailloux pour les lancer au visage.Ce vent , celte montagne qui a l’aspect de cellede la Table, ces cailloux et cette poussière sou-levée, donnent à Hobart-Town quelque ressem-blance avec la ville du Cap de Boune-Espéi ance.Cette similitude pèche toutefois en ce sens quela rade d’Hobarl-Town est sûre pour les navires,tandis que celle du Cap est fécondé en sinistres.
Le mont Wellington, que Flinders avait sur-nommé le mont de la Table , était d’une confor-mation assez curieuse pour que la fantaisie 111evînt de gravir jusqu’à son sommet. Mon jeunecompagnon de route arrangea la partie; il choi-sit un gi ide et loua des chevaux. Partis dèsl’aube, nous galopâmes l’espace de quatre millesdans une plaine gracieusement accidentée, pré-sentant une foule d’aspects varies, ici un bou-quet de bois, là un champ en rapport, oubien une prairie naturelle. Au pied du coteau,était un cottage qui nous offrit 1 hospitalité,l’abri du toit et le repas- ou malin. Le the, lecafé au lait, le jambon, les côtelettes, nouseûmes de tout cela dans la Tasmanie , comme