OCEAME.
N O U V ELIÆ-ZELAÜS DE.
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de fumer leurs [upc s, privations qui témoignentvivement de leur loi. Je leur dis que les Anglais étaient les premiers marins du monde; qu’ilsallaient partout sans craindre Tanewa; que siles navires des naturels étaient plus solides, ilspourraient aussi naviguer sans crainte commeceux des Anglais ; mais ils ne pouvaient com-prendre cela, etils se contentèrent de dire qu’ilsattendraient plusieurs jours, pour que la mer futlout-à-fait calme.
2b février. — Les îles Mercure sont à cinq ousix milles à l’E., et nos gens ne s’v montrentnulle part. Il est fort à craindre qu’ils n’aientpris les devans, et ils auront probablement, com-mencé leurs opérations coupables et'meurtriùrcs,à moins qu’ils n’aient été arrêtés par la puis-sante main de Dieu . Pauvres créatures ! Com-bien ils ont besoin de nos leçons ! La main dechaque homme est levée contre son frère; et,sans doute, la terre est souillée de sang. Onnous montre des endroits où des combats ont eulieu récemment; mais nous levons les yeux versle Seigneur, qui peut seul les délivrer de leurprésent esclavage, et leur inspirer le désir de setourner vers lui.
Dimanche 26 février 1832.—A sept heures dumalin, nous sommes entrés dans la baie, dansl’espoir de voir nos amis, ou du moins d’y trou-ver un abri contre la tempête qui nous menace.Nous avons couru presque jusqu’au fond de lahaie , sans y trouver aucune anse ou nous pus-sions jeter l’ancre : la mer, toujours grosse,pousse directement sur la côte. Dans le doute,nous avons envové le canot en reconnaissance :au bout d’une heure il nous fit le signal d’avancer;et, en effet, peu de inomens après, nous trou-vâmes sous une pointe une entrée dans une ri-vière belle et commode qui pouvait recevoirtoute espèce de navire. Le pays semblait bienboisé, mais sans habitans, quoiqu’on y vît destraces d’anciennes maisons. Ilélas! que la guerreest un terrible fléau, même sur ce coin de terreéloigné !
3 mars 1832. — Beau temps. Au point dujour, nous fîmes voile pour Taï-Roua. Commenous nous approchions de l’entrée, nous aper-çûmes des pirogues qui sortaient. Nous fûmes sa-tisfaits de trouver notre canot parmi elles, et nosjeunes gens qui se portaient bien. Tout le mondefut content de nous revoir. Je repris ma placedans le canot avec beaucoup de satisfaction, etnous fîmes route à l’aviron avec les pirogues pourWanga-Mata, belle rivière pour de petits navires.
Après avoir pris quelques rafraichissemens, nous
allâmes au-devant du cutter pour le faire entrer.
Le pays paraît beau, bien boisé cl arrosé; mais iln’y a plus d’habilans, bien qu’autrefois ils fussentnombreux. Dans l’après-midi, les naturels pas-sèrent leurs forces en revue, et il ne se trouvapas plus de 400 combatlans : c’est là ce qui s’appelle ici une armée. Est-il rien qui puisse mieuxdémontrer la pauvreté de cette terre sous le.rapport de la population, après les grands ef-forts qui ont été faits pour ouvrir cette cam-pagne ? II est vrai qu’il faut ajouter à cela leshommes qui ont suivi Rewa-Rewa et Ware-Pôrka, qui peuvent aller en tout à 600, sanscompter les femmes et les enfans. Les discoursdes orateurs ont encore été insignifians. J’ai étéLien désolé d’apprendre que Ware-Rahi, avecune forte troupe, eût passé par terre pour sur-prendre les Nate-Watouas. J’ai long-temps con-versé avec les chefs, et Tetore m’a paru biendisposé. Les naturels semblent, en général, avoirmontré du respect pour le dimanche, pendantmon absence, pour ce qui regardait les mouve-mens de leur marche : aujourd’hui ils s’étaientmis en route pour pouvoir se reposer demain.
Dimanche A mars .—Les naturels faisaient grandbruit et pariaient de tous côtés long-temps avantqu’il fît jour. Quand je demandai mon déjeuner,on me répondit que le feu et l’eau étaient taboués,et que personne ne devait ni manger ni boireavant que l’oracle eût été consulté ; enfin qtle letohounga ou prêtre se préparait pour cette cé-rémonie à une petite distance. J’y allai, et j©trouvai sept ou huit chefs assemblés dans wilieu retiré et ombragé ; d’abord on me défenditd’approcher; mais, après une courte consulta-tion, on me le permit, eu égard, toutefois, à ceque j’étais un homme blanc. Ils étaient tout-à-faitnus et occupés à planter en terre de petits bâ-tons d’un pied de long, par rangs, suivant lenombre de leurs pirogues ; ils en plantèrentaussi pour représenter le nombre des chefs duparti ennemi. Devant chacun de ces bâtons,ils en plaçaient deux autres de la même lon-gueur : autour de chaque bâton était attaché unmorceau de plante de phormium. Quand-toutfut prêt, on nous fit retirer tous, à l’exceptiond’un vieux et pauvre diable qui n’avait pas cinqlivres de chair sur les os. Une demi-heure après,le vieillard vint s’asseoir au milieu de nous ;il demanda à Tohi-Tapou quels avaient été sessonges, et il raconta celui qu’il avait fait lui-même la nuit précédente, songe qu’il serait troplong de répéter ici. On nous fit approcher en-suite avec de grandes précautions de l’endroitoù le prêtre était resté à travailler, et nous trou-vâmes les bâtons dans un grand désordre, tout