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[Tome second.]
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OCEANIE.TASMANIE .

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beaucoup de cette singulière erreur; mais ilnen fut pas ainsi dun enlèvement que le vieil-lard nous fit un inslaut après dune bouteilleremplie darack. Comme elle contenait unegrande partie de notre boisson, nous fûmesobfgés de la lui faire rendre, ce dont il parutconserver quelque ressentiment , car il netarda pas à partir avec sa famille , malgré toutesles instances que je pus faire pour le retenirplus long-temps. »

Pérou eut avec les sauvages une seconde en-trevue qui nolire pas moins dinlérét.

« Nous rencontrâmes bientôt une case denaturels. Ce nétait quun seul abat-vent d'é-corces disposées en demi-cercle et appuyéescontre quelques branches sèches : un aussi frêleabri ne pouvant avoir dautre objet que de pré-server lhomme de laction des vents trop froids,jobservai que sa convexité se trouvait en effetopposée à ceux du S. O., qui sont les plus glacés,les plus conslans, les plus impétueux de eesparages. En avant du pauvre njoupa que nousvenions de découvrir se trouvaient les débrisdun leu récemment éteint, et de gros tas decoquillages dhuîtres et d/ialioti.i ptgantea semontraient à peu de distance, exhalant, par lacorruption desdébris danimaux que les coquillespouvaient conserver encore , une odeur putrideet nauséabonde. Sur le bord du rivage , nousaperçûmes trois pirogues formées chacune detrois rouleaux décorce grossièrement réunieset maintenues par des lanières de même nature.

» Ces cases, ces feux récemment éLeinls , cesdébris de coquilles et ces pirogues ne nous per-mirent pas de douter que la famille avec la-quelle nous venions davoir une entrevue nha-bitât cette partie du rivage. Nous ne lardâmespas en effet à voir les mêmes individus qui sa-vancaient vers nous en prolongeant la grève.Aussitôt quils nous aperçurent, ils poussèrentde grands cris de joie et doublèrent le paspour nous rejoindre. Leur nombre se trouvaitalors augmenté dune jeune fille de seize à dix-sept ans, de deux petits garçons de quatre àcinq ans et dune petite fille de trois à quatre.

» Cette famille revenait alors de la pochequi, sans doute, avait été heureuse ; car pres-que tous les individus étaient chargés de coquil-lages appartenant à la grande espèce doreille-de-mer particulière à ces rivages. Le vieillard,prenant M. Freycinet par la main, nous lit signede le suivre, et nous conduisit à la pauvre cabaneque nous venions de quitter. Le feu dans un ins-tant fut allumé, et, après nous avoir répété plusdune fois medi, »««//(assevez-vous, asseyez-vous),

ce que nous fîmes, les sauvages saccroupirenteux-mêmes sur leurs talons, et chacun se mit endevoir de manger le produit de la pèche. Lacuisine nélait ni longue ni difficile à faire. Cesgrandes coquilles étaient mises sur le feu, et,comme dans un plat, lanimal cuisait; on lava-lait ensuite sans aucune espèce dapprêts ni das-saisonnement. En goûtant ccs coquillages ainsiaccommodés, nous les trouvâmes très-tendres ettrès-succuiens.

» Tandis que nos bons Diémenois prenaientainsi leur simple repas, il nous vint à lidée deleur faire de la musique, bien moins sans doutepour les divertir que pour connaître leffet denos chants sur leur esprit et sur leurs organes.Au premier instant les sauvages parurent troublésencore plus que surpris; mais, après quelquesmomens dincertitude, ils prêtèrent une oreilleattentive ; le repas fut suspendu, et les témoi-gnages de leur satisfaction se manifestèrent pardes contorsions et des gestes si bizarres, quenous avions peine à contenir lenvie de rire quinous prenait. Pour eux, ils 11éprouvaient pasmoins dembarras à étoulfer, pendant le chant,lexpression de leur enthousiasme : mais à peineune strophe était-elle finie que de grands crisdadmiration partaient en même temps de toutesles bouches ; le jeune homme surtout étaitcomme hors de lui-même : il se prenait par lescheveux, il se grattait la tête avec les deux mains,sagitait de mille manières, et prolongeait sesclameurs à diverses reprises. Après une mu-sique forte et guerrière , nous entonnâmes quel-ques-uns de nos petits airs tendres et légers;les sauvages parurent bien en saisir le véritablesens, mais il nous fut aisé de connaître que lessous de ce genre ébranlaient trop faiblementleurs organes.

» Le repas interrompu par nos chants ayantété terminé, la scène prit tout-à-coup un carac-tère plus intéressant. La jeune fille dont je viensde parler se faisait remarquer à chaque instantdavantage par la douceur de sa physionomie etpar lexpression de ses regards affectueux au-tant que spirituels. Ourc-Oure, comme ses pa-reils, était parfaitement nue, et 11e paraissaitguère soupçonner quon pût trouver ailleurs,dans cette absolue nudité, quelque chose d im-modeste et dindécent ; dune constitution beau-coup plus faible que sa sœur ou son Itère, elleétait plus vive et plus passionnée queux.M. Freycinet, qui sétait assis à côté delle, pa-raissait etre plus particulièrement lobjet de sesagaceries. Oure-Oure nous fit aussi connaître dequelle espèce de fard usaient les femmes du pays.